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Pour Noël, voyez petit

Pour Noël, voyez petit, non pas en terme de cadeaux, mais en terme de boutiques.

 

On ne va pas se mentir, le confinement fait du mal à l’économie et les plus touchés sont les petits commerçants, les artisans et les artistes.

Pour les soutenir, voici une liste d’endroits où vous pouvez faire vos cadeaux de Noël, et offrir ainsi des cadeaux personnalisés, tout en aidant un indépendant !

 

 

Livres

 

Bon, je vais commencer par prêcher pour ma propre paroisse :

 

La Ligue des ténèbres et Kerys sont disponibles chez Hydralune

 

Aiden Jones chez Au Loup éditions

 

 

N’hésitez pas d’ailleurs à parcourir le catalogue de ces deux maisons. Hydralune se spécialise dans des romans à la croisée des genres, mêlant diverses influences. Au Loup éditions est une maison jeunesse très dynamique, qui propose des romans frais et inventifs.

 

N’hésitez pas non plus à soutenir Oneiroi, une petite maison d’édition spécialisée dans le steampunk. J’ai eu le bonheur de collaborer à leur anthologie Mécanique et lutte des classes et je ne peux que vous la recommander.

 

 

 

Vous pouvez aussi piocher dans le catalogue de Noir d’Absinthe, qui offre des titres plus sombres et adultes (j’ai adoré Éternelle Odyssée de AF Lune).

 

Les titres du Chat Noir me font de l’œil depuis un moment, je pense craquer sur leur édition du Tour d’écrou.

 

 

Si vous aimez le fantastique, allez voir les Editions luciférines. Leur anthologie Démon Japonais est de toute beauté et je ne doute pas celle sur la Belle Epoque (où je participe !) sera à la hauteur également.

 

 

Allez aussi voir chez le Héron d’argent (livres illustrés) chez Sema Editions (une petite maison belge très dynamique et investie), chez les éditions du 38 (faut que je prenne Arpenteurs) ou encore Nats Editions.

 

Le magazine Etherval propose des numéros thématiques, avec à chaque fois des nouvelles illustrées. Un joli cadeau à faire pour les amateurs de lecture et de beaux livres. Leur dernier numéro, Fabula, est accessible à partir de 12 ans. 

 

 

Dans les auteurs indépendants, vous pouvez aller voir Fred Marty, Rozenn Illiano, Rose P Katell, Benjamin Lupu (Mon compère du Paris des merveilles ^^) ou Gwenifaere !

 

Et n’oubliez pas que vous pouvez faire d’une pierre deux coup et commander chez votre libraire préféré, s’il a mis en place le click and collect (pas mal le font 😊 )

 

Décoration

 

Si vous cherchez de la décoration ou de jolis objets à offrir, allez voir la boutique de l’Alchimiste, souffleuse de verre. Julie Lefebvre est souffleuse de verre et vous propose des pièces uniques de toute beauté.

 

Pour de jolies bougies, Le cabinet de cire est fait pour vous.

 

Chez Bestaires et curiosités vous trouverez de la vaisselle pareille à nulle autre

 

 

Envie d’une belle impression : Juliette Amadis propose de superbes illustrations pour décorer votre intérieur.

 

 

Et si vous aimez les ambiances asiatiques et les traits raffinés, alors Mademoiselle Sue est faite pour vous !

Vous pouvez aussi offrir une gravure personnalisée de chez Mathieu Prost.

 

Si vous êtes plus photo, allez voir les travaux de Cindy Jeannon.

 

 

Bijoux

 

J’adore ce que fait Lady Cataclysm. Chaque fois que je la croise en salon, je bave devant  ses créations (mon mari ne s’y est pas trompé et m’a offert une parure pour la Saint Valentin). Allez donc jeter un coup d’œil à ses créations

 

J’aime aussi ce que fait Mandzou, c’est très joli et original

 

Je dévalise toujours le stand de Terra Nostra quand je les vois en festival ou en salon. J’aime vraiment leur gamme !

 

Vêtements

 

Octopoos Factory propose des vêtements steampunk/hippie de toute beauté et qui durent longtemps ! (j’ai un de leur short acheté il y a presque 10 ans maintenant !)

 

 

Queen Marguerite joue la carte du recyclage et offre une gamme de vêtements respectueux de l’écologie.

 

Boissons

 

Pour les amoureux du thé, la maison Pumplewick propose un large assortiment de délicieux thés, et le packaging devrait plaire aux plus geek ^^

 

Si vous cherchez quelque chose d’un peu plus corsés, allez voir la maison Awen. Leurs absinthes sont délicieuses, leurs gins sont divins et leurs rhums sont à tomber.

 

 

Si vous avez l’âme d’un chevalier

 

Il vous faut alors une épée, du genre que celle que Thibaud Pascual fait (on en a une avec mon mari et c’est une merveille !). 

 

 

Il vous faut aussi une armure, comme celles de Rechignac (c’est une de mes grands rêves : avoir une armure !)

 

 

Voilà, j’espère que cette petite sélection (non exhaustive bien sûr) vous aura  plus. N’hésitez pas à partager vos propres bonnes adresses ! 

Escrime pour les écrivains – Décrire une combattante

Vous aimez les filles fortes et sexy à la fois ? Vous avez envie de créer votre personnage de guerrière ? En suivant ce guide, vous avez toutes les chances de construire un personnage réaliste, charismatique, réaliste et original !

 

 

 

Les armures, c’est bon pour les faibles

 

C’est vrai ça ! À quoi bon se planquer derrière des plaques d’acier ? Non, le charisme (et les nibards) pour une guerrière, ça suffit. Alors oubliez gambisons, brigandines, camails et plastrons et optez plutôt pour un bikini en cotte de mailles ! De toute manière, subjugués par la beauté de votre amazone, les ennemis oublieront de la frapper ou viseront à côté.

Franchement, de toute façon, les armures, c’est naze, comme j’en ai parlé dans cet article.

Ça ne servait à rien, ce n’était pas joli, bref, d’une inutilité totale. Et puis, ce n’est pas du tout féminin, comme le montre ce blog

 

Suivez plutôt l’exemple de cette vidéo

 

 

Pas besoin d’entraînement

 

Transpirer, répéter inlassablement les mêmes mouvements, enchaîner les séances d’entraînement, c’est inutile. Optez plutôt pour le vieux mentor, qui en quelques sessions transformera votre princesse en guerrière accomplie, capable d’affronter toutes les batailles. Qui a dit que ça prenait des années pour devenir bonne au combat ?

Elle est l’élue. Pas besoin de s’entraîner

D’ailleurs, c’est la même chose si votre héros est un jeune fermier : il sera instantanément expert.

J’en parlais ici, d’ailleurs

 

 

Les muscles, ça ne sert à rien

 

Sérieusement, qui a envie de lire les aventures d’une fille avec des bras de camionneurs, de bonnes cuisses athlétiques et les muscles du dos et des abdominaux dessinés par des années de pratique ? Non, pas besoin de tout ça. Votre guerrière peut tout à fait être frêle comme un roseau, peser 45 kg toute mouillée, et manier une épée plus grande qu’elle comme s’il s’agissait d’un fleuret. C’est tout à fait crédible.

Elle est belle, sexy, de haute naissance, elle n’a pas besoin de force physique ni d’endurance. Elle peut mettre au tapis des adversaires faisant trois fois sa taille sans être décoiffée.

Bon, ok, chez Clamp, même les garçons sont épais comme des spaghettis ^^

 

Qui aurait envie de voir des personnages comme ça. Tout le monde sait que les muscles, c’est moche.

 

 

Rester sexy en toute circonstances

 

Les filles normales connaissent les bleus, les bosses, les éraflures, les côtes fêlées, les doigts cassés, les plaies et les blessures. Les filles normales se salissent, se fatiguent, finissent leur combat rouge écarlate, le souffle court, totalement échevelée et puant la sueur. Mais pas votre guerrière, non. Elle est au-dessus de tout cela. Des jours à marcher dans la nature ne lui font pas peur, elle reste toujours fraîche. Et même après une bataille rangée épique, même sans armure, elle ressortira immaculée de la mêlée.

Prenez exemple sur Buffy. Même transformée en cro-magnon, elle reste sexy

 

Parce qu’après tout, elle est la meilleure et elle n’est pas une fille normale.

 

 

Vous avez bien compris la leçon, alors, à vos claviers et stylos maintenant !

 

Note : Article à ne surtout pas prendre au sérieux, que j’ai écrit parce que je pratique les arts martiaux, et notamment l’épée, depuis environ 12 ans, et que le traitement des personnages de combattantes m’agace très souvent. Les gamines qui en trois leçons savent manier à la perfection une épée, se lancent dans une bataille et en ressortent à peine décoiffées, ça a tendance à m’énerver.

Alors ok, je sais qu’il faut que le produit soit vendable un minimum, qu’il faut que le personnage ait un minimum de glamour pour faire rêver. Mais je maintiens qu’une dose de réalisme dans ce cliché ne ferait pas de mal. Et pour ceux qui ne sont pas d’accord et qui militent pour le bikini en cotte de mailles, moi et mes copines escrimeuses serons ravis de les rencontrer pour en discuter amicalement. Et avec une hache.

 

Procrastination

Aujourd’hui, on va parler d’écriture, et surtout de ressources pour les écrivains.

 

Ceux qui me suivent depuis un moment déjà savent que j’aime bien étudier les techniques d’écriture et me documenter (j’ai quelques articles et des fiches de lecture sur cette page).

 

 

Depuis des années, j’écoute régulièrement le podcast Writing Excuses, animé par Brandon Sanderson, Howard Tayler, Dan Welles et Mary Robinette Kowal (j’en parle ici).

 

 

Le principe de Writing Excuses est simple : « 15 minutes long because you’re in a hurry and we’re not that smart ».

En gros, 15 minutes pour discuter d’un sujet lié à l’écriture, qu’il s’agisse de la création d’un personnage, de comment créer du suspense, ou tout simplement de comment surmonter un blocage.

 

Le podcast est en langue anglaise, ce qui peut rebuter ceux qui n’auraient pas un niveau d’anglais suffisant pour comprendre, je le reconnais. C’est là qu’intervient Procrastination.

 

Procrastination est la version française de Writing Excuses, animé par Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort. « 15 minutes parce que vous avez autre chose à faire et qu’on n’a pas la science infuse ».

Voilà tout est dit.

 

On reprend donc le principe de Writing excuses : 15 minutes sur un thème donné. Et c’est chouette.

 

C’est chouette, parce que comme l’original, Procrastination ne vous donnera pas des réponses toutes faites, mais vous forcera à vous interroger sur votre rapport à l’écriture et sur la manière dont vous voyez les choses.

 

C’est chouette parce que les auteurs ont tous des approches différentes, notamment au niveau du plan d’un roman (architecte et jardinier, je pense que j’y consacrerai un prochain article). Les points de vue se confrontent, on discute même si on n’est pas d’accord, c’est constructif et passionnant, le tout dans une ambiance conviviale et apaisée.

 

Très franchement, certains épisodes m’ont vraiment fait cogiter, d’autres (celui sur les descriptions notamment) m’ont fait mettre des mots clairs sur quelque chose que je pressentais. J’aime bien, parce que ça me force à sortir de ma zone de confort et à envisager d’autres pistes pour des romans et nouvelles que celles que j’avais en tête.

 

Le podcast compte pour l’instant 3 saisons, qui abordent des thèmes variés allant de la place du rêve dans la création au choix du titre, en passant par la rémunération des auteurs dans le monde de l’édition. Apparemment, une quatrième saison serait en préparation (chouette !)

 

Bref, je pense que si vous voulez évoluer dans votre écriture, écouter ce genre d’émission est un must.

 

 

Et maintenant, fini de procrastiner, allez écrire !

 

 

 

Vous pouvez retrouver le podcast sur le site de Lionel Davoust

La saison 1 est également sur Youtube

Architectes et jardiniers

Je vois souvent passer sur les réseaux sociaux des débats entre architecte et jardinier au niveau de l’écriture.

 

Pour information, les termes ont été définis par George Martin, auteur du Trône de fer, pour définir deux types d’écrivains.

 

“I think there are two types of writers, the architects and the gardeners. The architects plan everything ahead of time, like an architect building a house. They know how many rooms are going to be in the house, what kind of roof they’re going to have, where the wires are going to run, what kind of plumbing there’s going to be. They have the whole thing designed and blueprinted out before they even nail the first board up. The gardeners dig a hole, drop in a seed and water it. They kind of know what seed it is, they know if planted a fantasy seed or mystery seed or whatever. But as the plant comes up and they water it, they don’t know how many branches it’s going to have, they find out as it grows.”

 

Voici une traduction de la citation par votre serviteur :

 

« Je pense qu’il y a deux catégories d’écrivains, les architectes et les jardiniers. Les architectes préparent tout à l’avance, comme un architecte construit une maison. Ils savent combien de pièces aura la maison, quel type de toit elle aura, où se trouverons les câbles et quel type de plomberie elle aura. Ils ont conçu et ont les plans de tout avant même de planter le premier clou. Les jardiniers creusent un trou, plantent une graine et l‘arrose. Ils savent quel type de graine ils ont planté, si c’est une graine de fantasy, d’enquête policière ou autre. Mais quand la plante sort et qu’ils l’arrosent, ils ne savent pas combien de branches elle aura, ils le découvrent au fur et à mesure qu’elle grandit ».

 

En gros, l’architecte est celui qui va créer les plans de sa maison avant de la construire. Le jardinier, lui, plante une graine et voit ce qui va sortir.

A noter qu’architecte et jardiniers sont parfois appelés « plotter » et « plantser » sur les sites anglo-saxons.

 

 

J’entends souvent que tel archétype est supérieur à l’autre, parce que plus efficace ou plus intuitif. On va d’abord poser quelque chose qui me semble important de rappeler : ce n’est pas mieux d’être architecte ou jardinier, c’est différent.

 

Je suis architecte, j’ai besoin de construire mon plan à l’avance pour savoir où je vais, sinon je bloque, je procrastine et je finis par laisser tomber. A l’inverse, je connais pas mal de jardiniers qui ont l’impression d’être enfermés par des plans et qui ont arrêté d’en écrire parce que de toute manière, ils ne les respectent pas.

Vous êtes architecte ou jardinier, aucun des deux n’est supérieur à l’autre, c’est juste une manière différente d’aborder l’écriture.

 

 

Chaque méthode a pour moi ses avantages et ses inconvénients

 

Architecte :

 

Les avantages

—  On sait souvent de manière assez précise où on va en terme de longueur.

—  Faire des fiches, c’est plus pratique pour travailler et éviter de perdre des détails.

—  On peut faire relire sa trame en amont à des bêta lecteurs pour éviter les gros plantages.

—  C’est plus simple pour vendre un projet à un éditeur (qui demande souvent d’avoir les trames préparatoire des romans suivants quand on part sur une série. L’éditrice de Au Loup m’a avoué que pour Aiden Jones, le fait que j’ai déjà la trame pour les deux tomes suivants a joué dans la signature du contrat).

 

Les inconvénients

—  Il est facile de se perdre dans sa trame. On procrastine en raffinant une trame qui est déjà très complète, au lieu de l’écrire.

—  Si l’on suit sa trame sans écouter son histoire, et qu’on refuse de dévier, on peut très facilement aller dans le mur. On peut aussi vite paniquer quand on sort de la trame et qu’on se rend compte que ce qu’on avait prévu ne fonctionne pas.

 

 

Jardinier :

 

Les avantages

—  L’histoire est très souvent organique : elle a « poussé » de manière naturelle, les personnages ont une bonne cohérence.

—  Si les jardiniers se prennent tout autant la tête que les architectes sur les textes, ils ont souvent un rapport plus spontané avec l’écriture et leurs histoires. On écrit, on se laisse porter, et il y a souvent de jolies surprises.

 

Les inconvénients

—  On peut parfois se perdre dans son histoire et se retrouver face à un mur, sans savoir comment on est arrivé là et comment on s’en sort.

—  La mémoire humaine est faillible, on oublie souvent des détails de l’histoire (noms de personnages, apparence physique…).

—  On a beau savoir ce qu’on veut faire avec son histoire, les éditeurs veulent du concret et souvent un plan.

 

 

De plus, on n’est jamais totalement jardinier ou totalement architecte. Pour moi, on a une dominante, mais on n’est pas 100 % l’un ou 100 % l’autre.

 

Je reprends comme exemple mon humble personne (la tête, ça va. Par contre, les chevilles sont un peu à l’étroit dans mes Dr Martens).

Je suis architecte pour le plan général de l’histoire, mais j’ai remarqué que je suis totalement jardinière sur des éléments précis. Par exemple, je sais que les personnages doivent aller d’un point A à un point B, mais je ne sais pas comment, ou ce qui va leur arriver. Je ne sais pas exactement à quoi ressemblent les lieux avant de les écrire, et je découvre souvent des tics et des manies des personnages.

 

Rachel Fleurotte qui est plutôt jardinière dans l’âme, fait quand même une tonne de recherches avant tout roman, notamment sur sa dernière série, Les mystères de Joux, parce que c’est une uchronie et qu’il faut être parfaitement au point sur les détails historiques.

 

Une amie autrice, Hermine Lefebvre m’a récemment parlé d’une catégorie d’auteurs qui se définissent comme paysagistes ou randonneurs.

En gros, cette troisième voie se situe entre les deux. Un paysagiste va être plutôt un jardinier, qui décide de “treiller” un peu son oeuvre en amont (avec une trame générale, ou des fiches de personnage par exemple) ou bien un architecte qui décide de partir un peu à l’aventure sur un pan de son oeuvre.

De plus en plus, je me reconnais dans cette voie et je croise des gens sur les réseaux sociaux à qui ça parle.

D’ailleurs, je trouve que cette charte résume assez bien la diversité des profils

Et vous, où vous situez vous? Moi j’étais très lawful plotter il y a quelques années, je suis plus neutral plotter maintenant, avec quelques touches de lawful plantser ^^

 

 

 

Je suis actuellement en train d’écrire un roman en mode total jardinier : sur un carnet, on y va comme ça vient, un peu à l’arrache. Je ne sais pas où ça va me mener et si même ça va donner quelque chose d’exploitable, mais je teste.

 

Pour résumer, il n’y pas de méthode supérieure à l’autre, chacune se valent et vont mieux correspondre à un type de personne. Je pense néanmoins que rien n’est vraiment figé, qu’on évolue au fil de sa carrière et qu’il ne faut pas se cantonner à ce qu’on pense être. Changer de méthode pour un roman, une nouvelle, ou tout simplement pour écrire une scène, ça peut permettre de débloquer un passage. C’est aussi une manière de ne pas rester dans sa zone de confort et d’évoluer.

 

Relations entre personnages – La théorie « Kowal »

Aujourd’hui, nous allons parler écriture, et plus particulièrement relations entre les personnages.

J’aimerais vous faire découvrir une théorie découverte dans le podcast Writing Excuses.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Writing Excuses est un podcast en langue anglaise, animée par quatre auteurs : Brandon Sanderson, Howard Taylor, Dan Welles et Mary Robinette Kowal. Toutes les semaines depuis 14 ans maintenant (oui, je sais, une longévité impressionnante), ces quatre auteurs abordent en 15 minutes un sujet lié à l’écriture.

Dans un des épisodes, Mary Robinette Kowal a développé une théorie sur les relations entre les personnages.

Elle est issue de conseils que sa belle-mère a donné à son fils concernant sa vie sentimentale, et se résume de la manière qui suit : il existe 6 axes qui définissent la personnalité et au plus nos propres axes ressemblent à celui d’une autre personne, au mieux on va s’entendre.

Jusqu’ici, rien de révolutionnaire. La théorie est intéressante quand on l’applique en écriture. Plus on se ressemble et mieux on va s’entendre, mais l’inverse est vrai. On peut se rejoindre sur certains points et diverger sur d’autres. De ces différences vont justement naître les frictions et donc les conflits si chers à nos petits cœurs d’écrivains.

À noter que cette charte peut être appliquée pour de la romance, mais également pour les autres types de relations (amitié, rivalité, relations professionnelles…).

Voyons maintenant quels sont ces fameux six axes, les six « M », si l’on garde leur dénomination anglaise :

Mind / L’intelligence

Il s’agit d’avoir le même degré d’intelligence, mais aussi le même type.

Comme exemple, je citerai Mulder et Scully de la série X Files. Il est intuitif et ouvert au paranormal. Elle est scientifique et rationnelle. Beaucoup de conflits dans la série sont issus de la confrontation entre leurs deux manières d’aborder les choses.

Pour moi, l’intelligence regroupe aussi les centres d’intérêts : on s’entend toujours mieux avec des personnes qui écoutent la même musique, regardent les mêmes films et séries ou lisent les mêmes livres que nous.

Money / L’argent

Il n’est pas forcément question d’avoir la même quantité d’argent, mais d’avoir le même rapport à l’argent : quelle quantité on en veut, ce qu’on est prêt à faire pour en avoir, ce qu’on veut en faire…

Un exemple qui me vient en tête est celui de la série The Haunting of Hill House, où l’argent est une question centrale.

Sans spoiler, l’un des personnages a écrit un livre sur sa famille et a proposé de partager les dividendes avec ses frères et sœurs. Chacun a une réaction différente à ce sujet, entre ceux qui ont besoin de cet argent et ceux qui pourraient faire sans, mais aussi entre ceux qui sont prêts à l’accepter et ceux qui ne veulent pas en entendre parler. La famille est déjà dysfonctionnelle sans cela, mais cette question ajoute encore aux conflits déjà présents.

Morals / Les valeurs morales

Qu’est-ce qui est bien ?  Qu’est-ce qui est mal ? Qu’est-ce qu’on poursuit dans la vie ? Quel est le but de l’existence ?

Je pense que la fantasy fourmille d’exemples de personnages qui se rejoignent pour une même cause (la lutte contre le mal, souvent) ou s’opposent à ce sujet.

En littérature classique, on peut citer Les Misérables, avec Javert et Jean Valjean. Chacun de ses personnages a un code moral assez strict, qui entre en conflit avec celui de l’autre.

Manners / Les bonnes manières

Qu’est-ce qui est poli et qui ne l’est pas ? Comment se comporte-t-on en société ?

À noter que la moralité et les bonnes manières sont deux choses différentes. Le podcast cite comme exemple L’arme fatale : les deux protagonistes veulent la même chose (la poursuite de la vérité et le respect de la loi) mais s’opposent sur la manière de le faire.

Pour moi, cette opposition entre moralité et manière est l’un des ressorts des cops movies.

Monogamy / Monogamie

Il est question ici de savoir si les deux personnages attendent la même chose d’une relation.

Cela marche pour la romance : l’un des deux peut vouloir s’engager, l’autre non. Mais cela fonctionne aussi pour d’autres types de relations : une personne qui pense être très amie avec une autre, alors que la personne en question considère la première comme une simple connaissance.

C’est le moteur principal de la pièce Couple ouvert à deux battants, de Dario Fo. Un mari et une femme qui ne s’entendent plus décident de rester ensemble, mais dans une relation libre. Seulement, si la femme a l’habitude que son mari ait des maîtresses, le mari n’est en réalité pas prêt à voir son épouse batifoler.

Un autre exemple me vient à l’esprit, c’est Littlefinger dans A Song of Ice and Fire de GRR Martin, amoureux de Catelyn Stark, alors qu’elle ne l’a jamais vu que comme un ami (au mieux un petit frère). Et ceux qui ont lu les livres ou vu la série savent à quel point cet amour incompris a façonné la personnalité de Littlefinger.

Marx Brothers / L’humour

Est-ce que les deux personnes rient de la même chose ?

Comme exemple, je prendrai bien la série Castle. Beckett et Castle ne rient vraiment des mêmes choses, et les blagues de l’écrivain ont tendance à agacer la policière.

A l’inverse, dans La Mallorée de David Eddings, on sait que Silk et Liselle s’entendent (et se plaisent mutuellement) parce qu’ils ont le même humour acerbe et caustique.

En conclusion

J’ai franchement beaucoup aimé cet épisode de Writing Excuses et je trouve que l’outil proposé ici est synthétique et utile.

Que ce soit pour savoir ce qui va rapprocher deux personnages ou au contraire, sur quoi ils vont s’opposer, cette théorie donne de bonnes pistes de réflexions pour permettre de créer des relations crédibles et pleines de sens.