Anatomie du scénario, John Truby

Truby

Anatomie du scénario, de John Truby, c’est d’après beaucoup la bible des scénaristes. John Truby fait voler en éclats le dogme des trois actes, pour proposer sa propre idée de la construction d’une histoire. Pour lui, une bonne histoire comprend un certain nombre d’éléments imposés, mais doit également être organique, c’est-à-dire vivante.

Les notes prises sur ce livre représentent un joli pavé, aussi, je vais me contenter de vous résumer le propos des différents chapitres et vous donner mon avis sur le livre. Si vous êtes intéressés par mes notes, inscrivez-vous la newsletter et donnez-moi votre mail. Je vous enverrai le fichier PDF.

 

 

Le contenu du livre

 

Chapitre 1 : le temps et l’espace de l’histoire

Une histoire implique celui qui écoute et celui qui raconte. Elle a ses règles, mais doit aussi avoir sa logique interne (il faut éviter de plaquer des règles artificielles sur une histoire).

 

Chapitre 2 : les prémisses

Les prémisses = l’idée de départ qui sert à résumer et « pitcher » l’histoire. Cette idée est cruciale, car elle va déterminer la suite de l’histoire.

John Truby explique comment brainstormer des idées, puis les développer, de manière à faire jaillir la trame d’une histoire.

 

Chapitre 3 : les 7 étapes de la structure d’une histoire

Il s’agit de l’un des arguments clés du livre de Truby. Chaque histoire comprend ces éléments clés : faiblesse et besoin du héros, désir, l’opposant à ce désir, le plan du héros pour obtenir ce qu’il veut, la bataille entre le héros et l’opposant, la révélation de soi du héros, et le nouvel équilibre.

 

Chapitre 4 : les personnages

Pour Truby, les personnages doivent être organisés en réseau : le héros, ses alliés et ses opposants représentent différentes facettes d’un même thème. Tous les personnages doivent être développés, il ne faut pas uniquement travailler le héros.

 

Chapitre 5 : l’argument moral

Chaque œuvre doit avoir un argument moral : une thématique centrale, qui va donner sa cohérence à l’ensemble.

 

Chapitre 6 : le monde histoire

Truby part du principe que le monde est le reflet du ou des personnages centraux et qu’il doit éclairer l’histoire et sa thématique. Les personnages évoluent dans des « arènes », des lieux qui leur sont propres.

 

Chapitre 7 : le réseau de symboles

Utiliser des symboles permet de donner de la profondeur à une œuvre et une résonnance particulière.

 

Chapitre 8 : le scénario

Un bon scénario est organique, c’est-à-dire que les différents éléments sont connectés entre eux de manière logique.

Pour Truby, il existe 22 étapes à respecter, issues des 7 étapes décrites plus haut : besoin et révélation de soi ; monde histoire et fantômes ; faiblesse et besoin ; élément déclencheur ; désir ; allié ; opposant ; faux-ami opposant ; première révélation et changement de désir ; le plan ; le plan de l’opposant ; le moteur ; l’attaque par des alliés ; apparente défaite / victoire illusoire ; seconde révélation et décision ; révélation du public ; troisième révélation et décision ; visite à la mort ; la bataille ; la révélation de soi ; décision morale ; nouvel équilibre.

Une bonne histoire respecte ces étapes, tout en gardant une logique interne. Attention, ceci est un guide, pas une recette à appliquer à la lettre.

 

Chapitre 9 : tisser les scènes

La scène est l’unité de base d’une histoire. Il faut bien organiser ses scènes pour que l’histoire fonctionne et que la tension monte.

 

Chapitre 10 : Construction des scènes et dialogues symphoniques

Comment construire des scènes et des dialogues qui fassent écho à la structure générale de l’histoire.

Chapitre 11 : l’histoire sans fin

L’histoire sans fin, c’est celle qu’une fois qu’on a terminé de lire on a envie de relire, sachant qu’on va y découvrir de nouvelles choses.

 

 

Mon avis

 

Effectivement, ce livre est un must pour tout écrivain qui voudrait approfondir son art. Je suis persuadée qu’on écrit bien mieux quand on sait ce qu’on fait, quand on connaît la structure d’une histoire, comment elle fonctionne et quel effet elle produit sur le lecteur. À ce titre, ce livre est vraiment génial.

Il m’a permis de mettre des mots et des concepts sur des choses que je faisais à l’instinct, ou sans trop m’en rendre compte. Il va me permettre de m’améliorer, car il m’a ouvert de nouvelles pistes de réflexion.

Moi qui ne me suis jamais reconnue dans la structure en trois actes, je trouve enfin une méthode de construction d’intrigues qui me convient. Comme Truby le dit, ce n’est pas une recette à appliquer à la lettre, mais un guide, qui évite d’aller droit dans le mur, ou qui peut débloquer quand on est frappé par la page blanche.

Bref, une lecture que je recommande vivement.

 

Néanmoins, je pense qu’il faut quand même prendre quelques éléments avec des pincettes :

— L’argument moral. C’est une conception très anglo-saxonne : une œuvre doit avoir une morale. Je pense qu’il faut adapter, plus qu’un argument moral, je vois plutôt ça comme une thématique, qui va se décliner à travers les personnages.

— Les personnages. Truby donne de bons éléments, notamment sur la construction en réseau et la manière dont les personnages font écho au thème de l’œuvre. Cela dit, la méthode de construction me semble assez légère. Personnellement, je trouve que Orson Scott Card dans ses livres, ou le podcast writing excuses est plus poussé à ce sujet.

— Le monde. Là aussi, de bons éléments. L’idée des « arènes » par personnage est très fine. Mais, quand on écrit dans les genres de l’imaginaire (surtout en fantasy), là aussi, c’est un peu léger. On ne peut se limiter à quelques arènes, quand le lecteur attend un monde cohérent et très développé (même si tout n’apparaît pas dans l’histoire, ça doit exister).

 

Je recommande aussi la lecture de ce livre à des personnes qui ont déjà un peu d’expérience dans l’écriture, je pense que les concepts sont un peu ardus pour quelqu’un qui début en écriture, et peuvent rebuter (je pense que si j’avais lu ce livre il y a 5 ans, ça m’aurait plus pourrie qu’aidée vraiment).

 

En résumé : un must read pour les écrivains qui veulent progresser. Et n’oubliez pas, si la fiche de lecture vous intéresse, inscrivez-vous à la newsletter, laissez-moi votre mail.

Ce billet a 9 commentaires

  1. Terps dit :

    Hey Cat,

    ton article me donne envie de feuilleter ledit bouquin. Mais en attendant, je veux bien feuilleter tes notes. ^^
    Si t’as l’occasion de me les faire passer par mail.

    1. Cat dit :

      Pas de soucis, je t’envoie ça de suite

      1. Terps dit :

        Bien reçu!
        Ma gratitude.

  2. Mary dit :

    Bonjour! 😀

    J’ai adoré cet article, je serais également intéressé de voir tes notes 🙂 Je suis présentement sous la construction d’un roman et je pense que ça pourrait m’aider. *a envie de tout approfondir* Merci d’avance!

    1. Cat dit :

      Contente que l’article ait plu, je vais vous envoyer mes notes.

      Je suis en train de lire d’autres livres sur la construction des romans, n’hésitez pas à vous abonner à ma newsletter pour ne rien rater (en plus, j’offre le premier épisode de mon feuilleton steampunk La Ligue des ténèbres pour l’inscription)

  3. tib dit :

    Bonjour Catherine,

    je suis en train de lire ce livre en anglais, je serai intéressé par la lecture de tes notes qui pourraient probablement m’éclairer sur des points que j’ai dû comprendre trop approximativement. Je suis presque au point zero en matière de dramaturgie, ce sera une première en ce qui me concerne ! bàt

    1. Cat dit :

      Bonjour, et désolé pour la réponse tardive.

      Pas de souci pour les fiches, envoyez-moi votre mail.

  4. Christophe dit :

    Bonjour,

    J’aimerai beaucoup avoir les notes que vous avez prises.

    Merci ( et super blog ! )

  5. ollivier pourriol dit :

    La nouvelle édition sort dans quelques jours, le 19 janvier 2017, avec une traduction revue, sous la direction de l’auteur, et plus de 70 pages inédites de questions/réponses tirées de ses master class françaises…

Laisser un commentaire