Théâtres et cabarets au XIXe

Quand on a pour personnages principaux un jeune homme coureur de jupon et une belle espionne qui aime se faire passer pour une artiste, le cabaret est un passage obligé du roman. Petit tour d’horizon du cabaret au XIXe siècle.

Note : pour mes recherches pour « Ceux du mercure », je me suis surtout concentrée sur le Paris de la fin du siècle, parce que Sainte Victoire, la ville que j’ai créée ressemble beaucoup à notre Paris, mais également parce qu’il est plus simple de trouver des sources sur Paris que sur les autres villes.

Paris est une ville très ouverte, qui accueille beaucoup d’étranger, notamment des artistes venus d’un peu partout dans le monde pour étudier ou trouver fortune (Lisez « Le roi en jaune » de Chambers, si vous voulez avoir une idée du quotidien de jeunes peintres américains à Paris).

La vie nocturne est très animées, théâtres, cafés et cabarets pullulent, car la fin du XIXe siècle voit l’émergence des loisirs, pour la bourgeoisie, mais également pour les classes les plus populaires. Si les bourgeois préfèrent les ballets, le théâtre ou l’opéra, les ouvriers et employés adore le théâtre grand-guignol, les bals musettes, les cafés-concerts et les cabarets. L’entrée est peu chère, ce qui permet à beaucoup de monde d’y accéder.

Ces lieux sont assez mal vus par la frange bien pensante de la population. On les accuse de favoriser l’alcoolisme, la délinquance, la prostitution, bref, de contribuer au déclin des valeurs morales de ce bas monde. Les cabarets sont donc des lieux de débauche.

C’est bien beau, mais qu’y fait-on dans ces cabarets?

D’abord on y boit (pas mal, me souffle-t-on dans l’oreillette), on y fume, on y vient pour passer un bon moment et se détendre.

Le cabaret du Lapin agile

Intérieur de cabaret

On y va pour des spectacles : de la danse et des jeunes femmes peu vêtues. Tout le monde connait le Moulin Rouge, fondé en 1889 et rendu célèbre par Toulouse Lautrec et par ses danseuses de Cancan et de quadrille.

On y applaudit des clowns, comme Footit, ou Chocolat, ou encore des mimes, comme le mime Debureau. On peut aussi y trouver des prestidigitateurs, des chiens savants et autres animaux domptés.

Le cabaret est aussi le terrain des chansonniers, qui n’hésitent pas à brocarder les puissants, les politiques et le gouvernement dans leurs chansons. La censure n’hésite pas à sévir, mais ça n’arrête pas les chansonniers. Les plus grands succès sont les chansons politiques ou scatologiques. Comme chansonnier célèbre, on peut citer Aristide Bruant, qui commencera sa carrière au fameux cabaret « Le chat noir ».

Le cabaret peut être résumé simplement : c’est un joyeux bazar.

Le cabaret = le lieu de la subversion

Quitte à traîner une sale réputation, autant la mériter. Les cabarets jouent sur l’image sulfureuse que les bonnes gens leur attribuent.

L’entrée de L’Enfer, photographiée par Atget

Cabarets et café-concerts cultivent leur image subversive, en continuant leurs spectacles que les bonnes mœurs réprouvent. Les décors sont très travaillés et racontent une histoire autant que les spectacles.  Comme exemple à ce sujet, on peut citer les cabarets de l’Enfer ou du Néant, à l’esthétique décadente. (Voilà d’ailleurs Un article fort bien fait sur les Cabarets de l’Enfer et du Néant, en anglais, mais facile à lire et qui vaut vraiment le détour).

L’Enfer…

… et le Néant. Les clubs goths d’aujourd’hui n’ont rien à leur envier.

Des lieux comme Le Chat noir jouent sur leur côté provocateur et anarchiste pour se tailler une réputation et attirer les clients. Car les cabarets et cafés-concerts attirent les classes populaires, mais aussi une frange de la bourgeoisie venue s’encanailler.

Quant aux cabarets comme le Moulin Rouge, je pense que tout le monde voit en quoi c’était subversif et que ça attirait les foules…

Mistinguett (Oui, je sais, c’est plutôt dans les années 20, mais la tenue est quand même classe)

Le point de vue de l’auteur :

Pour « Ceux du mercure », un de mes personnages est une espionne étrangère, qui se fait passer pour une meneuse de revue. Elle rencontre Honoré, l’un des personnages principaux, dans un cabaret où elle donne un spectacle (à base de chansons et de danses aux éventails). Le cabaret « Le chat vert » est un repère d’Individualistes, qui aiment fustiger le gouvernement et critiquer la société. On y trouve aussi des cocottes, des étudiants, mais aussi des bourgeois venus chercher le frisson. 

Pour aller plus loin

Un article sur la politique et l’art dans les années 1890 (En anglais)

Théâtres et cabarets parisiens

Un article sur les cafés-concerts et leur rapports avec la transgression

Montmartre du plaisir et du crime, Un excellent documentaire sur le quartier de Montmartre, vu à travers ses cafés et cabarets.

Un épisode de la série « Palettes », consacré à Toulouse Lautrec et à son oeuvre sur le Moulin Rouge.

 

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