Mon avis sur « La fille sortilège », Marie Pavlenko

La fille sortilège

Résumé

Six Clans dirigent la Cité. Chacun possède une Magie qui commande aux éléments ou aux êtres vivants. De leur union dépend l’équilibre. C’est pourquoi durant la Fête des Échanges, les adolescents sont soumis à des épreuves, en vue d’être initiés. Parce qu’elle a échoué, la jeune Érine est bannie, loin de sa famille et de son Clan. Condamnée à survivre dans la zone d’exil, elle va bientôt découvrir le sombre secret de la Cité. Et le terrible complot qui menace de la détruire.

 

Mon avis

J’avais entendu parler de cet ouvrage sur le Net, souvent en bien, malgré quelques réticences pour certains. J’ai donc décidé de tenter l’aventure. « La fille-sortilège » a été un bon moment de lecture, sans constituer un coup de cœur absolu pour moi.

 

J’ai beaucoup aimé la première partie du roman, qui se concentre sur la vie d’Érine comme Orkla (ceux qui n’ont pas de clans et ne bénéficient donc pas des largesses de la cité des six). On découvre une jeune fille débrouillarde, volontaire, qui va de l’avant malgré ses blessures et ses fêlures. À travers ses yeux, on découvre la cité des six, les liens entre les clans, les coutumes, la vie quotidienne.

L’auteur parvient à faire exister la ville et ses habitants. On s’attache vite à Érine (malgré sa profession de déterreuse de cadavres), et surtout à son compagnon Arkadi, jeune homme qu’elle a recueilli (l’un de mes personnages préférés du roman).

 

Cette première partie est sans concession. Même si « La fille-sortilège » est vendu sous un label « jeunes adultes », le roman n’hésite pas à aborder des sujets assez sombres (le viol, la dégradation physique et morale) et montre bien la violence de l’existence quotidienne des orklas. Malgré tout, le livre ne sombre jamais dans le sordide, ni dans le glauque ou la violence gratuite.

 

Si j’ai bien aimé le début du roman, j’ai moins accroché à la suite. Je m’explique, mais pour ce faire, je vais devoir spoiler l’histoire. Lisez-donc à vos risques et périls.

À peu près à mi-parcours, Érine apprend par sa mère qu’elle est une « enfant-sortilège », l’une des dernières, descendante des premiers habitants de la cité des six, et qu’elle maîtrise donc naturellement la magie. À partir de là, l’histoire change de ton. On passe de la lutte pour la survie d’Érine à un complot avec des enjeux beaucoup plus vastes. Du coup, on perd de vue la relation d’Érine avec Arkadi, on passe de combats de rues pour la survie à des batailles épiques entre clans pour le contrôle de la magie. J’ai trouvé ça un peu dommage.

La deuxième partie du roman introduit de nouveaux personnages : la mère d’Érine, Neria, une autre enfant-sortilège. Ces personnages prennent une place importante dans l’histoire, mais pour moi, ça n’a pas fonctionné. Je les ai trouvés trop peu développés. La relation d’Érine avec sa mère m’a semblé artificielle et je n’ai pas réussi à cerner Neria.

 

Malgré ces petits défauts, l’histoire se lit très bien, vu qu’on s’est attaché à Érine, on suit ses aventures sans lâcher le livre, pour savoir si elle s’en tire ou pas. Même si je n’ai pas vibré lors de la bataille pour la cité, j’ai beaucoup aimé la conclusion de l’histoire. C’est une belle fin, dans la logique de l’évolution des personnages, poétique et qui laisse suffisamment d’espoir pour Érine et ses amis (et laisse peut-être présager d’une suite, la magie n’a pas encore livré tous ses secrets).

 

Autre point positif : l’écriture est vraiment agréable. D’ordinaire, je ne suis pas trop fan de la narration à la première personne au présent, mais pour ce roman, c’est parfaitement adapté et bien maîtrisé. On vit avec Érine au jour le jour, on découvre les mystères de la cité avec elle.

 

En conclusion :

Un roman sympathique, agréable à lire, rafraîchissant pour qui aime la fantasy qui sort des clichés habituels. Pas un coup de cœur, mais une bonne découverte.

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