Tag: Fantasy

Blood Rites, Jim Butcher (Dresden Files 6)

Résumé

Harry Dresden est très surpris quand le vampire Thomas Raith vient lui demander un grand service : assister l’un de ses amis. Arturo, réalisateur de films X, pense être victime d’un sortilège qui touche les femmes de son entourage. Harry doit donc enquêter, mais réalise rapidement que cette affaire dépasse la simple histoire de vengeance, et que la cour blanche des vampires pourrait bien être impliquée…

 

Mon avis

On continue les Dresden files, avec passage en anglais, vu que la traduction française semble être interrompue.

Dommage, parce que ce tome confirme la qualité de cette série.

 

J’ai franchement passé un bon moment en compagnie de Harry. Comme pour les précédents tomes, on commence par une simple intrigue policière, qui va avoir des ramifications bien plus profondes.

C’est bien mené, sans temps morts. Il y a quelques raccourcis (genre un fax qui transmet mal et mange un nom crucial pour l’enquête…) mais rien qui m’ait fait hurler. Les rebondissements sont bien menés, il y a de grands moments d’action (notamment une descente contre un repaire de vampires).

Mine de rien, ce tome révèle pas mal de choses sur Harry, et surtout sur sa mère. Sans vouloir spoiler, il y a une grosse révélation, qui va changer beaucoup pour la suite à mon avis.

Read more…

Challenge « La roue du temps », tome 14 : A memory of light

 

 

Résumé

Tarmon Gaidon, la dernière bataille, a commencé. Les armées andoriennes, menées par Elayne et celles de la tour blanche, commandées par Egwene, se préparent à affronter les ténèbres, tandis que Mat peine à convaincre Tuon et l’empire Seanchan de la nécessité de se battre. Partout les fronts explosent, tandis que Rand se prépare à sa plus grande bataille…

 

 

 

 

 

Mon avis

ça est, c’est terminé. J’ai fini la saga de la Roue du temps avec ce dernier tome, A memory of light.

Je dois avouer que j’ai vraiment, vraiment eu du mal à accrocher au début de ce tome-là. C’est peut-être dû à la fatigue, au fait que je l’ai lu en anglais, mais jusqu’à la moitié, j’ai eu l’impression que l’intrigue faisait du surplace et que l’auteur (ou les auteurs, plutôt), tentaient de faire monter la sauce de manière artificielle.

Les personnages font des erreurs qui m’ont semblé assez absurdes, il n’y en a pas pour rattraper l’autre, ça perd son temps dans des discussions stériles, bref, c’était long.

Read more…

Quatre enquêtes d’Erem de l’Ellipse, Anthony Boulanger

51fkyyr5hpl-_sy346_

Résumé

Dans une France médiévale à l’histoire revisitée par les Clans et les rituels, Erem du Clan de l’Ellipse met ses déductions hors du commun au service de la justice pour élucider les crimes et les énigmes les plus étranges de son monde. 

Suivez son histoire depuis Paris, en passant par Strasbourg, Rouen et Provins, où il affrontera, tour à tour les mystères et les dangers de ces villes, qu’ils prennent la forme d’une simple lettre, de reptiles humanoïdes, de pétrifications et de complot.

 

Mon avis

 

J’ai découvert Anthony Boulanger dans les pages d’Etherval. J’aime bien sa plume, aussi, quand Andréa Deslacs a parlé de ce roman, je n’ai pas hésité.

 

Comme son titre l’indique, le livre regroupe quatre enquêtes, qui chacune se passent dans une ville différente (Paris, Strasbourg, Provins et Rouen). À chaque fois, Erem est appelé pour résoudre un meurtre.

 

J’ai bien aimé l’ambiance Agatha Christie des nouvelles. Ici, pas de grandes scènes d’action, pas de course-poursuite, mais un jeu d’indices, de preuves de déduction.

 

C’est assez prenant, même si pour deux des histoires, j’ai deviné assez vite le coupable. Ma préférence va à la nouvelle à Strasbourg, que j’ai trouvé la mieux menée.

Read more…

Sherona T1 – Voyage au pays des morts – Fred Marty

sherona

 

Résumé

Sherona est une mercenaire aventurière dont on peut louer les services. Sherona a actuellement des ennuis : elle doit beaucoup d’argent à la Reine Noire, chef de la pègre de la ville où elle réside. Heureusement pour elle, un groupe de pèlerins vient requérir ses services – et ceux de son compère Jasper – afin d’accomplir une quête. Malheureusement pour elle, la quête ne s’annonce pas de tout repos…

 

Mon avis

Je connais l’auteur via Twitter, j’ai vu passer la couverture, que j’ai trouvé sympa, le résumé me paraissait alléchant, alors je me suis lancée dans la lecture, et je ne suis vraiment pas déçue.

 

J’ai vraiment passé un bon moment aux côtés de Sherona et de ses amis.

 

Le ton est assez léger, même s’il y a des moments forts en émotions et de sombres heures. L’action se déroule à 100 à l’heure, les pages se tournent sans qu’on s’en rende compte, bref, côté rythme, c’est réussi.

L’histoire est assez classique, celle d’une quête, mais réserve quand même son lot de surprises et de retournements. J’ai adoré l’humour du texte, et toutes les références qui le parsèment. J’ai vraiment ri en comprenant qui était réellement le groupe qui joue dans la taverne des premiers chapitres.

 

J’ai beaucoup aimé le personnage de Sherona, grande gueule qui ne s’en laisse pas compter. J’adore le duo qu’elle forme avec Jasper, qui vient tempérer ses ardeurs et l’empêcher (avec plus oui moins de bonheur) de se mettre trop de monde à dos.

Dans le groupe qui se forme, je crois que mon chouchou est Stefano. J’ai bien aimé la fouine aussi, j’espère qu’on la verra plus dans les prochains tomes.

Pour les autres, malgré un casting assez étendu, les personnages sont bien campés, tous ont leur personnalité et leurs buts. Le fait que la narration alterne entre les différents points de vue permet de leur donner à tous un petit moment de gloire.

 

Franchement, je ressors conquise de cette lecture. J’ai vraiment passé un très, très bon moment, et j’ai vraiment hâte de lire la suite.

 

 

Si vous aussi vous voulez découvrir les aventures de Sherona et de ses amis, c’est par ici !

 

 

Escrime pour les écrivains : Raconter une bataille

Arbo_-_Battle_of_Stamford_Bridge_(1870)

Comme je l’ai déjà dit dans mes précédents articles sur l’escrime pour les écrivains, j’ai une autre passion que l’écriture : l’escrime historique. Mon mari et moi pratiquons les AMHE (Arts martiaux historiques européens), discipline qui consiste à tenter de retrouver les techniques martiales d’époques. Nous travaillons sur des manuscrits italiens du XVIe siècle, mais quand l’occasion se présente, nous aimons expérimenter d’autres techniques.

Sous la direction de Gilles Martinez, de l’académie d’armes de Rochemaure, qui prépare un doctorat en archéologie expérimentale (Gilles Martinez qui m’a d’ailleurs aidée pour l’article sur le combat épée bouclier, encore merci à lui), nous avons participé à plusieurs expérimentations sur le combat en groupe au bouclier XIIIe siècle.

Nous nous sommes affrontés en groupes, au bouclier/lance et bouclier/épée une main. Cette expérience m’a appris beaucoup d’un point de vue martial, mais elle m’a permis aussi de réfléchir beaucoup à la manière dont se déroule un combat en groupe, et surtout comment on peut le raconter.

Parce que, ne le cachons pas, la bataille, c’est quelque chose qui revient assez souvent dans les romans des fantasy et que ce n’est pas forcément évident à raconter. Voici donc quelques trucs et astuces issus de la ma propre expérience.

Disclaimer : cette fiche est comme je l’ai signalée entièrement subjective, je ne prétends pas détenir une vérité absolue, je vous livre juste mon ressenti et mes analyses (mais bon, sachez quand même que je pratique les arts martiaux et l’écriture depuis plus de 15 ans, donc je ne suis pas une entière débutante). Je laisse donc de ce côté pour cette fois-ci la technique, pour plus vous parler de notions générales.

Notez également que je pars du principe que vous écrivez une scène de mêlée du point de vue de l’un, ou de plusieurs, des personnages, qui se trouve justement au cœur de combats. Je laisse de côté les points de vue plus « cinématographiques » (genre le général qui contemple la bataille et voit du coup les grands mouvements de troupes).

 

 

  1. Une mêlée, c’est le bazar

 

Pour moi qui aie plutôt l’expérience d’affrontements en un contre un, j’ai été assez désarçonnée dans les premiers assauts : ça tombe de tous les côtés. Vous combattez un adversaire, et hop, vous prenez un coup de lance en pleine tête parce que vous n’avez pas surveillé le bonhomme à votre gauche. Il faut faire attention à se protéger, à ne pas toucher les copains… Le stress monte, les gestes sont moins précis. Votre vision est limitée, vous ne voyez que très peu de choses au final. Il y a énormément de bruit (et encore, nous n’étions qu’une vingtaine, mais vingt mille, et nous n’avions pas les trompettes, tambours, cors et autres instruments qui accompagnaient souvent les armées).

Comme me l’a aussi fait remarqué Axis Mundi dans les commentaires, le terrain joue aussi beaucoup : l’herbe ça glisse, les pavés mouillés aussi. Le soleil aveugle rapidement, et ne parlons même pas des combats de nuit et de leur cruel manque de visibilité…

Bref, une bataille, c’est le bazar.

D’un point de vue martial, c’était une super expérience, car ça m’a forcée à être propre techniquement, à ne laisser aucune ouverture dans ma défense, sous peine de récolter un coup.

D’un point de vue d’écrivain, ça m’a ouvert des pistes sur la manière de raconter ça. Lorsqu’on est dans une mêlée, la perception du temps n’est pas la même. Un mouvement qui dure une fraction de seconde peut paraître ralenti. On éprouve tout le temps un sentiment d’urgence, il faut parer un coup, contre-attaquer, vérifier qu’on ne se fait pas contourner…

Lorsqu’on écrit une bataille, je pense qu’il faut garder à l’esprit cette idée d’urgence, ce rythme et le chaos qui règne, mais tout en restant compréhensible pour le lecteur (qui doit savoir ce qui arrive à qui, et à quel moment).

 

 

  1. Malgré tout, un combat de groupe obéit à certaines règles

 

Une fois passées les premières reprises, je trouve qu’on s’habitue au côté chaotique de la mêlée et qu’on découvre un avantage au combat en groupe : on n’est pas tout seul. Il y a toujours un camarade pour défendre un côté, surveiller les angles morts…

Le groupe où j’ai combattu avait peu d’expérience, nous nous connaissions, mais n’avions jamais vraiment combattu ensemble. Du coup, il nous a fallu un peu de temps pour nous habituer à prendre, et surtout garder des positions. En face de nous se trouvaient les élèves de Gilles Martinez, un groupe qui lui avait l’habitude des formations et maîtrisait bien mieux les différentes manœuvres. Autant vous dire qu’on s’est fait laminer une paire de fois (notamment une mémorable où ils étaient en infériorité numérique et ont quand même proprement éclaté nos lignes. Je peux vous dire que ça fait drôle).

Ce qui m’amène à dire que l’aspect chaotique de la mêlée sera nuancé par le degré d’expérience de votre/vos protagonistes : si votre personnage est un jeune fermier sorti de sa cambrousse, il ne connaîtra pas les manœuvres et le travail en groupe. À l’inverse, si vous écrivez sur un soldat de métier, il aura une vision beaucoup plus claire du champ de bataille. À vous de décider où vous placez le curseur.

 

 

  1. L’importance de l’entraînement et de la préparation

 

C’est un corollaire du précédent point : les groupes efficaces en combat sont ceux qui ont de l’entraînement, de la préparation et un bon équipement.

Pour bien décrire votre bataille, il faut déterminer le degré de préparation. Une bataille rangée préparée de longue date ne sera pas la même chose qu’une embuscade en forêt.

De la même manière, dans un combat en groupe, le chef joue un rôle crucial. Vous savez, le cliché du chef qui galvanise les troupes par sa simple présence et les pousse à se dépasser pour combattre ? Eh bien, je pense de plus en plus que ce n’est pas totalement un cliché…

Comme je l’ai dit, le groupe dans lequel j’ai combattu était composé de personnes possédant toutes une petite expérience martiale, mais n’ayant pas l’habitude de travailler ensemble, ou des mouvements de groupe. Nous étions parfois (bon d’accord, souvent) désorganisés. À un moment, Gilles, l’organisateur des tests, est venu combattre avec nous et a joué le rôle du chef. Sa présence a changé beaucoup de chose. Avec quelqu’un d’expérimenté pour nous guider, les mouvements sont devenus plus fluides, les lignes se tenaient mieux, nous nous replacions avec plus d’efficacité et de rapidité.

Réfléchissez à l’organisation de votre groupe. Y a-t-il un chef ? Est-il compétent ? Va-t-il mourir dans la bataille ?

 

 

  1. Le degré de violence

 

Lors d’un combat de groupe, on prend des coups. Point à la ligne, il n’y a pas à discuter.

Comme en duel, en fait, la moindre erreur d’inattention est sanctionnée. Et en plus, ça tombe de plusieurs côtés à la fois. Même si on est bien protégé, il reste toujours des zones un peu moins couvertes. Et même avec des protections, les coups peuvent faire mal. Pour moi, aucune chance de sortir de ce genre d’affrontement totalement indemne.

Note annexe : attention tout de même à ne pas en faire trop. Des expériences ont été menées à ce sujet, qui ont révélé qu’un gambison arrête plutôt bien les coups de taille. La maille protège bien des coups de taille et des coups d’estoc. Quand aux armures, si on pouvait les détruire aussi facilement que ce qu’on voit dans les films, je pense que les humains ne se seraient pas embêtés à les fabriquer et les porter durant des siècles. Ceux que le sujet intéresse peuvent consulter mon article sur les clichés à éviter, et sur le combat à l’épée et au bouclier.

Ceux qui ne veut pas dire que participer à une bataille signe forcément l’arrêt de mort et qu’il faut à tout prix mutiler ses personnages, non.

Généralement, surtout si on se place dans un contexte fantasy, on ne va pas combattre à poil, mais avec un minimum d’équipement. Sans aller jusqu’à l’armure complète, les soldats étaient un peu équipés (casques, jambières, boucliers, vestes rembourrées, plastrons).

De ma propre expérience, on apprend assez rapidement à utiliser les protections pour limiter l’impact des coups : présenter plutôt le haut du crâne, protégé par le casque, que le visage découvert, garder son bouclier bien contre soi…

Par contre, si vous envoyez vos personnages au cœur d’une mêlée sans équipement ni rien… euh, on va dire que j’espère pour eux qu’ils courent vite, ou qu’ils ont de bons pouvoirs magiques. Et surtout, par pitié, oubliez le personnage qui jette son casque et qui, cheveux aux vents, va dégommer de l’orque (ou toute autre bestiole tendance chaotique mauvaise).

La question du gore : les blessures par armes blanches c’est sale. Celles par armes contondantes encore plus. À vous de déterminer, en fonction de la tonalité de votre histoire à quel point vous allez décrire précisément les blessures qui surviennent au cours du combat.

 

 

  1. Les héros meurent rapidement

 

Grosse déconvenue pour moi, qui ait plutôt un tempérament de fonceuse, les héros meurent rapidement. Vous pouvez foncer sur l’ennemi et peut-être percer ses lignes, mais il y a de fortes chances que vous restiez sur le carreau (j’ai essayé en GN et j’ai trépassé. J’ai essayé en combat bouclier/épée et j’ai pris des coups)

Dans une bataille, la meilleure garantie de survie réside dans la cohésion du groupe. Comprenez que tant que vous restez à portée de vos camarades, ils peuvent vous protéger. Celui qui s’amuse à jouer les héros et à foncer tout seul sur les ennemis risque de connaître une existence aussi mouvementée que brève.

Ce qui ne signifie pas que vous deviez renoncer à toute action d’éclat. Bien au contraire. Pour moi, les actions d’éclat représentent l’articulation d’un combat. Ce sont les moments marquants, c’est pour ça que le lecteur va lire la bataille, parce qu’il est attaché aux personnages et qu’il a envie de voir ce qu’ils vont faire.

Ces actions héroïques doivent être plausibles, sous peine de détruire la suspension d’incrédulité et de faire décrocher le lecteur. Elles doivent aussi être préparées en amont par le déroulement du combat.

 

 

En conclusion

J’espère que ces quelques notes vous auront aidé.

J’encourage tous les écrivains à tester au moins une fois dans leur vie un combat en groupe. Le plus simple (et le moins dangereux) serait une mêlée de GN (jeux de rôle grandeur nature, qui se pratique avec des épées en mousse). Vous verrez, ça change la perspective.

 

Si on résume, avant d’écrire un combat de groupe, voici quelques points à vérifier :

— Qui sont les protagonistes par les yeux desquels vous allez raconter le déroulement des événements ?

— Ont-ils de l’expérience martiale ? Ont-ils déjà combattu dans un groupe ? Vont-ils combattre avec des gens qu’ils connaissent ou avec des inconnus ?

— Le groupe est-il organisé ? S’attend-il à l’attaque ? Quel est son degré de préparation ?

— Quel est le degré de réalisme que vous êtes prêts à intégrer au niveau de la violence et des blessures ?

— Quelles seront les actions d’éclat et les moments marquants de la bataille ? Comment allez-vous les amener pour que le lecteur ne se dise pas que c’est complètement irréaliste et tiré par les cheveux ?

 

 

Si vous avez d’autres suggestions, vos propres trucs, des éléments que vous aimez retrouver dans les batailles et dont je n’ai pas parlé ici, n’hésitez pas à m’en faire part, je suis preneuse !

En attendant, bonne écriture !

essay | My Sitemap