Une incursion dans le Paris des Merveilles

Qu’elle est belle, cette couverture !

Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux connaissent déjà la bonne nouvelle, pour les autres, j’ai l’immense bonheur de vous annoncer la parution d’une de mes nouvelles dans Contes et Récits du Paris des Merveilles.

L’ouvrage est paru chez Bragelonne, sous la direction de Pierre Pevel.

Vous pourrez donc retrouver une nouvelle inédite de Pierre Pevel, ainsi que quatre nouvelles de Benjamin Lupu, Sylvie Poulain, Bénédicte Vizier et moi-même.

Ma nouvelle s’intitule « L’Urne de Râ », elle raconte les aventures de Gabrielle, une jeune fille de bonne famille qui dérange un voleur lors d’une exposition au Louvre. Aidée de sa gouvernante, Mademoiselle Suzanne, une ancienne mage qui a tourné le dos à la magie, Gabrielle va mener l’enquête pour savoir ce que voulait ce mystérieux voleur.

Si vous voulez retrouver ce texte, ainsi que les autres nouvelles (qui sont vraiment chouettes !), rendez-vous en librairie ou sur Amazon, Fnac ou Google play !

Bonne lecture !

Catherine Loiseau

Relations entre personnages – La théorie « Kowal »

Aujourd’hui, nous allons parler écriture, et plus particulièrement relations entre les personnages.

J’aimerais vous faire découvrir une théorie découverte dans le podcast Writing Excuses.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Writing Excuses est un podcast en langue anglaise, animée par quatre auteurs : Brandon Sanderson, Howard Taylor, Dan Welles et Mary Robinette Kowal. Toutes les semaines depuis 14 ans maintenant (oui, je sais, une longévité impressionnante), ces quatre auteurs abordent en 15 minutes un sujet lié à l’écriture.

Dans un des épisodes, Mary Robinette Kowal a développé une théorie sur les relations entre les personnages.

Elle est issue de conseils que sa belle-mère a donné à son fils concernant sa vie sentimentale, et se résume de la manière qui suit : il existe 6 axes qui définissent la personnalité et au plus nos propres axes ressemblent à celui d’une autre personne, au mieux on va s’entendre.

Jusqu’ici, rien de révolutionnaire. La théorie est intéressante quand on l’applique en écriture. Plus on se ressemble et mieux on va s’entendre, mais l’inverse est vrai. On peut se rejoindre sur certains points et diverger sur d’autres. De ces différences vont justement naître les frictions et donc les conflits si chers à nos petits cœurs d’écrivains.

À noter que cette charte peut être appliquée pour de la romance, mais également pour les autres types de relations (amitié, rivalité, relations professionnelles…).

Voyons maintenant quels sont ces fameux six axes, les six « M », si l’on garde leur dénomination anglaise :

Mind / L’intelligence

Il s’agit d’avoir le même degré d’intelligence, mais aussi le même type.

Comme exemple, je citerai Mulder et Scully de la série X Files. Il est intuitif et ouvert au paranormal. Elle est scientifique et rationnelle. Beaucoup de conflits dans la série sont issus de la confrontation entre leurs deux manières d’aborder les choses.

Pour moi, l’intelligence regroupe aussi les centres d’intérêts : on s’entend toujours mieux avec des personnes qui écoutent la même musique, regardent les mêmes films et séries ou lisent les mêmes livres que nous.

Money / L’argent

Il n’est pas forcément question d’avoir la même quantité d’argent, mais d’avoir le même rapport à l’argent : quelle quantité on en veut, ce qu’on est prêt à faire pour en avoir, ce qu’on veut en faire…

Un exemple qui me vient en tête est celui de la série The Haunting of Hill House, où l’argent est une question centrale.

Sans spoiler, l’un des personnages a écrit un livre sur sa famille et a proposé de partager les dividendes avec ses frères et sœurs. Chacun a une réaction différente à ce sujet, entre ceux qui ont besoin de cet argent et ceux qui pourraient faire sans, mais aussi entre ceux qui sont prêts à l’accepter et ceux qui ne veulent pas en entendre parler. La famille est déjà dysfonctionnelle sans cela, mais cette question ajoute encore aux conflits déjà présents.

Morals / Les valeurs morales

Qu’est-ce qui est bien ?  Qu’est-ce qui est mal ? Qu’est-ce qu’on poursuit dans la vie ? Quel est le but de l’existence ?

Je pense que la fantasy fourmille d’exemples de personnages qui se rejoignent pour une même cause (la lutte contre le mal, souvent) ou s’opposent à ce sujet.

En littérature classique, on peut citer Les Misérables, avec Javert et Jean Valjean. Chacun de ses personnages a un code moral assez strict, qui entre en conflit avec celui de l’autre.

Manners / Les bonnes manières

Qu’est-ce qui est poli et qui ne l’est pas ? Comment se comporte-t-on en société ?

À noter que la moralité et les bonnes manières sont deux choses différentes. Le podcast cite comme exemple L’arme fatale : les deux protagonistes veulent la même chose (la poursuite de la vérité et le respect de la loi) mais s’opposent sur la manière de le faire.

Pour moi, cette opposition entre moralité et manière est l’un des ressorts des cops movies.

Monogamy / Monogamie

Il est question ici de savoir si les deux personnages attendent la même chose d’une relation.

Cela marche pour la romance : l’un des deux peut vouloir s’engager, l’autre non. Mais cela fonctionne aussi pour d’autres types de relations : une personne qui pense être très amie avec une autre, alors que la personne en question considère la première comme une simple connaissance.

C’est le moteur principal de la pièce Couple ouvert à deux battants, de Dario Fo. Un mari et une femme qui ne s’entendent plus décident de rester ensemble, mais dans une relation libre. Seulement, si la femme a l’habitude que son mari ait des maîtresses, le mari n’est en réalité pas prêt à voir son épouse batifoler.

Un autre exemple me vient à l’esprit, c’est Littlefinger dans A Song of Ice and Fire de GRR Martin, amoureux de Catelyn Stark, alors qu’elle ne l’a jamais vu que comme un ami (au mieux un petit frère). Et ceux qui ont lu les livres ou vu la série savent à quel point cet amour incompris a façonné la personnalité de Littlefinger.

Marx Brothers / L’humour

Est-ce que les deux personnes rient de la même chose ?

Comme exemple, je prendrai bien la série Castle. Beckett et Castle ne rient vraiment des mêmes choses, et les blagues de l’écrivain ont tendance à agacer la policière.

A l’inverse, dans La Mallorée de David Eddings, on sait que Silk et Liselle s’entendent (et se plaisent mutuellement) parce qu’ils ont le même humour acerbe et caustique.

En conclusion

J’ai franchement beaucoup aimé cet épisode de Writing Excuses et je trouve que l’outil proposé ici est synthétique et utile.

Que ce soit pour savoir ce qui va rapprocher deux personnages ou au contraire, sur quoi ils vont s’opposer, cette théorie donne de bonnes pistes de réflexions pour permettre de créer des relations crédibles et pleines de sens.

Accros du roc

Résumé

Suzanne est une jeune étudiante discrète. Si discrète qu’elle devient très souvent invisible.
Un beau jour, la Mort aux Rats vient la chercher : son grand-père, la Mort en personne, vient d’avoir une petite crise existentielle et a délaissé ses affaires courantes. Suzanne doit assurer l’intérim. Pendant ce temps-là, un jeune barde débarque en ville, accompagné d’une étrange guitare.
Le premier concert — illégal — est un feu d’artifice : le premier Groupe de rocs du Disque-Monde vient de se créer et fait un sacré remue-ménage à Ankh-Morpork ! Mais cette guitare met le barde en danger de mort, et Suzanne devra intervenir… Roc and troll, quand tu nous tiens !

Mon avis

Oui, je sais, encore un Terry Pratchett. Mais que voulez-vous, j’aime tellement les romans du Disque-Monde qu’il faut que je les relise régulièrement.

C’est au tour d’Accros du roc, qui met pour la première fois en scène Suzanne, petite fille de la Mort.

J’aime beaucoup ce personnage, jeune fille élevée dans l’amour de la logique et des études et qui découvre sa filiation pour le moins… encombrante. Suzanne est forte, mais en même temps touchante, j’aime beaucoup la relation qu’elle a avec la Mort (« tu as les genoux cagneux ! »).

Ce dernier (on ne reviendra pas dessus ^^) aussi a énormément évolué depuis ses premières apparitions. Il apparaît ici presque humain, tiraillé entre le devoir et la volonté de faire évoluer les choses.

Sa crise de conscience en tout cas met Suzanne dans la panade, et offre au lecteur des moments à la fois savoureux et riches en émotion.

 Parallèlement, se continue l’exploration des Arts. Après le cinéma dans les Zinzins d’Olive Oued, Pratchett s’attaque ici à la musique, et plus particulièrement au rock, grâce à un barde qui tombe sous l’emprise d’une guitare enchantée.

À partir de là, le Disque-monde découvre le rock, et tout le monde est touché par le sortilège. Notamment les mages. J’avoue que les passages avec le Doyen et sa bande sont parmi les plus réussis du livre. C’est tellement bien vu dans les réactions (comme souvent chez Pratchett).

Il y a aussi beaucoup de clins d’œil, que ce soit avec les titres des chansons, les noms des groupes et des personnages. J’en ai repéré pas mal, mais je pense ne pas tout avoir.

À ce titre, la couverture de Simonetti est vraiment réussie.

Le tome met un petit moment à démarrer, le temps que les lignes narratives convergent, mais le final est vraiment très bon. Carrément explosif !

Le vieil homme et la guerre – John Scalzi

Résumé

J’ai fait deux choses le jour de mes soixante-quinze ans : je suis allé sur la tombe de ma femme. Puis je me suis engagé.

À soixante-quinze ans, l’âge requis, John Perry n’est pas le seul à intégrer les Forces de défense coloniale, billet pour les étoiles, mais sans retour. Rien ne le retient plus sur Terre. Combien d’années peut-il espérer vivre ? S’engager, c’est protéger l’expansion de l’humanité dans la Galaxie, retrouver une seconde jeunesse et, à l’issue du service, obtenir le statut de colon sur une planète nouvelle. Mais qu’advient-il réellement de ces recrues ?

Mon avis

Sur les conseils de Roxanne Tardel, je me suis laissée tenter par ce roman de SF militariste.

Comme elle, je ne suis pas une très grande lectrice de SF et j’ai un peu de mal avec les univers trop militaires. Mais j’avoue que le concept m’a séduite et cette lecture m’a bien plu.

J’ai bien aimé les personnages et je me suis attachée à eux. Ils font vrai, et c’est l’une des grandes forces du roman. Ce sont des gens normaux (dans une enveloppe génétiquement modifiée et ultra performante, il est vrai, mais des gens normaux quand même). Ils ont eu une vie bien remplie, des déceptions, des joies et ils s’engagent dans l’armée et vont être confrontés à l’horreur des combats.

Leurs réactions sont vraiment bien vues, il y a de la peur, de l’incompréhension, mais aussi de la joie et pas mal d’humour. John Perry se fait assez rapidement un groupe d’amis, qui se surnomme les « vieux cons » et ils sont vraiment attachants.

J’ai aussi apprécié l’univers décrit par Scalzi. Dans ce futur lointain, les humains ont colonisé d’autres planètes, mais se heurtent à d’autres races pour qui l’humanité est un rival à éliminer, un ennemi à massacrer, ou un délicieux snack qu’il faut boulotter.

John et ses compagnons se trouvent donc balancés dans des enveloppes ultra améliorées et sont chargés de protéger au mieux les colons.

L’univers décrit est assez sombre et désespérés. Les forces coloniales résonnent en termes de nombre (que ce soit pour les morts chez les colons que pour les pertes chez les soldats) et leur organisation louche quand même vers la dictature. Les humains sont en lutte perpétuelle avec les autres races, sans grand espoir de l’emporter, et les morts que risquent les soldats sont assez horribles.

Malgré tout, il y a beaucoup d’humour dans la narration, de l’humour noir, certes, mais quand même. J’avoue avoir bien rigolé avec les Amicerveaux, des ordinateurs implantés directement dans le cerveau des soldats et qui héritent de doux noms comme Fumier, Sale garce ou Satan. Je crois que j’aurais appelé le mieux Connard ou Saloperie ^^.

Si je faisais un reproche à ce livre, c’est au niveau du rythme : le début est assez long, le temps de mettre tous les éléments en place, et inversement, la fin m’a semblé un peu expédiée.

L’auteur utilise aussi beaucoup les coïncidences. Une fois je veux bien, mais plusieurs fois de suite c’est un peu gros.

Malgré ces bémols, l’histoire et les personnages m’ont plu et je pense m’attaquer au tome 2 très bientôt.

Aux médiévales de Saint-Omer

Retrouvez moi ce week-end à Saint-Omer pour la fête médiévale !

Je serai présente les deux jours, en compagnie de Rachel Fleurotte !

Nous nous ferons un plaisir de dédicacer Kerys et la Ligue des ténèbres pour moi, La 7ème prophétie et les Uchroniques Comtoises pour Rachel.

En espérant vous voir nombreux !

Infos pratiques :
Salle Vauban
Allée des Glacis, Saint Omer
Samedi : 11h – 23h
Dimanche : 10h – 18h