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Le Régiment Monstrueux

Le Régiment monstrueux

Résumé

Le frère de Margot Barrette est parti au front et ne donne plus de nouvelles. Qu’à cela ne tienne, la jeune femme se déguise en homme et s’engage dans l’armée. Ce qui brave tous les interdits de son pays, la Borogravie, où les femmes n’ont même pas le droit de porter des pantalons… Voilà Margot plongée en pleine guerre, entourée par de nouvelles recrues tout aussi inexpérimentées qu’elle — dont un vampire, un troll et Igor — sous la houlette d’un caporal sadique. Ce monstrueux régiment saura-t-il vaincre l’ennemi ?

Mon avis

On continue la relecture du Disque-Monde, avec cette fois-ci un arrêt dans la Borogravie, petit pays inspiré de l’Europe de l’Est, et qui est en guerre avec ses voisins depuis des temps immémoriaux.

Dans ce contexte troublé, on rencontre Margot, héroïne très Pratchettienne (débrouillarde, vive, et assez dure de caractère) qui se déguise en homme et s’engage dans l’armée pour retrouver son frère. Elle est intégrée au sein d’une escouade, et découvre assez rapidement qu’elle n’est pas la seule femme à s’être travestie, loin de là.

On retrouve comme d’ordinaire chez Pratchett un côté assez burlesque et une bonne dose d’humour. J’avoue avoir hurlé de rire devant certaines répliques, la plupart du fait de Jackrum.

C’est drôle et rythmé, mais comparé à d’autres tomes du disque-monde, ici, l’humour est plus volontiers grinçant, car Le Régiment Monstrueux est l’un des romans les plus sombres de la série.

Il est question de guerre, avec toutes ses atrocités et ses horreurs. Le conflit est ici absurde, mais également meurtrier. Les jeunes recrues ne sont pas épargnées et le lecteur non plus. On ressent bien le désespoir et la folie de ce pays, engagé dans une guerre centenaire dont il n’arrive pas à se dépêtrer.

C’est aussi un roman sur la condition et le rôle des femmes. Là aussi, les règles de Borogravie sont dépeintes comme absurdes, et Pratchett réussit bien à rendre le carcan dont Margot et les autres sont victimes.

Le Régiment monstrueux parle de viol, de torture, de sévices physiques et psychologiques. Quand on apprend l’histoire de certains des personnages, on frissonne à l’idée de ce qu’elles ont enduré. On comprend pourquoi l’Asperge adore le feu, ou pourquoi Alice est cinglée.

Le roman aborde aussi la question de la représentation des sexes : qu’est-ce qu’une femme ? Comment se définit-elle ? Si on porte un pantalon et une paire de chaussettes comme rembourrage (ça fait sens dans le contexte, promis), est-ce qu’on reste une femme ? Que faire quand les chaussettes commencent à penser à votre place ?

Comme d’habitude chez Pratchett, c’est traité avec beaucoup de subtilité et de pudeur (à noter aussi que ce roman met en scène une couple de lesbiennes, et il me semble que c’est une première dans le Disque Monde).

En résumé, si vous cherchez une lecture légère, je vous conseillerai plutôt un autre tome, mais si vous avez envie d’une histoire profonde, rythmée, drôle et poignante à la fois, Le Régiment Monstrueux est fait pour vous !

Un chapeau de ciel, Terry Pratchett


Résumé

La jeune bergère Tiphaine Patraque venait enfin de commencer son apprentissage de la sorcellerie. Mais en route chez sa professeure, elle est attaquée par un rucheur, un horrible parasite errant qui s’empare de votre esprit. Pour échapper à ce cauchemar, Tiphaine compte sur l’aide de ses anges gardiens, les petits hargneux bleus, les Nac Mac Feegles.

Et avec un peu de chance, Mémé Ciredutemps, la plus puissante des sorcières, sera de la partie…

 

Mon avis

On continue la série des Tiphaine Patraque, avec ce nouveau tome.

 

Notre jeune sorcière a maintenant onze ans et part en apprentissage loin du Causse. Bien évidemment, rien ne va être simple, surtout quand une entité millénaire se mêle de lui emprunter son corps…

 

Je commencerai par ce qui m’a le moins convaincue dans ce livre : l’intrigue. Ce n’est pas mauvais, mais je n’ai pas eu de grosses surprises, j’ai prévu tous les retournements et les dénouements à l’avance. Ce n’est pas déplaisant, mais comparé à certains autres livres de la série, j’ai trouvé ça un peu en dessous.

 

Par contre, là où Pratchett excelle toujours, c’est dans les personnages et la justesse de leurs sentiments. Je me suis beaucoup attachée à Tiphaine, c’est une adolescente intelligente, qui réfléchit beaucoup (trop, probablement, j’ai connu et je connais encore le même souci, le cerveau qui se fait des nœuds tout seul). Elle est capable, mais elle commet des erreurs, qui sont tout à fait logiques, car elle reste une enfant de onze ans un peu perdue.

C’est vraiment un beau personnage et j’ai hâte de voir comment elle va évoluer dans les livres suivants.

 

Je trouve que ses aventures éclairent en plus sous un jour nouveau la sorcellerie façon Disque-Monde. Pour moi, c’est l’un des livres où l’on se rend le plus compte des sacrifices qu’être une sorcière implique et du poids qui pèse sur leurs épaules.

On découvre aussi une nouvelle facette de Mémé Ciredutemps, vieille femme revêche, toute en contradiction, sorcière extrêmement puissante, mais aussi terriblement humaine. J’ai aimé le rôle de mentor qu’elle a pour Tiphaine et la relation qui se noue entre les deux.

 

Pour finir, j’ai quand même un coup de cœur pour les Nac Mac Feegle. Ils sont absolument hilarants, c’est un plaisir de les revoir, et là aussi, je me demande ce qu’ils nous réservent pour la suite.

Les Ch’tis hommes libres – Terry Pratchett

Résumé

Tiphaine Patraque, 9 ans, apprentie magicienne, part à la recherche de son petit frère, enlevé par la Reine des fées. Comme si elle n’avait pas assez de soucis à la ferme avec le monstre dans la rivière et un cavalier sans tête qui se balade dans le coin…

Tiphaine, armée d’une poêle à frire et d’un livre de magie emprunté à Mémé, demande de l’aide aux Nac Mac Feegle, des petits êtres hargneux à la peau bleue, virés du royaume des fées pour débauche et alcoolisme aigu. Que la fête commence !

 

Mon avis

Les Terry Pratchett que je n’ai pas encore lu ne sont pas nombreux, et la liste vient encore de diminuer ^^

 

Après m’être relu Carpe Jugulum cet été, j’ai eu envie de retrouver les Nac Mac Feegle, et j’ai donc enchaîné sur les Ch’tis hommes libres.

 

C’est un roman assez différent de ce que Pratchett peut faire d’ordinaire, car il est destiné à un public plus jeune (même si je pense qu’il est quand même assez ardu). On suit donc la jeune Tiphaine Patraque, neuf ans, qui découvre qu’elle est une sorcière.

Mais, son apprentissage prend un tour nouveau quand son petit frère est enlevé par la reine des fées et qu’elle doit faire alliance avec les Nac Mac Feegle pour le retrouver.

 

Je commencerai par ce que j’ai le moins aimé dans le roman : le rythme. Je l’ai trouvé assez décousu, l’histoire met un bon moment à se lancer, et j’ai eu l’impression de ne pas trop savoir où Pratchett voulait en venir.

 

Là où le roman est très bon, c’est sur les personnages. Tiphaine est une jeune fille futée, doté de première vue et de second sens. Elle réfléchit beaucoup, analyse. J’ai eu l’impression de voir une jeune mémé Ciredutemps (et la fin ne m’a pas contredite à ce sujet). J’ai vraiment aimé ce personnage, fort, mais avec ses faiblesses et ses angoisses. Tiphaine est maline, débrouillarde et on prend plaisir à la suivre.

Bonne surprise aussi de retrouver les Nac Mac Feegle, toujours aussi hauts en couleur. Leur dialecte a été simplifié par rapport à Carpe Jugulum, et c’est tant mieux, c’est plus simple à lire !

Mais pour moi, le personnage le plus marquant est celui de Mémé Patraque, personnage posthume, mais de très grande importance. Elle est vraiment géniale, et j’ai adoré la relation que Tiphaine et elle ont, je trouve que Pratchett a mis les mots sur ce qu’on peut ressentir pour une grand-mère (avec les bons moments, les mauvais, les souvenirs précieux et les regrets, les choses qu’on ne comprend qu’une fois qu’on a un peu grandi).

 

En résumé : encore un bon cru, je suivrai avec plaisir les aventures de la jeune Tiphaine.

Va t’en guerre – Terry Pratchett (Discworld 21)

 

Résumé

Une île a surgi entre Ankh-Morpok et le royaume de Klatch. Mais à qui appartient ce nouveau territoire ? La tension monte entre les deux peuples qui veulent se l’approprier. Les tentatives de négociation échouent, l’ambassadeur du Klatch est assassiné à son arrivée chez ses voisins. La guerre sera-t-elle la seule solution ? Le commissaire Vimaire tremble sous cette menace inédite et fera tout pour empêcher le conflit. Mais la folie s’est emparée des citoyens et des dirigeants d’Ankh-Morpork : haine, violence, meurtres… La peur de l’inconnu ? Vimaire est bien seul dans la tourmente. Enfin… il a toujours son équipe du Guet…

 

Mon avis

Un petit Pratchett, ça fait toujours plaisir et j’affectionne particulièrement les romans qui mettent en scène le guet d’Ankh-Morpok.

 

Ici, on commence comme un roman traditionnel du guet : avec un meurtre. Ou plutôt une tentative d’assassinat sur un dignitaire Klatchien. L’affaire pourrait en rester là, s’il n’y avait l’île de Leshp, mystérieusement surgie entre Ankh-Morpok et le Klatch et que les deux nations se disputent.

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La science du Disque-Monde, T2 (Terry Pratchett et Jack Cohen)

Résumé

 

Vous le savez désormais, notre univers est le produit fortuit d’une expérience concoctée par les mages du Disque-monde.

Bizarre, ce « Globe-monde » : il obéit à des règles de causalité et la magie n’y a pas cours. Mais un jour apparaît un primate qui croit au pouvoir des histoires. L’éveil de son regard imprègne le monde de motivations, de désirs et d’aspirations. De narrativium.

Un terrain d’invasion rêvé pour les elfes du Disque-monde… 

 

 

 

 

Mon avis

 

On se cultive en s’amusant, avec ce deuxième tome de la science du Disque-Monde.

 

J’avais bien aimé le premier tome, consacré plutôt à la physique et la naissance de l’univers. Celui-ci aborde plutôt l’évolution humaine, la naissance des sciences, des arts, ou la place de la religion et des croyances.

 

Comme pour le premier tome, les chapitres se divisent entre les aventures des mages sur le Globe-Monde et des chapitres scientifiques.

Cette fois, les mages ont fort à faire, car ils se retrouvent face aux elfes, qui espèrent utiliser les peurs et les croyances de l’humanité. En tentant de contrer les elfes, les mages vont rencontrer de bien prestigieux inventeurs et artistes. Dont un très fameux auteur de théâtre anglais.

C’est comme toujours drôle et bien écrit, on s’amuse à suivre les aventures des mages et à retrouver Ridculle, Cogite, Rincevent et tous les autres.

 

Les chapitres scientifiques répondent aux péripéties des mages. Comme pour le tome 1, je les ai trouvés bien écrits et très accessibles. C’est de la bonne vulgarisation, qui permet de vraiment comprendre les tenants et les aboutissants d’une situation. Et qui va augmenter le nombre de livres que j’ai à lire pour me cultiver…

 

En résumé : une nouvelle fois, le cocktail gagnant entre réflexion et humour.