Writing excuses : le milieu d’une histoire

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Contrairement aux autres saisons, cette saison de Writing excuses sera une master class d’écriture géante. Il y aura de la théorie et des exercices à faire, pour tous ceux qui veulent progresser en écriture.

Chaque mois sera consacré à un sujet, il y aura deux épisodes de théorie, un épisode d’exercice, et un épisode hors sujet.

Ce mois-ci, c’est le milieu d’une histoire qui est concernée

 

 

Épisode 27 : pourquoi est-ce que je ne peux pas passer directement à la fin ?

Ce qui est difficile avec les milieux, c’est qu’on n’a pas l’excitation du début ni celle de la fin ?

Le milieu sert à poursuivre ce qu’on a lancé dans le début, et prépare la fin. Si le milieu n’est pas développé, la fin ne sera pas satisfaisante.

Pour que le milieu soit satisfaisant, il faut qu’il fasse avancer l’histoire : il faut que ce qui arrive au héros ait une relation avec la question dramatique générale.

On joue aussi avec les attentes du lecteur : il attend la fin et la résolution, et l’auteur fait du teasing avec les différentes péripéties.

Si on n’est pas motivé par le milieu, c’est sûrement parce qu’on a un problème de construction, ou de personnage… Il ne faut pas hésiter à procéder à des modifications, changer de lieux, de points de vue… Si on n’est pas excité par l’écriture du milieu de son histoire, il y a de fortes chances que le lecteur ne le soit pas à la lecture.

 

 

Episode 28 : le polythéisme dans la fiction

Le polythéisme fonctionne si les choses ne sont pas trop définies en terme de théologie (dans la vie réelle, c’était un peu le bazar). Ne pas hésiter à montrer un spectre assez large de croyances et de comportements religieux. Les textes vont forcément être interprétés de manières différentes.

Ça marche aussi si on n’oublie pas que la religion imprègne la vie de tous les jours, pour des gestes simples (notamment pour les insultes).

 

 

Episode 29 : pourquoi mon personnage devrait-il échouer de manière spectaculaire ?

Pour dynamiser le milieu, il est bon de confronter le personnage à des épreuves, auxquelles il va échouer.

L’échec permet de rendre le personnage plus sympathique (surtout quand c’est un personnage compétent, qui fait les choix qui paraissent réalistes au moment donné, et qui échoue quand même).

L’échec au milieu de l’histoire permet de préparer la fin, notamment la réussite (ex. Star wars, Luke échoue au départ parce qu’il ne croit pas dans la Force, mais finit par accepter cette Force, déconnecte son ordinateur et utilise la Force pour détruire l’étoile noire).

Attention toutefois à ce que les échecs ne soient pas artificiels : le personnage doit continuer à prendre des décisions qui sont logiques par rapport à sa personnalité, pas forcément les décisions qui feront qu’il va échouer.

 

Exercice

Prendre une histoire qu’on développe et regarder la succession d’essai/échec du personnage principal

 

 

Episode 30 : Questions et réponses sur le milieu d’une histoire

Comment faire pour dynamiser le milieu avec un nouvel événement, sans que ce nouvel élément ait l’air de sortir de nulle part ?

Il faut bien préparer en amont, montrer ce qui est important pour le personnage, ce qu’il ne faut surtout pas qu’il arrive sinon ce serait catastrophique. De cette manière, quand l’élément arrive, c’est préparé.

Dans une nouvelle, comment faire un cycle tentative/échec sans que ce soit trop rapide ou que ça rajoute trop de mots ?

Réfléchir au nombre de cycle qu’on doit mettre pour que ça colle. Se réserver 1000 mots pour conclure. Être économe en matière de mots, aller à l’essentiel.

Est-ce qu’introduire de nouveaux personnages peut aider à dynamiser le milieu ?

Ça peut être bizarre, sortir de nulle part. Mais, il faut qu’ils apparaissent de manière naturelle dans l’histoire, qu’il y ait une logique dans leur apparition.

Même chose pour une intrigue secondaire.

Comment intégrer une intrigue secondaire, sans que ça bouffe l’intrigue principale ?

Chercher l’endroit où l’intrigue secondaire s’intègre à la principale et les complications que ça crée. Réfléchir à ce que ça pourrait apporter à un ou plusieurs personnages.

Comment savoir si quelque chose dans l’histoire ne va pas ?

Pour les auteurs, plus on écrit, plus on sent que quelque chose ne va pas. C’est comme un muscle qu’il faut entraîner en écrivant beaucoup.

 

Exercice

Reprendre une histoire en cours, retirer un élément du milieu et voir si ça change quelque chose pour la compréhension de l’histoire.

 

 

Episode 31 : Comment contrôler la progression de l’histoire

Le rythme : il contrôle le déroulement de l’histoire, mais aussi la sensation qu’en ont les lecteurs.

La progression et le temps sont gérés par l’auteur : c’est lui qui choisit le déroulement du temps et la manière dont les obstacles vont être résolus. L’auteur est un magicien qui crée l’illusion d’une progression vers un but.

Pour un marionnettiste, on contrôle le spectateur en lui montrant le point de vue d’un personnage et en choisissant les évènements qu’on montre.

Le lecteur réagit mal quand on prend trop de temps, que le personnage est coincé quelque part et qu’il ne fait rien. On peut éviter cet écueil si on a bien montré à quel point c’est important que le personnage soit coincé, ou en montrant l’impact sur la personnalité du personnage. Ou, on peut dynamiser la scène avec des dialogues.

Si le rythme ne marche pas, c’est souvent que les promesses faites au lecteur ne sont pas respectées, ou que la progression est mauvaise (trop long ou trop rapide).

 

 

Episode 32 : comment contrôler la vitesse de l’histoire

On contrôle la vitesse de l’histoire, en fonction de l’endroit où l’on va arrêter la scène et son chapitre. On peut garder la tension du lecteur (avec un cliffhanger), ou relâcher la tension (en donnant des réponses, et en laissant le temps au lecteur de réagir, de réfléchir à ce qu’il vient d’apprendre).

On peut décider d’accélérer l’action, de raconter beaucoup d’actions en quelques mots.

On joue sur la ponctuation, et notamment sur la mise en page, pour donner l’impression de quelque chose de plus aéré, ou au contraire, de plus compact.

Un exercice que Mary Kowal conseille : relire le texte à voix haute. Compter une seconde pour une virgule, deux pour un point, trois pour un passage à un paragraphe suivant. Ça devrait donner une bonne idée du rythme et montrer ce qu’on met en valeur du coup, et comment se déroule le texte.

Attention aussi aux proportions du texte, notamment à la taille des scènes. Un déséquilibre peut perturber le lecteur.

 

Exercice : prendre quelque chose qu’on a écrit. Retirer les sauts de scènes et écrire une transition à la place.

 

 

Episode 33 : Wildcard combat

 

Un bon combat doit être intégré dans l’histoire, se justifier notamment du point de vue des personnages.

Dessiner un plan de l’endroit où le combat doit avoir lieu, ça permet de mieux se représenter l’espace, les obstacles… Tous les éléments qu’on place lorsqu’on décrit la scène de combat devront avoir une importance dans le combat.

Penser en trois dimensions, penser à ce qui entoure les combattants.

Un bon combat est satisfaisant, si on a construit de la tension avant, qu’on amène le lecteur à se demander ce qui va se passer.

Ce qui se passe dans la tête des personnages est au moins aussi important que ce qu’ils font.

 

Exercices : Prendre une scène de combat, avant de l’écrire, faire une liste de qui prend part au combat et ce que ces personnages veulent. Puis écrire ce que vous, en tant qu’auteur, voulez pour ce combat.

 

Episode 34 : questions et réponses sur le rythme

Quels sont les signes avant-coureur d’un problème de rythme ?

Quand on ne sait pas ce qu’a vraiment accompli le personnage. Quand rien ne se passe, qu’il n’y a pas de tension, et qu’on est frustré d’écrire.

Comment faire pour que le rythme soit équilibré ?

Justement, il ne faut pas que le rythme soit équilibré. Il faut qu’il y ait des moments forts, d’autres de repos…

Comment gérer la progression d’un héros au cours de l’histoire sans que ça apparaisse haché ?

S’inspirer des montages dans les films. Donner au lecteur une impression de progression dans le temps (ex. Harry Potter, avec les préparations de Noël et les scènes de Noël). On peut annoncer aussi qu’on va faire un saut dans le temps, parce ce qui arrive n’est pas intéressant (ex. Toujours Harry Potter : les élèves accomplissent quelque chose, puis le quotidien de l’école reprend le dessus, avant le prochain événement).

 

Exercice : prendre une scène d’action, insérer un plot twist, continuer la scène.

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