La Belle Epoque

D’après « La Belle Epoque », Michel Winock

Je vous livre les quelques notes prise sur l’ouvrage de Michel Winock. J’en recommande la lecture, contrairement à beaucoup d’ouvrage d’histoires que j’ai pu (dû) lire, le style est très agréable, ça se lit tout seul. 

Quelques mots en introduction :

La Belle Epoque est la période qui va de la fin du XIXe siècle à la 1ère guerre mondiale. C’est une période marquée par les progrès sociaux et techniques, et par une économie florissante. En France, c’est l’époque de la IIIe République, un régime parlementaire. Le président n’a qu’un rôle mineur. La Chambre des députés est élue au suffrage universel direct, Sénat au suffrage universel indirect. La corruption est très hélas très forte.

L’idéologie républicaine

Les sources

  • Révolution française
  • Philosophie de Kant : l’homme doit aller vers la morale universelle, mais pour qu’il arrive à tendre vers le bien universel, il faut l’éduquer.
  • Positivisme.

Les 5 principes des républicains

  • Primat de l’individu sur la société.
  • Prépondérance du Parlement dans les institutions.
  • Laïcité de l’Etat et de l’Ecole.
  • Promesses de progrès social graduel.
  • Pacifisme et défense nationale.

Ces principes structurent la vie politique de la IIIe République.

Le monde agricole demeure très important

Quelques grands propriétaires détiennent la terre et la sous-loue aux autres paysans (qui vivent comme ils le peuvent). La Belle Epoque marque la création des sociétés d’agriculteurs. Début de mécanisation, mais le travail reste très dur.  Le Christianisme est très présent, mais on va plutôt prier les saints locaux.

(Note: oui, je sais, ce chapitre est assez court, mais vu que « Ceux du mercure », pour qui j’ai effectué toutes ces recherches, se déroule dans un milieu urbain, je n’ai pas approfondi la condition paysanne. Pour ceux qui auraient envie d’aller plus loin sur le monde paysan, je recommande l’ouvrage d’Annie Moulin, Les paysans dans la société française.)

Bourgeoisie : hautes fonctions et gros capitaux

On distingue différents types de bourgeois :

  • Grande bourgeoisie : souvent au pouvoir. Les politiques, les grands entrepreneurs, les hauts fonctionnaires d’Etat.
  • Moyenne bourgeoisie : petits patrons, petits entrepreneurs, employés du service public (un prof de faculté peut très bien gagner sa vie).
  • Petite bourgeoisie : les boutiquiers, petits employés…

Un certain nombre de bourgeois arrivent à vivre de leurs rentes et peuvent être oisifs. Les autres travaillent et ont érigé le travail en valeur centrale. A partir de 1880, La bourgeoisie de rente est écornée par la crise. Elle se lance alors dans les affaires et dans l’industrie.

La bourgeoisie est dominée par le culte des apparences.

Il est important de se marier, mais surtout de bien se marier, avec la bonne personne et la bonne famille. Il faut rester dans son rang et ne pas commettre de mésalliance.

Pour bien paraître, il devient important d’être cultivé (ou du moins de le paraître). Les bourgeois commence à se sensibiliser aux arts. Meubler sa maison avec goût permet de montrer qu’on a de l’argent et qu’on est cultivé (le piano prend une place importante dans les salons).

La bourgeoisie est la première classe qui accède aux loisirs. Les distractions les plus fréquentes sont la promenade, la bicyclette, le tennis, l’alpinisme, l’escrime et le golf.

Les vêtements.

Les hommes doivent paraître stricts et sérieux. Ils doivent montrer qu’ils sont capables de prendre des décisions, d’administrer une entreprise ou de faire fructifier des capitaux. Les coupes sont sobres, les couleurs sombres : les noirs et les gris prédominent.

Les femmes au contraire, doivent montrer qu’elles sont belles (tout en restant respectables) et que leur mari a de l’argent. Il faut suivre la mode, mais il est mal vu de la lancer (car ce sont les femmes scandaleuses, comme les actrices ou les demi-mondaines, qui lancent les tendances que la bourgeoisie va suivre).

Les mondes ouvriers

Il existe différentes formes de production industrielle : dans les usines, dans les petits ateliers ou à domicile. Les ouvriers sont majoritairement répartis dans le textile et la métallurgie.

Au cours de cette période, les salaires augmentent, mais la condition des ouvriers restent précaires. Le chômage existe, la « morte saison » est redoutée. Le travail est difficile, éprouvant physiquement. Les ouvriers sont sujets aux maladies liées à l’usure et à l’insalubrité des usines. Il faut attendre la fin du XIXe pour voir les 1ères lois sociales (Loi sur les accidents du travail, loi sur les retraites).

Trois postes de dépense : logement, nourriture, vêtements. Mais la Belle Epoque voit la progression des dépenses liées aux vêtements : on s’endimanche les jours de repos, même si bourgeois et ouvriers restent très reconnaissables les uns des autres.

L »alimentation des ouvriers, s’améliore, même si elle reste très précaire. Ils sont sujets à la malnutrition et aux carences.

Les logements sont souvent petits et  insalubres. Les femmes sont le plus durement touchées par la précarité de leur condition.

(Note : pareil, comme pour le monde paysan, les ouvriers n’apparaissent que peu dans « Ceux du mercure », mes notes à ce sujet sont donc limitées. Quelque liens pour ceux qui voudraient aller plus loin du coup. Un article synthétique sur le sujet, et un autre pas mal fichu non plus. Sinon, pour les courageux).

La délinquance

 

Il faut d’abord distinguer les délits…

  • Les bagarres, disputes conjugales qui ne sont pas rares et se font jusque dans la rue.
  • Les ardoises : très fréquentes chez l’épicier et le boulanger. L’une des premières causes de plaintes.
  • Les vols et larçins en tout genre

… des crimes

  • Meurtres et assassinats
  • Violences sur personnes
  • Viols (beaucoup sur enfants).
  • Infanticide
  • Vitriolage.

La littérature et la presse de l’époque attribue beaucoup de ces délits et crimes au fléau qu’est l’alcoolisme. Il est vrai que c’est un gros problème, qui touche lourdement les classes défavorisées, même les plus jeunes.  Boire est manière de prouver sa virilité : il faut montrer qu’on tient l’alcool

La délinquance juvénile est très présente, notamment avec le phénomène des apaches. Ce sont des jeunes de 13 à 16 ans, souvent alcoolique (de leur propre fait ou par hérédité). Ils sont organisés en bandes, attaquent les passants, organisent des vols, ou se battent entre bande, le plus souvent au couteau.  C’est un monde à part entière, avec ses codes vestimentaires, son argot, ses ennemis. Leurs « exploits » émeuvent la société de la Belle Epoque.

Les vols et cambriolages sont nombreux, avec une poussée du grand banditisme (Tout le monde connait ici la « Bande à Bonnot »). Le début du XXe siècle voit apparaître un courant nommé « l’illégalisme » , en gros, l’anarchisme appliqué au grand  banditisme. Les illégalistes disent reprendre au capitalisme ce que la société a volé en exploitant les prolétaires.

La mort

On note une baisse de la mortalité entre 1870 et 1913. Elle s’explique notamment par la baisse de la mortalité infantile. Les découvertes de Pasteur et de Koch, les progrès de l’hygiène (« interdit de cracher » dans le métro), et la pratique de l’asepsie permettent de réduire la mortalité.

Mais, la médecine reste charlatanesque dans beaucoup de quartier. L’insalubrité, l’évacuation des déchets, l’accès à l’eau potable sont toujours problématiques.

Le fléau de la Belle Epoque : la tuberculose. Elle marque les esprits car elle est très répandue, et tout le monde peut être affecté. La Syphillis frappe les esprits parce que c’est une MST. Ces deux maladies renforcent les discours moralistes qui attribuent tous les maux à la ville corruptrice.

Le suicide devient fréquent au XIXème. On commence à en parler ouvertement (cf Durkeim).

La fin du XIXe est marquée par une fascination et répulsion pour la mort et le macabre.

(Note : à ce sujet, il n’y a qu’à lire les écrits de Huysmans ou Villiers de Lisle Adam pour en être convaincu, à se plonger un peu dans la peinture de l’époque, ou à regarder les photos de morts qu’on prenait lors des veillées. En fait, il y aurait matière pour un article dans tout ça).

Les femmes à la Belle Époque

Trois figures féminines émergent du XIXème

  • La madone : mère dans toute sa pureté
  • La séductrice : tentatrice
  • La muse : femme rêvée et inaccessible.

Environ 1/3 des femmes travaillent, mais l’idéal reste celui de la mère au foyer.  Le mariage reste la norme (d’où l’importance de faire un bon mariage, dans sa catégorie sociale et d’où le développement des agences matrimoniales). Quelques femmes ne se marient pas : vieilles filles ou filles-mères

La question de l’avortement évolue au début du XXe: faire plus d’enfant, ou en faire moins et les élever mieux ? L’avortement devient une question de société.

La prostitution est phénomène répandu, notamment à cause des mariages tardifs et sans amour. La prostitution prend différentes forme : fille de maison, demi-mondaine ou cocotte entretenue. En maison close, les filles sont enregistrées et suivies par des médecins. La situation satisfait les moralistes et les hygiénistes.

Début XXe voit un début d’émancipation pour les femmes : 1ères lois sociales, notamment pour protéger les femmes enceintes, accès à l’éducation et on commence à dire (timidement, bien sûr) qu’il faudrait accorder aux femmes les mêmes libertés de mœurs qu’on accorde aux hommes. Le XXe est marqué par quelques femmes émancipées, à la conduite scandaleuse. Très souvent de riches lesbiennes. Beaucoup sont écrivaines, quelques-unes journalistes. On compte quelques féministes, notamment chez les socialistes.

 La culture

La fin XIXème voit l’apparition d’une culture de masse écrite, favorisée par l’alphabétisation et les journaux (littérature populaire, romans, feuilletons…).

L’éducation progresse grandement. L’instituteur est un notable, au même titre que le maire et le médecin. Les professeurs des écoles sont peu payés, mais plutôt bien considérés. On crée les universités. Ce développement de l’éducation favorise la culture et le divertissement.

 Durant la Belle Epoque, le théâtre est très populaire. On distingue les grands théâtre, où l’on joue les pièces classiques, des théâtre plus populaires (comme le fameux « Boulevard du crime »). Fleurissent aussi des music-hall, des revues, des cafés-concerts et des cabarets. C’est le temps des cirques et des artistes itinérants.  Les bourgeois et la noblesse plébiscitent les opéras, danses et ballets russes.

Pour les bourgeois, il est important d’être vu dans ces lieux. Pour les ouvriers, théâtres, cabarets et bals sont des lieux de détentes. On note un début de mixité sociales dans certains lieux, ou classe ouvrière et petite bourgeoisie se mêlent, mais globalement, la scission entre les différentes classe reste très marquée.

Le point de vue de l’auteur : Comme mes autres fiches, c’est non exhaustif, mais ce livre m’a servi de base pour élaborer le système politique de Kerys. L’action de « Ceux du mercure » se passe à Sainte Victoire, la capitale, qui ressemble grandement au Paris de la Belle Epoque. J’ai voulu retranscrire dans le roman une ambiance, celle d’une ville qui ne dort jamais, avec ses ouvriers, ses Individualistes (ou anarchistes dans notre monde), ses élégants et élégantes, ses scandales politiques, ses journaux…

Pour ceux qui voudraient aller plus loin, voici quelques liens

http://www.la-belle-epoque.de/

http://ilyaunsiecle.blog.lemonde.fr/

http://paris1900.lartnouveau.com

http://dijon1900.blogspot.fr/

Je vous invite aussi à jeter un coup d’œil à mes tableaux Pinterest sur Sainte Victoire.

http://pinterest.com/sombrefeline/ceux-du-mercure-sainte-victoire/

http://pinterest.com/sombrefeline/ceux-du-mercure-le-vieux-sainte-victoire/

http://pinterest.com/sombrefeline/ceux-du-mercure-les-rues-de-sainte-victoire/

http://pinterest.com/sombrefeline/ceux-du-mercure-restaurants-et-cabarets/

http://pinterest.com/sombrefeline/ceux-du-mercure-interieurs/

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