Atmosphère médiévale-fantastique

 

 

Le Moyen-Âge c’est très, très vaste. Alors forcément, la mode a beaucoup évolué au cours des siècles. Mais ne nous le cachons pas, c’est la période qui intéresse le plus les écrivains de fantasy.

 

Je vais essayer de résumer ça le plus simplement possible, histoire de vous donner les grandes lignes et les vêtements les plus communs.

 

 

 

De la chute de l’Empire romain au Xe siècle

 

Cette époque correspond grosso modo aux royaumes francs à la période mérovingienne.

Le costume va être un mélange d’influences romaines et barbares.

 

Les tissus utilisés :

– Lin et laine. Oui, habituez-vous, parce que c’est le duo gagnant qui va mettre un bon moment à se démoder.

– De la fourrure pour les classes aisées.

 

Pour les hommes

La base de la tenue est les braies (sorte de pantalon) et une tunique.

 

Au XIe siècle apparaît la chainse, une sorte de longue et ample chemise. Par-dessus, on porte le bliaud (ou bliaut) : un genre de robe/tunique assez large.

 

Pour les femmes

Elles portent la chainse et bliaud également, même s’il est plus long.

 

 

 

 

Époque romane (Xe au XIIe siècle)

 

 

Les tissus

– La laine et le lin (encore eux).

– La soie fait son apparition en Europe. Mais rappelez-vous, c’est rare et cher, donc réservé à une élite.

 

Pour les hommes

Comme pour la période précédente, les hommes portent les braies (ou brays), parfois agrémentées de chausses. La chainse est toujours en usage.

Les hommes revêtent aussi toujours le bliaut, ainsi que des tuniques courtes et assez plissées.

 

Pour les femmes

Elles portent toujours la chainse et le bliaut, avec des chausses aussi, nouées au niveau du genou. Au-dessus du bliaut, on porte un manteau ou un pelisson.

Les cheveux sont tressés et dissimulés par un long voile.

 

Chaussures

On porte des pigaches (les chaussures fines à bout pointu), des brodequins, ou des bottes en cuir mou

 

 

Époque gothique (XIIIe et XIVe siècle)

 

 

Les tissus en usage

— Le lin et le chanvre pour toutes les couches sociales.

— Le drap de laine est beaucoup utilisé.

Les croisades amènent en Europe des tissus précieux venus de l’Orient : la soie. Elle est déclinée en velours de soie, satin, damas, cendal (tissu similaire à du taffetas). Ces tissus sont réservés aux classes aisées (tout comme l’usage de la fourrure).

 

Les couleurs à la mode sont :

— Le rouge : teint à la guède et à la garance

— Le vert

— Le bleu : teint au pastel

Les couleurs vives sont plutôt réservées à une élite (cf. mon billet sur les tissus, parce que teindre une étoffe dans une couleur vive requiert beaucoup de teinture, et que donc c’est plus cher).

 

Pour les hommes

On reste sur la même lignée que les époques précédentes : les hommes portent une tunique, nommée la cotte, au-dessus de braies ou chausses.

La cotte peut s’allonger et s’adjoindre des manches et un capuchon, elle s’appelle alors la ganache.

Les classes aisées portent par-dessus la cotte un surcot : une tunique courte serrée par une ceinture.

 

 

Pour se protéger du froid, on peut opter pour un mantel (vêtement ample avec des manches fendues).

La chaussure à la mode est la poulaine (comme la pigache, c’est une chaussure à bout pointu)

Comme on ne sort pas tête nue, on porte ou une cale de toile pour les paysans et les classes modestes, ou un turban drapé pour les classes plus aisées.

 

 

Pour les femmes

La base de la tenue est la chemise (chainse). Elle est souvent blanche, même si les dames de hautes conditions aiment la broder. On porte aussi des chausses nouées aux genoux.

Sur cette chainse, on rajoute une cotte : tunique longue avec ou sans manche, selon la saison. Elle est en général ajustée sur le buste, fermée par un laçage, et s’évase au niveau des hanches. Les manches sont assez serrées.

 

 

Par-dessus, les femmes peuvent rajouter un surcot (en gros, deux rectangles de tissu où l’on passe la tête et les bras et que l’on serre sur le côté avec du laçage), ou un grand mantel.

 

Les cheveux sont toujours attachés ou nattés. Ils sont recouverts de la touaille, une pièce de tissus drapée (le plus souvent blanche), qui repasse sous le menton avec la barbette.

 

 

 

 

 

 

 

Le tournant du XVe siècle

 

Le XVe siècle est une période où la mode est assez ostentatoire. La faute aux marchands et aux banquiers qui s’enrichissent et veulent le montrer. Oui, c’est assez bling-bling, à tel point que l’Église se mit en tête de publier des « Édits Somptuaires » pour limiter ce déballage de luxe.

 

Ce siècle voit aussi une innovation qui va changer la mode : l’aiguille en métal (jusque-là, elles étaient en os). Ne riez pas, c’est très sérieux. L’aiguille en métal est une révolution, car elle permet aux couturiers plus de précision, et donc des coupes plus ajustées, et plus fantaisistes.

 

C’est une époque où les vêtements sont volontiers colorés, où on ose des associations qui aujourd’hui nous arracheraient la rétine.

 

 

Les tissus

Chanvre et surtout lin restent de rigueur. Le drap de laine est toujours aussi populaire, et se teint souvent dans des coloris riches (notamment indigo).

La soie commence à être produite et tissée en Méditerranée, mais elle reste un tissu très coûteux et se trouve donc plus facilement sur la robe d’une noble vénitienne que sur la chemise d’un paysan picard. La soie se décline en velours de soie, brocart, taffetas, le tout rehaussé de fils d’or, s’il vous plaît.

 

Pour les classes aisées, la fourrure est de mise : vair (fourrure d’écureuil petit-gris), zibeline, marte ou lynx, quant à l’hermine, elle reste réservée à la famille royale.

 

 

 

Pour les hommes

On a toujours les traditionnelles chausses et chemises, mais les chausses sont assez moulantes (rappelez-vous, avec l’aiguille en métal, on peut tout oser !) et souvent de couleur très vive, avec parfois les jambes de deux couleurs différentes.

 

 

Par-dessus, on rajoute la houppelande. Il s’agit d’une sorte de robe assez épaisse, drapée, resserrée à la taille par une ceinture. Elle s’arrête au niveau du genou.

 

 

On voit également apparaître le pourpoint : une veste assez rembourrée, qui élargit les épaules et est resserrée au niveau de la taille et des hanches. Il se porte au-dessus de chausses, fixées par des aiguillettes au pourpoint.

 

 

Pour les femmes

La houppelande est également de mise, mais elle est plus longue. Elle a en plus de très longues manches, doublées, qui peuvent aller jusqu’au sol.

 

Ces robes sont assez décolletées, les femmes portent alors en dessous une bande d’étoffe : le tassel, pour des raisons de décence.

La houppelande est resserrée à la taille, ou sous la poitrine par une large ceinture : le bandier.

Pour les classes aisées, elle est agrémentée de fourrure, mais aussi de perles et broderies.

 

La coiffure : les cheveux disparaissent sous de grandes coiffes coniques, le hennin, agrémentées souvent d’un voile. Vers la fin du XVe siècle, cette coiffe a parfois deux cornes.

 

 

 

Quelques exemples

La série Les piliers de la Terre, ou le film Kingdom of heaven

 

 

 

Les points à retenir

  • Les grands gagnants de l’époque : le lin et la laine.
  • Le Moyen-Âge n’est pas gris, les vêtements sont colorés. Mais ces couleurs ont une signification et servent à marquer le rang social.
  • Jusqu’au XVe siècle, la mode est plutôt aux vêtements amples, resserrés par des lacets, avec plus ou moins les mêmes coupes pour les hommes et les femmes (les vêtements sont juste plus longs pour les femmes).
  • Le XVe siècle vient dynamiter tout ça en proposant des coupes bien plus ajustées.
  • Pour un personnage noble dans un contexte médiéval fantastique, pensez drap de laine finement tissé et richement coloré, soieries et fourrures.
  • Pour quelqu’un plus modeste : lin, chanvre et laine plus grossière, avec soit des couleurs naturelles, soit des teintes un peu passées.