Ecrire dans les transports en commun

Comme j’en parlais dans un précédent article, il n’est pas toujours facile de trouver du temps pour écrire, surtout au quotidien.

 

En septembre dernier, j’ai changé de travail et donc repris les transports en commun. Vu que je n’aime pas être inactive, j’ai décidé de mettre à profit ce temps pour écrire. Ça a été un peu dur au début, mais j’arrive à m’y tenir, et maintenant, ça fait partie de ma routine journalière.

 

Rachel Fleurotte, qui coécrit cet article, écrit dans le bus depuis des années. Sa série La 7ème prophétie a en partie été rédigée dans le bus.

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Nous avons toutes les deux des méthodes différentes : j’écris sur téléphone, elle sur papier, alors voici nos trucs et astuces. (Note : pour cet article, j’écris en normal, et Rachel en italique)

 

 

  1. Déterminez avec quoi vous préférez écrire

 

J’écris sur téléphone, mais d’autres personnes préfèrent les tablettes. Rachel vous parlera plus spécifiquement de l’écriture sur papier, moi je reste sur les formats numériques.

 

— Écrire en numérique

 

Si vous choisissez le téléphone : il vous faudra un bon modèle, si possible avec un bon écran réactif et de la batterie (ça descend à une vitesse…). Personnellement, j’ai un Wiko, qui commence hélas à donner des signes de faiblesse, mais qui jusque-là, me sert fidèlement. Je trouve préférable d’avoir un téléphone avec un écran assez grand, c’est plus confortable pour lire et surtout pour écrire.

 

Côté clavier, j’ai installé Swiftkey, logiciel gratuit et compatible avec Android. Il est meilleur que le clavier Android de base, parce qu’il est évolutif et que sa prédiction n’est pas trop mal. Côté logiciel, j’ai testé Evernote, mais je ne suis pas hyper fan, je trouve qu’il est lent et plante assez souvent. J’écris sur Google drive, qui offre l’avantage de synchroniser les données. Il faut avoir un minimum de connexion pour arriver à ouvrir le document (enfin, ça va, même en RH, j’y arrive). Une fois que le document est ouvert, pas de soucis, on peut continuer à écrire dedans, il synchronise dès qu’il trouve un minimum de réseau.

À noter qu’il y a souvent un petit décalage de temps entre le moment où vous enregistrez quelque chose, mettons sur votre téléphone, et le moment où il apparaît quand vous consultez le document sur d’autres appareils (genre un PC). Je me suis fait quelques sueurs froides, mais au final, ça finit toujours par synchroniser.

 

Par contre, Google Drive est mieux pour de petits documents que pour des longs (pas plus de 20 pages). Pour les longs, le temps d’affichage est plus élevé et ça a tendance à laguer un peu. En plus, l’appareil ne garde pas en mémoire l’endroit où vous vous êtes arrêté : il repart du début.

 

Petit truc à savoir, si vous comptez utiliser votre téléphone en hiver, prévoyez des sous-gants pour éviter de vous geler les mains. J’utilise des gants de Decathlon qui sont adaptés pour l’écran tactile. Comptez 5 € pour une paire (pas de quoi vous ruiner, donc).

 

Les avantages du téléphone :

  • On peut écrire à peu près n’importe où (notamment debout, ce qui m’arrive assez souvent vu que je prends le train aux heures de pointe).
  • On l’a toujours avec soi.

 

Les inconvénients

  • On est limité à de l’écriture pure. C’est assez compliqué de corriger ou réécrire un texte sur téléphone.
  • La frappe est plus lente que sur un clavier classique.
  • Il faut gérer la batterie.
  • S’il flotte, oubliez le téléphone, même s’il est waterproof, l’écran tactile n’aime pas l’eau.

 

 

 

Je n’ai pas encore testé la tablette, mais je sais que des gens le font. Personnellement, c’est un peu gros à trimballer chaque jour dans son sac, mais je pense qu’on doit pouvoir corriger plus facilement un texte que sur téléphone.

 

 

— Écrire sur papier

 

À une époque, j’ai testé l’écriture sur ordinateur portable dans le bus, mais vu le temps de démarrage de l’ordinateur et la durée du trajet, je suis vite revenue à l’écriture sur carnet, qui permet de s’y mettre tout de suite.

 

Pour écrire dans les transports en commun sur un carnet, il faut bien choisir celui-ci : la taille est à adapter à ce qui vous convient le mieux, pour que vous puissiez le poser sur vos genoux ou sur votre sac, et aussi le ranger dans votre sac une fois arrivé à votre destination.

Un des impératifs pour moi est une couverture rigide, qui va vous servir de support (c’est important surtout quand le véhicule vous secoue, comme dans certaines rues pavées…).

J’avoue avoir une nette préférence pour les carnets lignés de la marque Paperblanks : certes, ils sont plus chers que d’autres, mais ils ont des couvertures rigides de qualité (et très belles, qui ressemblent parfois à des livres anciens, ce qui ne gâche rien) et sont aussi équipés, quel que soit leur format, d’une pochette collée sur l’intérieur de la couverture en fin de carnet, ce qui permet d’y glisser des documents (notamment votre plan si vous en avez besoin pour travailler, ce que je fais pour ma part). Ils existent en plusieurs formats, mes préférés sont les midis si je veux un bon support d’écriture, ou les minis si je préfère qu’ils ne prennent pas trop de place dans le sac. Un format intermédiaire, les slims (la largeur d’un mini avec la hauteur d’un midi) sont aussi un bon compromis.

 

Je conseille d’écrire plutôt au stylo bille ou au feutre gel, qui glissent mieux sur le papier (je n’ai jamais testé le stylo plume, mais je pense qu’il n’est pas très adapté pour ces conditions).

Une de mes astuces est de choisir un stylo quatre couleurs (aux couleurs classiques ou un peu plus flashy selon vos goûts – j’avoue une préférence pour écrire à l’encre violette, personnellement) : il me permet ainsi, sans changer de stylo, de pouvoir mettre des notes ou des remarques sur des points à retravailler, des informations à chercher, etc, afin de pouvoir continuer l’écriture de ma scène sans trop m’interrompre.

 

Un des avantages d’écrire à la main dans un carnet est de vous permettre une première correction quand vous recopiez votre texte (bon, certes, en contrepartie, cela vous demande également un peu de temps pour le recopier sur ordinateur, mais l’avantage compense l’inconvénient, pour moi).

 

Il m’arrive parfois d’avoir deux carnets avec moi dans mon sac : un carnet sur lequel je travaille mon texte en cours, et un autre carnet où je peux prendre diverses notes (des idées de textes ou de scènes, des informations sur des personnages, des éléments à chercher, etc.)

 

Dans le bus, je peux aussi faire des corrections sur des textes déjà écrits (il y a toujours un moment, dans mon processus d’écriture, où j’éprouve le besoin de corriger sur papier, car je repère mieux les fautes sur un texte imprimé que sur écran).

Dans ce cas-là, j’imprime mon texte sur des feuilles A4 en police de caractères 12, avec un interligne de 1,5 à 2 pour pouvoir insérer entre les lignes les corrections.

Selon mes besoins, j’imprime le texte en recto (si je dois réécrire certaines parties de la scène ou insérer une nouvelle partie, et dans ce cas, j’écris au verso) ou en recto verso quand il s’agit juste d’une relecture pour corriger les fautes.

Pour ces corrections, mes outils de travail préférés sont une pochette cartonnée format A5 à rabats, qui tient facilement dans un sac et est suffisamment rigide pour servir de support, et un stylo, et je plie les feuilles en deux pour travailler.

 

Les avantages du carnet :

  • On peut toujours l’avoir avec soi.
  • Il n’y a pas besoin de batterie, il est toujours prêt à être utilisé dès l’instant où vous avez un stylo.
  • Vous pouvez les collectionner (une de mes passions) et ils vous permettent aussi de garder une trace de vos premiers jets.

 

Les inconvénients

  • Il est difficile d’écrire en position debout, il faut donc avoir une place assise pour être à l’aise. Ce qui implique aussi que vous ne pouvez pas écrire sur le quai ou à l’arrêt de bus, et que la durée d’écriture se résume au trajet en lui-même.
  • Il faut prendre le coup de main pour écrire dans toutes les situations, notamment avec les secousses qui modifient parfois un peu le résultat final ou font faire des ratures.
  • Le texte écrit doit être recopié, la retranscription automatique d’un carnet sur l’ordinateur étant encore à ses débuts (Livescribe chez Moleskine) et plutôt chère (plus de 230 € pour le pack de base, plus les cahiers spéciaux)

 

 

 

  1. La préparation

 

On va être clair, le matin, c’est dur de s’y mettre, le soir en rentrant, on est souvent claqué. Bref, se dire qu’on va écrire, ça tient parfois de la corvée.

 

Pour éviter ce démarrage difficile et arriver à écrire plus rapidement, je prépare toujours ma session du lendemain : je prépare mon document google drive en écrivant à l’avance une ou des phrases qui démarrent la scène que je vais écrire (pas plus de 50 mots). De cette manière, lorsque je reprends mon téléphone le lendemain, l’histoire est déjà attaquée et je suis dans le bain.

J’ai conscience que cette méthode marche bien pour moi, parce que je travaille avec un plan. Je sais déjà quel morceau de l’histoire je dois écrire à l’avance. Ça peut être plus compliqué effectivement pour quelqu’un qui travaille un peu plus à l’instinct, sans trame établie.

 

J’ai tendance à mettre de la musique pour me couper des bruits de l’extérieur, notamment des conversations des gens qui peuvent être source de distraction.

 

Pour pouvoir replonger directement dans l’écriture, je recopie dans le carnet la ou les dernières phrases du texte en cours, où je me suis arrêtée la veille, ce qui me permet d’enchaîner dès que j’ouvre le carnet, je les relis et je continue l’histoire.

J’ai également avec moi le plan général de l’histoire, ce qui me permet de suivre où j’en suis sur mes romans, et sur quelle scène je dois enchaîner quand j’en termine une.

 

Pour travailler mon texte sans être perturbée par les bruits qui m’entourent (dans un bus, ça résonne bien, surtout quand les gens le confondent avec une cabine téléphonique et parlent à voix haute sur leur portable…), je mets mon casque et une playlist adaptée à mon mode d’écriture, des musiques de films ou de séries.

Je reste concentrée sur mon carnet la plupart du temps, je ne relève la tête que brièvement, pour voir où j’en suis dans mon trajet, avant de m’y replonger.

 

 

 

  1. Se fixer des objectifs

 

Grosso modo, je passe environ une heure par jour dans les transports en commun. J’ai donc fixé un objectif réalisable dans ce temps : 500 mots par jour. Au début, j’ai eu du mal, mais maintenant que je suis rodée, j’arrive à tenir mon objectif lors du trajet.

 

500 mots, ça peut paraître peu (c’est une page word, à peu près), mais si on le fait tous les jours, on voit peu à peu les résultats. Comme va vous le confirmer Rachel, ce qui compte vraiment, c’est la régularité.

 

 

J’ai du mal à me fixer des objectifs, d’autant que l’écriture manuelle est moins rapide que celle sur ordinateur. L’inspiration vient plus ou moins rapidement certains jours, et le temps de trajet est variable en fonction des embouteillages pour moi qui prends le bus.

Pour le temps d’écriture, il est entre 20 et 25 minutes par trajet, soit 40 à 50 minutes par jour, et je pense que je suis entre 500 et 1000 mots selon les jours (ce n’est qu’au recopiage que je peux le vérifier).

Plus que la performance, c’est la régularité qui compte, et cela permet d’instaurer une routine d’écriture et d’optimiser les temps de déplacement.

 

Dans les périodes de NaNoWriMo, cette méthode m’a permis d’avancer sans perdre trop de temps et de pouvoir atteindre l’objectif de 50 000 mots ou plus à fin novembre à chaque participation.

 

 

 

Nous espérons vous avoir été utiles, n’hésitez pas à aller voir les résultats de nos travaux dans les transports en commun (Catherine et Rachel), et si vous avez vous aussi des trucs et astuces que vous voulez partager, n’hésitez pas !

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