La marque, Jacqueline Carey

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Résumé

Phèdre a été marquée par le dieu Kushiel, ce qui lui vaut d’éprouver à jamais le plaisir dans la douleur. Un don unique et cruel qui a fait d’elle la plus convoitée des courtisanes… et une espionne exceptionnelle. Très vite, Phèdre va découvrir l’existence d’un complot mortel qui pèse sur son peuple, et se retrouver embarquée dans une aventure épique et déchirante, qu’il lui faudra mener jusqu’au bout.

 

Mon avis

J’avais déjà entendu parler de la série Kushiel, plutôt en bien, aussi me suis-je laissée tenter par ce livre.

 

Au départ, j’avais un peu peur de ce que l’histoire allait donner : une courtisane qui éprouve à la fois plaisir et douleur, qui devient une espionne. Je craignais qu’on parte assez vite dans la débauche et le scabreux. Et bien pas du tout !

Le sexe est omniprésent dans cette histoire, en raison de la profession de Phèdre, mais aussi parce que les D’angelins sont plutôt à l’aise avec leur sexualité. La prostitution est une sorte de religion, et donc extrêmement codifiée. Les « adeptes » de Naamah, déesse de la prostitution, sont traités avec un respect et bénéficient d’un certain statut social.

Malgré tout, pas de scènes réellement crue ou complaisante, tout est traité avec beaucoup d’élégance. L’auteur utilise à merveille les images, le non-dit et les sous-entendus. On comprend tout à fait ce qui se passe, sans qu’elle ait besoin de s’attarder sur les détails.

 

Mais, La marque n’est pas qu’une histoire de sexe, c’est avant tout le récit d’une formidable intrigue politique, aux complexes ramifications. On découvre tout par les yeux de Phèdre que son maître, Delaunay, utilise comme espionne. Phèdre est volontairement laissée dans l’ombre par Delaunay, aussi on progresse petit à petit avec elle. On découvre les différents pans de l’histoire.

L’univers est une sorte de monde alternatif. On retrouve des éléments de l’Europe médiévale (les skaldiques, les Yeshuites…), mais avec une théologie différente : les anges ont vraiment existé et ont fondé Terre d’Ange.

Le livre est très long (plus de mille pages en format papier, je crois), l’intrigue est extrêmement dense, avec beaucoup de personnages. Il y a quelques moments où j’ai été un peu perdue (l’effet « bon sang, mais c’est qui celui-là ? »), des moments où j’ai trouvé que l’intrigue traînait un peu (notamment au milieu, Phèdre enchaîne les galères sans vraiment pouvoir respirer, à un moment, on a envie de dire stop). Mais bon, globalement, l’histoire est bien menée, avec de multiples rebondissements, de réelles surprises et un final vraiment épique.

 

Côté personnages, j’ai beaucoup aimé Phèdre, on sent à travers sa narration que c’est une femme intelligente et très éduquée. Marquée par Kushiel, elle a parfois du mal à accepter sa vraie nature, mais autrement, est très à l’aise avec son statut de servant de Naamah. Ça fait d’ailleurs plaisir d’avoir un personnage féminin qui multiplie les conquêtes au cours du livre, et qui n’est pas traitée comme une salope (passez-moi l’expression).

J’aime aussi beaucoup Delaunay et ce mélange de gentillesse, de compassion et d’implacabilité.

Josselin m’agaçait au début, mais le personnage dévoile une certaine profondeur au fil de l’histoire, tout comme Hyacinthe, le prince des voleurs.

Côté méchants, Mélisande est une sacrée femme fatale, une vraie manipulatrice comme on n’en fait plus. J’ai hâte de voir ce qu’elle prépare pour les prochains tomes.

 

En résumé : très bonne lecture, un roman à l’univers riche et à l’intrigue complexe et raffinée.

Ce billet a 2 commentaires

  1. Mo' dit :

    Je ne connaissais pas du tout, mais j’avoue que ça donne envie ! Je note ça dans un coin (c’est vrai, j’ai tellement peu de livres à lire en ce moment ^^), merci !

    1. Cat dit :

      C’est Rainette qui m’en avait parlé, je crois, et c’est vrai que c’est un roman vraiment bien. Bon, par contre, c’est un « butoir de porte », comme disent les anglais

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