Nanowrimo 2014

 

Couverture de l'épisode 1, par Sylvie Sabater

Couverture de l’épisode 1, par Sylvie Sabater

L’an dernier, j’ai tenté pour la première fois le Nanowrimo (en gros, tous les mois de novembre, un mois pour écrire un roman de 50 000 mots). Comme j’en avais parlé dans mon bilan, l’expérience m’avait beaucoup plu, aussi, je retente le coup cette année !

 

L’an passé, j’avais écrit un roman de fantasy, sans plan, et à la main. Pour 2014, j’écrirai directement à l’ordinateur, avec un plan béton que je suis en train de préparer. Et cette fois, pas de roman, mais un feuilleton intitulé « La Ligue des ténèbres ».

 

La Ligue des ténèbres est composée de quatre personnes : un savant fou, un voleur, une arnaqueuse et une jeune fille garçon manqué. Venus du Londres des années 1890, ils voyagent entre les mondes avec une machine. Leur but est simple : conquérir le monde. Enfin, n’importe quel monde en vérité.

 

La Ligue des ténèbres sera une série d’ambiance steampunk générale, assez humoristique, que je compte publier en numérique courant 2015. Mon défi Nanowrimo de cette année : écrire le plus d’épisodes possible.

Le Nanowrimo, c’est plus facile quand on le fait en groupe, je trouve qu’on se motive mutuellement, ça aide à avancer pendant les coups durs et les moments de découragement. Pour ceux qui voudraient tenter l’aventure, mon pseudo est « sombrefeline ». N’hésitez pas à m’ajouter à votre liste d’amis. Le forum Atelier d’écriture tiendra aussi des sessions spéciales pour les nanoteurs, n’hésitez pas à nous rejoindre !

 

N’hésitez pas aussi à me suivre sur Facebook et Twitter, je posterai régulièrement des billets détaillant mon avancée dans le projet.

 

Mais ce mois de novembre sera aussi un peu particulier, parce que c’est le mois consacré à la littérature francophone SFFF. N’hésitez pas à acheter francophone pour aider les auteurs. Aujourd’hui, un peu de publicité pour ma paroisse, et pour ma Ligue des ténèbres. Un épisode de la série est déjà sorti chez L’Ivre Book. Il s’appelle « L’Autre dieu ». Si vous aimez le steampunk et/ou Lovecraft, cette nouvelle devrait vous plaire.

 

La nouvelle est disponible chez L’Ivre Book, Amazon, et Emaginaire,

 

 

Voici un petit extrait pour vous donner envie :

 

Le gris de l’Entremonde se déchira pour laisser place au firmament étoilé d’un univers inconnu. Nous arrivions fréquemment de nuit dans les nouveaux mondes que nous visitions. Presque aussi souvent que nous expérimentions un atterrissage mouvementé.

Dans le cas présent, tout avait commencé pour le mieux : des tremblements, un grand choc et puis le ciel et la terre qui se dévoilent à nous. Lady Astley, le professeur Nutter et moi-même nous accordâmes alors un moment pour admirer les forêts qui défilaient sous nos pieds, tandis que Tom Scammer demeurait bien assis dans son siège de pilotage.

Nous bénéficiions d’une vue imprenable grâce à la verrière de la cabine de notre machine à voyager entre les mondes. Je restai quelques secondes là avant de m’extirper de la contemplation. Je devais pelleter le charbon pour que notre vaisseau continue à avancer.

Alors que je m’engageai dans l’escalier en colimaçon qui menait vers la salle de la chaudière, un violent choc ébranla l’engin et me jeta à terre.

— Samantha ! s’exclama le professeur.

Il voulut me porter assistance, mais une nouvelle secousse l’envoya au sol et me fit dévaler les marches.

— Tom ! Fais quelque chose ! glapit Lady Astley.

— J’essaye ! répondit l’intéressé. Mais une force me bloque, je n’arrive pas à reprendre les commandes !

D’ordinaire, Tom Scammer possédait toujours une bonne excuse pour expliquer ses fiascos en matière de pilotage. Néanmoins dans le cas présent, il disait la vérité. Je percevais une présence, comme si une créature invisible nous observait. Une entité cosmique et abyssale. Une terreur sans nom m’étreignit. Je me relevai, un peu groggy, et m’accrochai à la rambarde de l’escalier.

— Professeur ! criai-je. Il faut partir et…

Un fracas de verre brisé et de métal tordu noya le reste de ma phrase. Un cahot me projeta contre l’une des parois de l’étage inférieur au pont. Hélas pour moi, ladite paroi comprenait un grand hublot, qui se révéla beaucoup moins solide que ce que j’escomptais. Je passai au travers avec un cri et tombai en chute libre.

 

 

J’ouvris les yeux et constatai avec surprise que j’étais toujours en vie et indemne. Je regardai autour de moi et corrigeai ma première impression. En vie, oui, mais seulement pour l’instant, car j’étais affalée dans une flaque d’eau sale au fond d’un puits.

Face à une telle situation, une jeune fille née dans l’Angleterre victorienne comme moi aurait paniqué. Mais j’arpentais les mondes avec mes compagnons depuis assez longtemps pour savoir maîtriser mes nerfs. Je me forçai donc à réfléchir. La chute aurait dû me tuer, or je me trouvais là, au fond d’un puits, sans aucune égratignure. La chose qui avait pris le contrôle de notre vaisseau ne voulait pas ma mort. Du moins pas dans l’immédiat.

— Ohé, il y a quelqu’un ? criai-je.

Le silence seul me répondit. Je renouvelai mon appel. Un frémissement parcourut les murs, qui se mirent à luire d’une étrange lueur, une couleur indéfinissable. Je remarquai alors des ossements émergeant de l’eau noire dans laquelle je baignais jusqu’aux genoux. Je poussai un hurlement.

Heureusement, la lumière avait révélé une corde juste au-dessus de ma tête. Je l’attrapai et me hissai. L’entreprise ne s’avéra pas aisée. Je me félicitai d’avoir délaissé mes lourdes robes à tournure pour un pantalon et une chemise de garçon.

Mes bras commencèrent à me lancer à mi-parcours, mais je ne faiblis pas, la peur m’aiguillonnant. Le puits était profond, heureusement, il était construit avec de grosses pierres qui me permirent de trouver des appuis.

J’atteignis enfin la margelle, m’y agrippai et utilisai ce qui me restait de force pour m’extirper. Je découvris alors un paysage qui me donna le frisson. La margelle jouxtait une ferme abandonnée. La bâtisse tombait en ruines et les planches de bois vermoulu qui avaient constitué le toit et les murs baignaient dans la même lueur malsaine que le fond du trou.

— Tom ? Lady Astley ? Professeur Nutter ? appelai-je.

J’espérai que mes compagnons ne se trouvaient pas loin. Hélas, personne ne me répondit. Je regardai autour de moi, cherchant des traces d’un atterrissage forcé de notre machine à voyager entre les mondes. Des arbres décharnés, mais qui pourtant portaient des fruits à la grosseur maladive, s’agitaient mollement… sauf qu’aucune brise ne soufflait.

Je pris une profonde inspiration, avisai un chemin qui serpentait entre les arbres et m’enfuis aussi vite que mes jambes me le permettaient. Je ne m’arrêtai de courir que lorsque le sentier rejoignit une grand route. Là, je marquai une pause.

Je me tenais à un carrefour, au milieu de la forêt. Les branches s’agitaient, mais cette fois, le vent était bien en cause. Les lieux dégageaient toujours une impression de malaise, mais je ne pouvais m’empêcher de leur trouver une certaine beauté, une élégance morbide.

Cependant, admirer le paysage n’allait pas m’aider à retrouver mes compagnons. Pour cela, deux options s’offraient à moi : partir à droite ou à gauche. Incapable de décider, je m’en remis à la chance et tirai un penny de ma poche. Pile droite, face gauche.

Je lançai la pièce. Elle retomba côté face. Je la ramassai, avant de la lâcher avec un cri. Elle était brûlante. Je la regardai d’un air mauvais, puis tirai un mouchoir, osai la prendre et la jetai. À nouveau, elle retomba côté face. Je répétai l’opération plusieurs fois avec les mêmes résultats. Quelqu’un, ou quelque chose, avait vraiment envie de me voir partir à gauche.

— Allons-y, alors, soupirai-je.

J’empochai le penny enveloppé dans mon mouchoir et m’engageai sur la route. Les arbres grinçaient dans le vent. J’aperçus des choses bouger sous le couvert, comme si des centaines, non des milliers, de monstres se terraient dans ces bois. J’entendis un rugissement atroce monter du cœur de la forêt. Quelque chose agita les branches. Quelque chose de massif. Je déglutis à grand-peine et continuai à avancer. Visiblement, la mère de ces mille créatures traînait aussi dans cette frondaison.

Je marchai, m’attendant à chaque instant à ce qu’une horreur indicible sorte des ombres pour me mettre en pièces. Mais il fallait croire que l’entité qui m’avait amenée là tenait à me garder en vie.

Au bout d’un moment, des traces de civilisation apparurent : fermes, champs, vergers… J’arrivai à un croisement et un panneau indicateur attira mon attention : Arkham.

 

 

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