Tag: Technique d’écriture

Ecrire dans les transports en commun

Comme j’en parlais dans un précédent article, il n’est pas toujours facile de trouver du temps pour écrire, surtout au quotidien.

 

En septembre dernier, j’ai changé de travail et donc repris les transports en commun. Vu que je n’aime pas être inactive, j’ai décidé de mettre à profit ce temps pour écrire. Ça a été un peu dur au début, mais j’arrive à m’y tenir, et maintenant, ça fait partie de ma routine journalière.

 

Rachel Fleurotte, qui coécrit cet article, écrit dans le bus depuis des années. Sa série La 7ème prophétie a en partie été rédigée dans le bus.

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Nous avons toutes les deux des méthodes différentes : j’écris sur téléphone, elle sur papier, alors voici nos trucs et astuces. (Note : pour cet article, j’écris en normal, et Rachel en italique)

 

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Writing excuses, les corrections

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Contrairement aux autres saisons, cette saison de Writing excuses sera une master class d’écriture géante. Il y aura de la théorie et des exercices à faire, pour tous ceux qui veulent progresser en écriture.

 

Chaque mois sera consacré à un sujet, il y aura deux épisodes de théorie, un épisode d’exercice, et un épisode hors sujet.

 

On attaque maintenant le sujet épineux des corrections

 

 

Épisode 44 : comment est-ce que je répare ce qui est cassé ?

 

Reprendre son histoire, et se demander pour commencer si l’histoire tient la route, si les personnages sont agréables, si la fin est satisfaisante… On se concentre sur la structure, pas sur le phrasé.

On peut relire le livre, noter ses propres réactions. Si notre propre histoire nous barbe, ou ne nous paraît pas crédible, il y a peu de chances pour que le lecteur l’apprécie.

Ne pas hésiter à faire appel à des bêtas lecteurs. Leur demander ce qu’ils pensent tout au long du texte.

Si on a pris des notes au fur et à mesure de l’écriture, on repart des notes qu’on a prises.

Ne pas hésiter à retourner l’histoire dans tous les sens, à mettre en couleur les interventions des différents personnages, ça peut permettre de voir ce qui cloche.

 

Exercice

Choisir 6 couleurs, une pour les 5 sens, une pour le mouvement, et colorer le manuscrit sur lequel on travaille, pour voir l’équilibre entre les différents sens et le mouvement.

 

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Writing excuses : les fins

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Contrairement aux autres saisons, cette saison de Writing excuses sera une master class d’écriture géante. Il y aura de la théorie et des exercices à faire, pour tous ceux qui veulent progresser en écriture.

 

Chaque mois sera consacré à un sujet, il y aura deux épisodes de théorie, un épisode d’exercice, et un épisode hors sujet.

 

Ce mois-ci, on parle de la fin d’un roman. 

 

Épisode 40 : quelle est la différence entre s’arrêter et écrire une fin ?

 

S’arrêter : stopper, mais ça risque de ne pas être très satisfaisant.

Écrire une fin : répondre aux questions et aux promesses qu’on a lancées.

La différence entre la fin d’une nouvelle et d’un roman. Mary Kowal fait une analogie entre regarder les clips d’une compétition de gym (on s’attend à ce que ça commence quand la gymnaste entame sa séquence, et ça finit sur le dernier mouvement) et regarder la compet au complet (où on s’attend à voir l’échauffement, la préparation, avoir l’histoire de l’athlète et que ça finisse après sa séquence, quand on sait si elle a gagné ou pas.

Étude de la fin de Harry Potter et de pourquoi elle a divisé les fans.

 

Exercice : prendre un de ses romans, et écrire une fin à la Harry Potter, qui dit ce que sont devenus les personnages. Puis, revenir en arrière, retirer cette fin, réécrire un épilogue dans le présent mais qui permette au lecteur de se projeter dans le futur et d’imaginer ce que les personnages vont devenir.

 

 

Épisode 41 : Le compas moral d’un personnage

 

Au départ, la fantasy utilise beaucoup de personnages manichéens, mais au fil des ans, des personnages plus gris sont arrivés. Pour commencer, il faut déterminer où se situe le personnage : plutôt bon ou plutôt mauvais ? Veut-on nuancer ? Veut-on rester dans une opposition classique ?

Comment écrire un bon personnage avec des nuances de gris ? Comment le faire changer ?

Il faut réfléchir aux raisons pour que les personnages fassent des choses discutables (alors que c’est plutôt un gentil), ou des choses morales (alors que c’est plutôt un méchant). Les personnages sont confrontés à des choix, qui vont les changer.

Pour changer un personnage, on commence par de petites choses, où il se dit « non, c’est pas si grave », et qui vont préparer les changements plus profonds.

 

Exercice : prendre le personnage le plus moral et le mettre dans une situation qui le mette en danger, écrire ce qui vient.

 

 

Épisode 42 : comment est-ce que je relie ça ensemble ?

 

Comment sait-on que la fin n’est pas bonne ? Comment fait-on pour réparer ça ?

On sait que la fin n’est pas satisfaisante, parce qu’elle ne répond pas à toutes les questions, qu’elle laisse une sensation de non-satiété, parce que les lecteurs le font remarquer.

Pour réparer ça : regarder si on répond bien à toutes les questions suscitées dans le livre. Réfléchir à l’enchaînement des scènes de fin.

 

Comment faire pour une fin triste ?

Une fin triste se prépare : le héros prend des décisions qui vont amener à la fin. Une fin triste marche, si le héros gagne quand même quelque chose au passage, mais perd beaucoup (ex. Il bat le méchant, sauve les gens, mais perd l’amour de sa vie).

 

Exercice : prendre le texte sur lequel on travaille. Voir le 1er et le dernier paragraphe, et voir s’il y a des images qui se retrouvent, si les deux entrent en résonnance.

 

 

Épisode 43 : questions et réponses sur les fins

 

Pourquoi plus de nouvelles que de romans finissent sur une note tragique ?

Une nouvelle est plus courte, et la fin aura plus de résonnance.

 

Comme empêche-t-on une fin d’être trop prévisible ?

Que la fin soit prévisible n’est pas forcément une mauvaise chose, car on joue sur l’effet d’attente du lecteur. On peut surprendre le lecteur avec l’intensité de l’émotion

 

Comment écrire la fin d’un one-shot, mais en laissant de la place pour une suite, si on a envie ?

Établir que le monde est plus large que ce qu’on a vu dans le roman. Faire comprendre au lecteur que le/les personnage/s ont d’autres intérêts que ce qu’on a exploré dans le 1er tome. Laisser des questions non résolues.

 

Comment éviter l’info dump à la fin d’un livre ?

Réfléchir au moment où l’intrigue est vraiment résolue. S’arrêter là. Si on a le besoin d’expliquer la fin avec ça, c’est qu’elle était mal préparée.

 

Comment savoir si la fin est satisfaisante ou pas ?

Malheureusement, c’est dur à savoir seul. Il vaut mieux confier à un bêta lecteur de confiance.

 

Quelle différence entre la 1ère et la dernière ligne ?

Les 1ères lignes servent à « vendre » le livre, à accrocher le lecteur. La dernière doit résumer le livre, et éventuellement, donner envie de lire la suite.

C’est bien de faire un parallèle entre la 1ère et la dernière ligne.

 

Quoi de neuf cette semaine ? (Du 02 au 08 février)

 

Écriture

 

Un point sur l’anatomie du scénario de John Truby. Pas lu, mais je pense qu’il va vraiment falloir que j’en fasse l’acquisition.

 

Ce que X-Files peut apprendre sur l’écriture d’une scène d’horreur (Article en anglais).

 

Après avoir été alertée sur la précarité des auteurs, Fleur Pellerin lancerait une étude sur les régimes de retraite. Un vrai sac de noeud, décodé par Actualitté. 

 

 

 

Culture

 

Perdus dans l’affaire Carlton? Pas de panique, Le Monde et ses décodeurs sont là pour vous aider. 

 

Découvrez la numérisation du Codex Mendoza, un manuscrit espagnol de 1542, dépeignant la vie et la culture des Aztèque. 

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Amateurs de conquête spatiale : voici deux bonnes nouvelles. Deux vols habités sont prévus pour 2017 et  un prototype de voile solaire vient d’être finalisé. 

 

Fans du trône de fer, notez la date : le dimanche 08 mars a lieu aux caves Saint Sabin à Paris une soirée consacrée au trône de fer. Plus d’informations sur le blog de Temps d’élégance (ainsi que quelques idées pour les costumes). 

 

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6 astuces pour être productif/ve en écriture

J’ai un bon rythme d’écriture. En 2013, j’ai rédigé le premier jet de deux romans, j’en ai corrigé un et j’ai écrit une trentaine de nouvelles. Je tiens à préciser que je suis humaine (enfin, aux dernières nouvelles, fées, aliens et autres vampires ont toujours nié), je ne me dope pas et ne fais travailler aucun clone. Je me contente d’appliquer quelques recettes qui ont fait leurs preuves.

 

 

1. Écrire tous les jours

C’est bête à dire, mais même si vous n’écrivez qu’une demi-page, vous avancerez beaucoup plus vite. Une demi-page, plus une demi-page, ça fait rapidement un roman. En plus, une fois qu’on a pris l’habitude d’écrire tous les jours, on parvient à se mettre dans le bain plus rapidement. Finis ces grands moments d’angoisse devant la page blanche (enfin, finis, presque… disons que ça arrive moins souvent).

Alors je sais, plus facile à dire qu’à faire. On n’a pas toujours le temps. La fatigue est à prendre en compte et des fois, l’inspiration refuse de venir. Pas de panique, des solutions existent.

 

 

2. Déconnecter le « chahuteur interne »

La formulation n’est pas de moi, mais du podcast Writing Excuses, qui détaille le « internal heckler » dans cet épisode. (Compte-rendu en français ici)

En gros, ce « chahuteur interne » est cette petite voix qui vous dit que la phrase que vous venez d’écrire est vraiment bancale, que vous avez fait plein de fautes, que l’histoire ne tient pas debout, que de toute façon, vous n’arriverez jamais à rien…

Je pense qu’on a tous cette angoisse de se lancer. Mes histoires ont toujours l’air tellement bien dans ma tête et tellement décevantes quand je commence à les écrire. La tentation de tout effacer pour tout réécrire est grande, mais je lutte. Je déconnecte cette partie de mon cerveau qui a tendance à tout voir en noir et j’écris / je corrige sans me retourner.

Pas la peine de s’autoflageller, les bêtas lecteurs sont là pour vous dire quand ce que vous écrivez est mal, et à l’inverse, quand ce que vous faites est bien. Alors faites-moi le plaisir de faire taire cette petite voix qui vous empêche d’écrire.

 

 

3. Se réserver du temps

« Je n’ai pas le temps d’écrire ». C’est une phrase qui revient souvent et je sais à quel point le manque de temps peut poser problème. Entre les études, le travail, la famille, les amis, le poids du quotidien, difficile de s’en tirer. Mais si on veut vraiment écrire, il ne faut pas avoir du temps, il faut le prendre.

Trouvez les heures de la journée où vous êtes le plus efficace et le plus disponible intellectuellement. Certains se lèvent plus tôt le matin pour écrire avant de partir au travail, ou rentabilisent leur trajet en transport en commun (comme Rachel Fleurotte, auteur de la Septième prophétie, qui écrit dans le bus). D’autres écrivent tard le soir, moi je rentabilise ma pause du midi en général. Une fois que vous avez déterminé quel moment vous convient le mieux, bloquez cette plage horaire. Ce sera votre moment d’écriture.

Bien sûr, ce temps d’écriture risque de réclamer quelques sacrifices : j’ai sérieusement réduit mon temps de dessin, je regarde moins la télé, et je ne joue pas aux jeux vidéo pour préserver mes plages d’écriture.

Se réserver du temps pour écrire, ça veut aussi dire se couper des réseaux sociaux quand on veut avancer, ne pas trop traîner sur Facebook, Twitter, Instagram, et fuir comme la peste les sites chronophages comme Démotivateur et autres. N’hésitez pas à couper Internet quand vous écrivez, ou à carrément vous installer dans un endroit dépourvu de toute tentation et de toute borne Wifi.

 

 

 4. Se fixer des objectifs

C’est un autre truc que j’ai appris au fil des ans, notamment en participant à l’expérience Nanowrimo : on avance beaucoup plus vite en se fixant des objectifs.

Alors attention, il s’agit de défis réalisables, pas question d’essayer de décrocher la lune ou d’écrire un roman de 600 000 mots en trois jours. L’ambition, c’est bien, mais à force d’en vouloir trop, on finit par se décourager.

Demandez-vous franchement ce qui vous ferait plaisir (terminer ce roman que vous avez en cours depuis un moment, écrire cette nouvelle…) et fixez-vous un objectif clair, et une deadline. Ce dernier point est assez important, car je trouve qu’on n’avance jamais mieux que quand on a une échéance. Allez, on a tous attendu la dernière ligne droite pour rendre ce devoir de math ou cette dissertation de français… Eh bien pour l’écriture, c’est pareil, la deadline donne ce petit coup de fouet qui permet de passer du « bof, j’ai bien le temps de le faire » à « ouh là, il faut vraiment que je m’y mette. Allez zou, séance d’écriture ».

Les objectifs peuvent être grands (écrire un roman, une série, un cycle, que sais-je ?), ou plus petits (écrire enfin cette fichue description qui vous bloque depuis des jours, corriger une nouvelle…). Certains se fixent même des « micros défis », genre écrire le maximum de mots en un quart d’heure (j’ai vu passer le défi sur Twitter, mais je ne me souviens plus qui l’a lancé).

 

 

 5. Ne pas rester seul

Dur, dur d’écrire tous les jours en plus du quotidien. Dur, dur de se donner des objectifs et surtout de s’y tenir. Les moments de découragement sont nombreux (surtout si l’on écoute son chahuteur interne). On doute, on se dit qu’on est nul/le, qu’on ne vaut rien, que de toute manière, cette histoire est pourrie. On commence à se comparer aux autres, les écrivains déjà publiés, ceux encensés par la critique. Bref, on sombre dans la déprime. C’est dans ces cas-là qu’il ne faut surtout pas rester seul.

L’écrivain est une bête solitaire, certes, mais de temps en temps, elle a besoin de compagnie. Heureusement pour vous, Internet est là et fourmille de forums, groupes et associations d’écrivains en herbe. Je suis inscrite depuis un peu plus de deux ans à l’Atelier d’écriture, où j’ai rencontré des gens supers. Je suis en contact avec certains membres en dehors du forum, on échange beaucoup, sur l’écriture, mais pas que, et je sais que si j’ai besoin d’un coup de pouce, d’un conseil, ou simplement de quelqu’un à qui parler, ils sont là (et c’est réciproque).

Sans vouloir jouer les Bisounours (spéciale dédicace aux AEtiens qui me liraient), l’entraide, c’est capital.

Outre vos amis du net, sachez aussi qu’il va falloir coacher un peu votre entourage. Que ce soit vos parents, familles, amis, ou votre conjoint/e, vous allez avoir besoin de leur soutien. Ce n’est pas toujours évident, parce que beaucoup pensent que l’écriture est un gentil passe-temps sans grand intérêt ni avenir, et ne comprennent pas pourquoi vous voulez y consacrer autant de temps. À vous de leur faire rentrer dans le crâne à quel point c’est important pour vous.

 

 

 6. Avoir toujours quelque chose sur le feu

Écrire est un travail de longue haleine, cela prend des années pour finaliser entièrement un roman, et parfois des mois pour peaufiner une simple nouvelle. À force de travailler toujours sur le même texte, on finit par se lasser et arriver au stade où on ne peut plus le voir en peinture et où on regrette même d’avoir commencé à l’écrire. Pas terrible pour le moral, et pas génial pour avancer sur le texte en question.

Du coup, pour éviter ce genre de blocage, je m’arrange pour toujours avoir deux ou trois textes sur le feu. Pas plus, sinon je m’éparpille et j’ai l’impression de ne pas avancer. Je travaille toujours sur un seul roman à la fois, mais en général, je combine le travail sur le roman avec des textes plus courts ou éventuellement sur des travaux de correction et de mise en page. Ça me permet d’alterner et d’éviter l’effet ras-le-bol, et donc de continuer à avancer.

 

 

Voici donc mes quelques trucs pour rester productive, optimiser mon temps et continuer à avancer. Ce n’est pas facile tous les jours, il y a des moments de découragement, mais malgré tout, il y a la satisfaction du roman et de la nouvelle terminés les commentaires des lecteurs, et de temps à autre, la joie d’une publication. Et puis, il y a toujours ce roman, cette nouvelle, cette histoire qui continuent à trotter dans un coin de la tête et qui ne demandent qu’à sortir. De quoi occuper les prochaines années, en somme.