Critiques

Chambre Nymphale, Maude Elyther

Résumé

Otto se réveille chez son meilleur ami, Ethan, partiellement amnésique suite à un drame qui l’a envoyé séjourner dans un hôpital psychiatrique. Otto cherche à se souvenir et le craint en même temps et les questions s’accumulent. Pourquoi Ethan est-il si évasif ? Pourquoi Otto a-t-il parfois l’impression qu’une voix intérieure lui parle ? Qui est réellement Stéphane, cet écrivain ami d’Ethan, qui semble s’intéresser particulièrement à lui ?

Entre rêves et réalité, entre cauchemars et quête de soi, Otto erre et se débat.

 

Mon avis

 

Cela faisait un moment que ce roman me faisait de l’œil et j’ai profité d’un salon pour sauter le pas et l’acheter.

 

J’avoue que j’ai eu du mal au départ à rentrer dans l’histoire : tout est écrit du point de vue d’Otto, qui sort tout juste d’hôpital psychiatrique et la narration est très fragmentée et très irréelle. On alterne entre des visions cauchemardesques et des dialogues entre Otto et Ethan.

 

Et puis, petit à petit, l’histoire s’est clarifiée et je me suis piquée au jeu : qui est vraiment Otto ? Que lui est-il arrivé ? Pourquoi son ami Ethan, qui a l’air de vouloir son bien, se dérobe-t-il ainsi ? Quelle est cette voix intérieure, qu’Otto nomme son bourreau, et qui semble vouloir le pousser à céder à de noirs instincts ?

J’ai aussi été séduite par la plume onirique de Maude Elyther, c’est beau et horrible en même temps, Otto a du mal à savoir ce qui est vrai ou pas, et son trouble se communique au lecteur. Certaines visions sont très étranges, on se demande si c’est vraiment arrivé ou pas.

 

Au fil des pages et au travers des visions, on plonge dans le passé d’Otto et se révèle son passé, en parallèle de sa relation avec Stéphane. L’écrivain est très mystérieux et au moins aussi tourmenté qu’Otto.

Et pourtant, ensemble ils arrivent à construire quelque chose et avec Stéphane à ses côtés, Otto progresse vers la vérité.

 

La fin est assez belle et poétique, elle révèle la vérité au sujet d’Otto et une partie du passé de Stéphane (même si j’aurais aimé en savoir plus à son sujet) et elle est porteuse de beaucoup d’espoir.

Red Flag (Feed T3) – Mira Grant

Résumé

2041, Amérique post-zombie. La cabale secrète qui détient le pouvoir dans l’ombre se porte bien. On ne peut pas en dire autant des blogueurs qui ont ose révéler la vérité a la population. À peine sortis des griffes de leurs ennemis, Shaun Mason et son équipe sont de nouveau sur le sentier de la guerre. Le temps leur est compté, et les obstacles s’avèrent nombreux : une meute de savants fous, une administration politique corrompue et même un ours zombie. Une chose est sûre, dans l’Amérique d’après le Jour des Morts : la situation peut toujours empirer.

Mon avis

J’avoue que je suis bien embêtée pour rédiger la critique de cet opus, qui conclut la trilogie Feed. Embêtée parce que j’avais beaucoup aimé le tome 1, Feed, j’avais bien accroché au tome 2, Deadline, mais je suis un peu plus mitigée sur ce tome 3.

Embêtée aussi parce que pour vous expliquer pourquoi je suis partagée, je vais devoir spoiler à mort (les deux premiers tomes, mais aussi le 3ème de la série).

Donc, vous êtes prévenus.

Read more…

Les Brigades fantômes – John Scalzi

Résumé

Lors d’une intervention, Jane Sagan, membre des brigades fantômes, apprend qu’un humain, Charles Boutin, a trahi les siens, feint sa mort, et a vendu des secrets sur les technologies des forces coloniales aux aliens.

Afin de savoir ce qui a pu pousser cet homme à trahir, et surtout ce qu’il a pu révéler, sa conscience est implantée dans le corps d’un des nouveau-nés des brigades fantômes. Jared Dirac voit ainsi le jour, ignorant tout du dessein que les autorités ont pour lui.

Restera-t-il fidèle à la race humaine ou, à l’instar de son modèle, trahira-t-il ?

 

Mon avis

J’avais bien aimé le premier tome de cette série, Le vieil homme et la guerre, je rempile donc pour la suite.

 

Changement de programme, car on quitte la narration à la première personne, pour passer sur une narration à la troisième personne qui alterne entre les points de vue.

Ça m’a fait un peu drôle, mais j’ai trouvé que ce mode de narration est adapté pour ce tome.

 

L’histoire se partage donc principalement entre Jane Sagan, rencontrée dans le tome 1, qui supervise le projet Boutin, et Jared Dirac, qui abrite la conscience de Boutin et sert de cobaye aux militaires pour tenter de comprendre ce qui a bien pu se passer.

 

Comme pour le tome 1, j’ai trouvé que l’histoire mettait un peu de temps à démarrer. Il y a pas mal de mise en place, des éléments qui m’ont paru peut-être un peu superflus, l’histoire fait des circonvolutions et je me suis parfois demandé où l’auteur nous emmenait.

C’est quand même plaisant à lire, car ce second tome approfondit énormément l’univers. On voit vraiment le fonctionnement des brigades fantômes de l’intérieur, avec leur utilisation toute particulière des Amicerveaux. On en apprend plus sur la géopolitique de l’univers, sur les relations avec les autres races et la position de l’humanité dans la guerre qui fait rage.

 

L’humour noir et grinçant reste présent dans ce tome, bien qu’un peu moins que dans le premier.

 

Là où je l’ai trouvé très percutant, c’est au niveau des implications philosophiques. On parle de transhumanisme, à travers l’exemple des brigades fantômes. Sont-ils encore humains, sachant qu’ils sont nés avec un amicerveau et qu’ils sont génétiquement modifiés ? Certains ont des corps qui ne ressemblent même plus à des corps d’humains et pourtant, ils se revendiquent toujours comme appartenant à la race humaine. Comment définir cette dernière ?

On parle aussi beaucoup de l’héritage, de l’inné et de l’acquis, et surtout de la notion de choix.

Celle-ci, mise en relation avec les notions d’esclavage, est une question centrale. Les soldats des brigades fantômes sont créés pour défendre l’humanité. On ne leur laisse pas le choix d’aller combattre. Sont-ils des esclaves ? Dans quelle mesure ont-ils une personnalité ? Un véritable libre arbitre ?

J’ai vraiment aimé tout le questionnement induit dans ce roman, d’autant plus que John Scalzi soulève les questions, mais donne la parole ensuite à différents personnages, avec chacun un point de vue sur la question. C’est riche et ça fait réfléchir.

 

Je pense donc que le tome 3 va rapidement rejoindre ma PAL.

 

Élixirs de nouvelles steampunk – Delphine Schmitz

Résumé

Dans ce monde de vapeur et de rouages où science et magie se côtoient, vous rencontrerez des inventeurs plus loufoques les uns que les autres, parfois charmants, d’autres fois terrifiants. Vous découvrirez un appareil photographique qui n’en fait qu’à sa tête, un sous-marin en quête de créatures fabuleuses, un musée de cire où les statues prennent vie, le premier ordinateur de l’Histoire, et bien d’autres choses encore.

Au fur et à mesure de votre lecture, d’étranges liens entre les textes éveilleront votre intérêt. Vous ne pourrez vous empêcher de remarquer la présence fugace mais récurrente de mystérieux matériaux aux étonnants pouvoirs. Et si la dernière nouvelle vous livrait leur secret ?

Mon avis

J’ai rencontré Delphine Schmitz au cours d’une soirée Steampunk à laquelle nous participions toutes les deux à la bibliothèque des Riches Claires à Bruxelles. Elle avait présenté son recueil de nouvelles, qui m’avait mis la puce à l’oreille. Il a rejoint ma PAL quelques mois plus tard, et voici la chronique !

Ce recueil est, comme son titre l’indique, consacré au steampunk et il s’agit d’une sorte d’étude du genre. On garde le côté XIXe, mais les nouvelles sont de tonalités différentes : savant fou inoffensif ou au contraire sinistre, aventures en sous-marin, enquête avec une spirite, terrifiant tueur en série, il y en a pour tous les goûts.

Cette expérimentation est plaisante, il y a des nouvelles auxquelles j’ai plus accroché que d’autres : L’automate de maître Sigismond, Taxidermie et Télétempus. Petit coup de cœur pour la nouvelle Seuls le diable et moi (« Ptéranodon » et non « chauve-souris » !).

Élixirs de nouvelles steampunk pour n’être que ça : un simple recueil qui expérimente avec le steampunk. Mais, de nouvelle en nouvelle, des objets reviennent et on retrouve des personnages. La dernière nouvelle donne la clé pour comprendre le recueil et le pourquoi de certains événements.

C’est une très bonne idée, qui donne vraiment une cohérence à l’ensemble.

En conclusion : un recueil sympathique et bien ficelé, pour ceux qui auraient envie de découvrir les différentes facettes du steampunk.

Accros du roc

Résumé

Suzanne est une jeune étudiante discrète. Si discrète qu’elle devient très souvent invisible.
Un beau jour, la Mort aux Rats vient la chercher : son grand-père, la Mort en personne, vient d’avoir une petite crise existentielle et a délaissé ses affaires courantes. Suzanne doit assurer l’intérim. Pendant ce temps-là, un jeune barde débarque en ville, accompagné d’une étrange guitare.
Le premier concert — illégal — est un feu d’artifice : le premier Groupe de rocs du Disque-Monde vient de se créer et fait un sacré remue-ménage à Ankh-Morpork ! Mais cette guitare met le barde en danger de mort, et Suzanne devra intervenir… Roc and troll, quand tu nous tiens !

Mon avis

Oui, je sais, encore un Terry Pratchett. Mais que voulez-vous, j’aime tellement les romans du Disque-Monde qu’il faut que je les relise régulièrement.

C’est au tour d’Accros du roc, qui met pour la première fois en scène Suzanne, petite fille de la Mort.

J’aime beaucoup ce personnage, jeune fille élevée dans l’amour de la logique et des études et qui découvre sa filiation pour le moins… encombrante. Suzanne est forte, mais en même temps touchante, j’aime beaucoup la relation qu’elle a avec la Mort (« tu as les genoux cagneux ! »).

Ce dernier (on ne reviendra pas dessus ^^) aussi a énormément évolué depuis ses premières apparitions. Il apparaît ici presque humain, tiraillé entre le devoir et la volonté de faire évoluer les choses.

Sa crise de conscience en tout cas met Suzanne dans la panade, et offre au lecteur des moments à la fois savoureux et riches en émotion.

 Parallèlement, se continue l’exploration des Arts. Après le cinéma dans les Zinzins d’Olive Oued, Pratchett s’attaque ici à la musique, et plus particulièrement au rock, grâce à un barde qui tombe sous l’emprise d’une guitare enchantée.

À partir de là, le Disque-monde découvre le rock, et tout le monde est touché par le sortilège. Notamment les mages. J’avoue que les passages avec le Doyen et sa bande sont parmi les plus réussis du livre. C’est tellement bien vu dans les réactions (comme souvent chez Pratchett).

Il y a aussi beaucoup de clins d’œil, que ce soit avec les titres des chansons, les noms des groupes et des personnages. J’en ai repéré pas mal, mais je pense ne pas tout avoir.

À ce titre, la couverture de Simonetti est vraiment réussie.

Le tome met un petit moment à démarrer, le temps que les lignes narratives convergent, mais le final est vraiment très bon. Carrément explosif !