Writing excuses, saison 10 : janvier et février

Writing excuses

Contrairement aux autres saisons, cette saison de Writing excuses sera une master class d’écriture géante. Il y aura de la théorie et des exercices à faire, pour tous ceux qui veulent progresser en écriture.

Chaque mois sera consacré à un sujet, il y aura deux épisodes de théorie, un épisode d’exercice, et un épisode hors sujet. On commence donc avec les idées, et les personnages

Janvier : les idées

Épisode 1 : D’où viennent les idées ?

D’où viennent les idées ?

Pour les auteurs du podcast, elles viennent souvent de quelque chose qu’ils ont lu et/ou vu, et où ils se disent, « tiens, et si je faisais ça ? ».

Comment distinguer les bonnes idées des mauvaises ?

Est-ce qu’une fois qu’on commence à pousser le concept, ça va quelque part ? Est-ce qu’on est capable d’en tirer un pitch qui tient la route ? Est-ce que ça intéresse d’autres personnes ? Surtout, est-ce qu’on est excité à l’idée d’écrire quelque chose là-dessus ?

Comment retravailler ses idées ?

Faire des recherches dans le domaine concerné. Réfléchir à ce qui pourrait mal tourner, ce qui pourrait générer du conflit. Ne pas hésiter à combiner plusieurs idées et voir si ça fonctionne.

Exercice d’écriture :

Ecrivez 5 histoires de 150 mots en prenant les idées de :

– Une conversation qu’on a eu.

– Des recherches faites.

– De quelque chose qu’on a observé.

– D’un film ou d’une série.

– D’une chanson.

Épisode 2 : J’ai une idée, qu’est-ce que je fais ?

Une fois qu’on a l’idée : chercher les problèmes.

Qu’est-ce qui va poser problème ? Quelles peuvent être les sources de conflit ? Comment la technologie, ou la magie vont être mal utilisées, détournées pour des fins illégales ?

Développer les personnages

Chercher lesquels vont être en conflit, ou intéressés avec l’idée qu’on développe. Chercher ceux qui auraient le plus à gagner, ou le plus à perdre.

Raffiner

Chercher tous les tenants les aboutissants, notamment au niveau de la caractérisation, des motivations des personnages. Chercher ce qui est improbable et qui ne marche pas. Si on a une idée qui manque de justifications, il y a deux choix : modifier l’idée de départ pour que ça colle, ou modifier l’univers et l’histoire développée pour que ça colle avec l’idée qu’on a envie d’écrire.

Exercice d’écriture :

Utilisez les idées de l’épisode un et :

– Combinez-en deux en une histoire.

– Prenez-en une et changez le genre de l’histoire.

– Prenez-en une et changez le genre et l’âge de tous les personnages.

– Prenez-en une et faites agir le personnage complètement à l’opposé de ce que vous aviez prévu.

Épisode 3 : Horreur lovecraftienne

L’horreur selon Lovecraft :

— l’horreur surgit non pas parce que les personnages ont fait quelque chose de stupide, mais parce que les créatures auxquelles ils sont confrontés sont bien plus puissantes que le genre humain.

— La folie est souvent ce qui attend les protagonistes, parce qu’ils se rendent compte de l’insignifiance de l’être humain.

— Lovecraft haïssait de dont il avait peur, et il avait peur de beaucoup, beaucoup de choses.

— Lovecraft parvenait à rendre effrayant quelque chose d’anodin (ex. la couleur tombée du ciel), et à montrer les changements, l’irruption de l’horreur.

Exercice d’écriture

Choisissez un personnage et décrivez sa réaction à quelque chose d’horrible, sans décrire la chose en elle-même.

Épisode 4 : questions et réponses sur le développement d’idées.

Est-il possible d’utiliser des idées dérivées de quelque chose qui existe déjà ?

Oui, exemple : les réécritures de contes de fées. L’avantage : on part de quelque chose existant, qui possède une trame avec laquelle on peut jouer.

Comment ne pas se décourager quand l’idée qu’on veut développer a déjà été utilisée ?

On ne peut pas être 100 % original, on ressemblera toujours à quelqu’un. De toute manière, si on ressemble à une autre œuvre, qui a plu, ce n’est pas forcément une mauvaise chose, car les lecteurs vont chercher à lire quelque chose de similaire à ce qu’ils ont aimé.

Comment savoir si une idée est bonne pour une nouvelle ou un roman ?

Ça dépend du nombre de personnages, de lieux, et de scènes.

Que faire quand on doit écrire sur un endroit dont ne sait pas grand-chose ?

Prendre le personnage focal, et décrire les lieux de son point de vue. La description ne sera peut-être pas utilisée dans le roman, mais elle sert à donner le ton.

Comment savoir quand abandonner une idée ?

Quand l’idée ne rentre pas dans l’histoire, qu’elle force à des digressions. Quand l’idée risque de générer des problèmes : racismes, homophobie…

Comment sélectionner ce sur quoi on va écrire ?

Si on est un auteur publié : choisir celle dont la deadline est la plus proche. Si on ne vit pas de sa plume : choisir l’idée qui nous enthousiasme le plus.

Exercice d’écriture 

Choisissez une idée qui vous enthousiasme et imaginez un casting de cinq différents personnages pour remplir le premier rôle.

Février : les personnages

Épisode 5 : Que voulez-vous dire par « mon personnage principal est ennuyeux » ?

Un problème récurrent avec les nouveaux auteurs : le personnage principal est ennuyeux et mal relié à l’histoire.

Souvent, le personnage sert de point de vue pour l’histoire, mais ne fait pas grand-chose. Une erreur récurrente : tenter de rendre le personnage intéressant en lui donnant un passé torturé, qui n’a aucun rapport avec l’histoire.

Pour corriger ce problème : donner quelque chose à faire au personnage et principal et surtout, lui donner des responsabilités. Donner un prix à ses actions, et mettre en jeu quelque chose d’important pour le personnage, quelque chose qu’il risque de perdre.

On l’a souvent répété, mais il faut donner des défauts aux personnages, quelque chose qu’ils doivent surmonter.

Exercice d’écriture :

Décrivez trois personnages, qui ont des âges, des professions et des loisirs différents. Ils marchent à travers un marché, vous devez décrire leur état d’esprit et laisser deviner leur professions et leurs loisirs sans jamais les citer. L’objectif de la scène : ils traversent le marché pour y déposer quelque chose.

Épisode 6 : le monde se construit autour de moi

En fantasy, comme en SF, on a tendance à construire le monde autour des héros, tout se passe là où ils sont. Ces personnages ne vivent que pour accomplir de grandes choses, et ne se soucient pas des choses « normales ».

Réfléchir, remettre en perspective : on n’a pas besoin de pouvoirs démentiels pour être le héros. Chaque personnage est le héros de sa propre histoire. Ex. : le comic « Gotham central », qui raconte la vie quotidienne des policiers à Gotham.

On peut tout de même très bien avoir pour héros un personnage épique, au centre de l’action. Mais, il ne faut pas oublier que dans le monde qu’on crée, il y aura des gens « normaux », qui auront des ambitions « normales ».

Ex. : Han Solo dans Star Wars. Il n’est pas un jedi, n’a pas de pouvoir, n’est pas noble ni rien. Son but dans la vie : gagner de l’argent et survivre.

Exercice d’écriture :

Vous vous souvenez la dernière fois que vous avez perdu un jeu? Reconstituez l’enchaînement des faits qui vous a amené à perdre. Utilisez la trame narrative qui en ressort pour une histoire.

Épisode 7 : mais qui sont tous ces gens ?

Comment savoir qu’on a le bon nombre de personnages ? Comment savoir si un personnage est utile ?

Distinction entre les personnages secondaires, ceux qui vont vraiment amener quelque chose à l’histoire, et les « porteurs de lances » : terme de théâtre pour désigner les figurants, qui vont partie du décor.

Un personnage secondaire, même s’il n’a qu’une apparition, et quelques lignes de dialogue, a une histoire, des envies et un but.

Comment donner de la réalité à un personnage secondaire en quelques lignes ?

Réfléchir en amont sur le personnage, écrire des scènes où il apparaît, même si elles ne serviront pas à l’histoire finale. Ça permet de cerner le personnage, de savoir ce qu’il veut, à quoi il ressemble, comment il bouge…

Attention quand on dépeint une autre culture : si on n’a qu’un personnage d’une autre culture, on prend le risque de dépeindre cette culture comme monolithique.

Exercice d’écriture :

Choisissez l’un des personnages créés pour l’épisode 5 et transformez-le en personnage secondaire. Maintenant, choisissez un des personnages avec lequel il a interagi et réécrivez la scène du point de vue de ce personnage.

Épisode 8 : Questions et réponses sur les personnages

Comment faire gagner du pouvoir au personnage principal, sans diminuer la valeur de l’antagoniste ?

On fait du « reverse engineering » : on part de la fin, on détermine où doit être le héros pour vaincre le méchant, puis on lui retire ses pouvoirs, et on sait d’où il part au début de l’histoire, et ce qu’il doit gagner.

Comment créer un arc pour un personnage faillible et le faire évoluer, sans supprimer les défauts qui l’ont rendu crédible et attachant pour le lecteur ?

Deux options : soit on prend un personnage pas super sympa au début, qui évolue pour devenir sympathique, soit on prend un personnage qui a un gros défaut au début, que l’histoire va corriger.

Il faut se rappeler qu’on ne se débarrasse jamais totalement d’un défaut, qu’on devient juste meilleur à le gérer. Il faut aussi savoir que parfois, le défaut d’un personnage est ce qui le rend attirant. Ex : House, l’intérêt de la série réside dans la tension entre sa compétence et son caractère abrasif.

Avoir quelqu’un qui aime le personnage pour ses défauts.

Quand on écrit à la première personne, comment donner l’impression que les personnages secondaires ont une vie à eux ?

C’est un peu la même chose que dans la vie réelle, avec ses amis. On ne sait pas ce qu’ils ont dans la tête, on ne sait pas tout ce qu’ils font, mais on en observe une partie, et on réfléchit à ce sujet. On juge leurs actions.

On peut mettre en place une variante du test Bechdel : est-ce que le narrateur assiste à la conversation de deux personnages secondaires, qui parlent d’autre chose que de lui ?

Pour donner de la réalité aux personnages secondaires, faire en sorte que le narrateur apprenne à leur sujet quelque chose qu’il ne connaissait pas du tout.

Comment écrire une histoire où le personnage principal n’est pas le plus actif ?

C’est faisable : ex. Gatsby. Le danger : créer un personnage qui ne soit qu’un observateur.

Pour donner de la réalité : donner quelque chose au personnage qu’il veut, des buts dans la vie.

Comment savoir quand l’intrigue dirige le personnage et non l’inverse ?

Quand le personnage n’a aucune vie en dehors de l’intrigue, quand il n’a plus de cohérence dans ses actions, et ne fait que réagir à l’intrigue.

Comment écrire un personnage qui a des vues racistes, homophobes, ou dérangeantes, sans offenser les lecteurs ?

Faire que les autres personnages le critiquent pour ça, ou réagissent.

Créer un personnage qui représente les valeurs que critique le personnage.

Comment écrire un personnage qui a une religion ou une ethnie différente ?

Faire des recherches, notamment sur le net. Quand on veut écrire sur un membre d’une secte, aller sur les sites pro sectes pour comprendre la mentalité et les arguments qu’ils vont avoir pour défendre leurs croyances.

Chercher les différences que cette personne va avoir avec nous, mais chercher aussi les similitudes.

Pour des personnes d’une culture disparue depuis longtemps : chercher des lettres, des photos, des choses écrites par les personnes de cette époque.

Comment écrire un antagoniste qui soit sympathique ?

Lui donner des buts qui soient plausibles, compréhensibles, et avec lesquels on s’identifie.

Exercice d’écriture :

Imaginez les événements avant et après la scène du marché des épisodes précédents.

Le mois prochain : la structure d’une histoire. 

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