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6 vérités sur l’autoédition

Cela fait quelque temps que je vois des débats assez animés sur Twitter au sujet de l’édition, de ce qu’attend un éditeur, mais également au sujet de l’autoédition.

C’est un sujet qui me tient à cœur car si je suis publiée chez différents éditeurs pour des nouvelles (Bragelonne,  Etherval, Brins d’éternité, L’IvreBook…), et chez Au Loup pour une série de romans jeunesse, je suis aussi autoéditée depuis 2015.

J’ai en effet à mon actif deux séries : La Ligue des ténèbres (un feuilleton steampunk et geek) et Kerys (une comédie de steampunk lovecraftien).

Je me rends compte que même si on parle beaucoup plus volontiers de l’autoédition qu’il y a quelques années, certains pans restent assez méconnus. Je me permets donc d’ajouter ma pierre à l’édifice et de parler, attention, roulement de tambour, des vérités de l’autoédition !

1. Vous allez en baver

Si, si, autant l’accepter tout de suite : vous allez en baver, parce que c’est parfois le parcours du combattant.

Parce que si vous croyez qu’autoéditer consiste à charger votre fichier dans Amazon KDP et appuyer sur « publier », vous allez au-devant de grandes désillusions.

Je m’explique.

2. Ce n’est pas la solution de facilité

Je l’entends souvent : les auteurs autoédités sont des aigris qui ont été refusés par l’édition traditionnelle et qui choisissent la voie de la facilité en publiant eux-mêmes.

Je pense que c’est vrai pour certaines personnes et que, si un texte a été refusé par les ME, il faut se demander pourquoi et si l’on ne peut pas l’améliorer.

Après, de mon expérience, les autoédités publient surtout parce qu’ils ont des textes qui ne rentrent pas forcément dans les cases de l’édition traditionnelle, ou que c’est une histoire qui leur tient à cœur et dont ils veulent garder le contrôle.

Certains auteurs passent par l’autoédition car ils ne se reconnaissent pas dans le temps éditorial : à quoi bon attendre parfois des années une réponse, travailler des mois et des mois sur un roman, qui finalement n’aura une durée de vie que de quelques semaines dans les rayons des librairies, avant de sombrer dans les limbes de l’oubli ?

Le constat est aussi financier : dans un contexte économique où les droits d’auteurs fondent à vue d’œil, l’autoédition offre une rémunération bien plus conséquente que les pourcentages du circuit traditionnel.

Pour La Ligue des ténèbres, je tenais à garder le contrôle de mon projet. Je savais que c’était un projet atypique et j’avais envie de le mener à bien. Saut de l’ange dans le monde de l’autoédition, donc. Youpi, agitez les pompons d’encouragement !

À ce stade, je savais que ce serait du boulot, mais je ne réalisais pas à quel point.

Dans l’édition traditionnelle, votre éditeur emploie un correcteur (pour le fond et la forme), il s’occupe de la maquette de votre livre, de sélectionner et payer un artiste pour la couverture. Il gère la préparation des ebooks et le tirage papier. Il prend en charge la diffusion, la relation avec les librairies, avec les festivals. Il assure la communication.

Dans l’autoédition, tout ça, c’est à votre charge.

3. Soyez honnête avec vous-même

Une des grosses difficultés de l’autoédition est pour moi l’autoévaluation.

Dans l’édition traditionnelle, vous travaillez avec un correcteur qui s’occupe de relire votre texte et votre éditeur vous dit quand un texte est prêt à être publié. Il y a donc une validation extérieure.

Dans l’autoédition, cette lourde charge vous revient.

Comment décider qu’un texte est prêt à être publié et qu’on a été jusqu’au bout des corrections ? Que c’est le meilleur texte que vous puissiez proposer à vos lecteurs ?

Il n’existe pas de réponse parfaite à ces questions, chaque auteur doit se connaître suffisamment pour en juger et doit considérer son œuvre avec honnêteté : sans mégalomanie excessive mais sans laisser non plus libre cours à son syndrome de l’imposteur.

Croyez-moi, quand vous avez la tête dans le guidon, céder à un excès ou à un autre est très aisé.

4. Soyez bon en communication

On l’entend souvent qu’il faut être bon en communication pour s’autoéditer efficacement, et pour le coup, c’est vrai.

Il faut maîtriser au minimum les outils de communication (Facebook, Twitter, Instagram et autres, il faut avoir un site ou un blog). Il ne faut pas hésiter à se mettre en avant, à démarcher de parfaits inconnus, que ce soit sur Internet ou dans la vie réelle.

Mais pas de panique : ça s’apprend. On peut se former sur le tas ou au contact d’autres personnes, ou suivre des formations (j’en ai vu passer quelques-unes sur les bases du marketing et l’utilisation des réseaux sociaux).

Alors, on ne va pas se leurrer, c’est plus simple pour certaines personnes que pour d’autres. Ayant un caractère introverti, c’est dur pour moi de me mettre en avant et de prendre contact avec des gens que je ne connais pas du tout pour leur proposer mes livres. Le jeu en vaut pourtant la chandelle et on apprend rapidement à passer outre l’inconfort.

Je me permets également d’insister sur un point essentiel : la politesse.

C’est très facile d’être malpoli sur le net, surtout avec les idiots. Rappelez-vous, soyez polis, même avec les cons. Je sais, ça fait mal, des fois le clavier démange. Mais une engueulade virtuelle ne vous apportera qu’un moment passager de satisfaction et risque au contraire de ternir durablement votre image.

Un des meilleurs conseils que j’aie pu lire à ce sujet vient du livre Write Publish Repeat et disait en substance que, sur le net, il fallait se comporter comme si on était invités chez des gens qu’on ne connaissait pas et donc rester poli, même si on n’était pas d’accord.

5. Sachez vous entourer

S’il y a vraiment une chose que cette aventure m’a apprise, c’est qu’il ne faut pas rester seule.

Revenons au point 2 et regardez toutes les tâches que vous allez devoir accomplir. Dites-vous que vous ne pourrez pas tout faire bien tout seul : il va falloir trouver des personnes qui pourront vous aider.

C’est suite à ce constat que des amis auteurs et moi avons créé le collectif Hydralune.

Nous sommes un regroupement d’auteurs, similaire à une association, et qui a le fonctionnement d’une maison d’édition : les œuvres passent par un comité de lecture avant d’être validées, nous avons des correcteurs/trices attitrés/ées, nous avons une charte graphique et une maquette commune, nous vendons via le même site internet. Nous louons des stands ensemble dans les salons du livre. La particularité est que chaque auteur reste propriétaire de ses droits et responsable de l’exploitation de ses œuvres

Chaque membre a des compétences (communication, gestion du site internet, création de la maquette, relecture…) qui sont mises en commun.

Nous utilisons beaucoup le bénévolat, mais payons certains intervenants, notamment les artistes pour les couvertures. À titre personnel, je sais que si un jour je dégage assez de bénéfices, je chercherai un/e correcteur/trice professionnel/les pour les relectures, et quelqu’un qui s’y connaisse bien en fabrication d’ebook (parce que c’est chronophage !).

Il faut néanmoins se dire que pour autoéditer, il faut un pécule de départ.

6. L’autoédition coûte de l’argent

On a trop tendance à croire que l’autoédition ne coûte rien et c’est faux.

Même si vous publiez en numérique uniquement, vous devrez payer votre illustrateur, ou les photos que vous allez utiliser pour la couverture (même si des sites comme Shutterstock offrent des banques d’images à des prix réduits, il faut quand même mettre la main au portefeuille).

Si vous choisissez un tirage papier, il faudra avancer les fonds pour le financer.

Vous aurez également des frais annexes : hébergement du site internet, impression de marque-pages, de flyers, d’un roll-up, matériel pour les salons (une nappe, des porte-livres…).

Si vous voulez participer à des salons, l’inscription est très souvent payante, et les prix peuvent grimper très très vite pour les gros événements. Il faut de plus se rendre sur place et s’y loger. Il faut prévoir un budget nourriture, bref, tous les frais annexes qui peuvent rapidement plomber un budget.

C’est un constat bassement matériel mais qu’il faut garder en tête : si vous voulez vous autoéditer, il faudra un petit pécule de départ.

J’espère vous avoir éclairés avec cet article.

L’autoédition est pour moi une formidable aventure, avec de bons moments et de fichus quarts d’heures, mais je ne regrette aucunement de m’être lancée, car j’ai énormément appris, que ce soit tant en écriture qu’en management.

Et puis, pour rien au monde je ne renoncerai à la proximité avec mes lecteurs !

Quoi de neuf cette quinzaine ? (du 18 au 31 janvier)

Ecriture

 

Les différents types de grands auteurs. Je suis INTJ, et vous?

 

J’adore Scrivener. Je l’ai déjà dit, mais ce logiciel est vraiment bien, complet, facile d’utilisation. Vous en doutez encore? Voici un petit tutoriel des différentes fonctions de Scrivener. 

 

Cultura et Libranova développent une plateforme pour les auteurs. Affaire à suivre, même si j’ai peur que ça camoufle du compte d’auteur déguisé.

 

 

Culture

 

Nzinga, reine du Ndongo, par Pénélope Bagieu. N’hésitez pas à parcourir le reste du blog et à vous abonner.

 

Une petite histoire du baiser à travers les âges.

 

Une liste de westerns à voir absolument. Je plussoie pour la Flèche brisée et pour No country for old men. J’aurais aussi rajouté True Gritt. En tout cas, ça fait une nouvelle liste de visionnage.

 

 

Et pour finir, un peu de rigolade : si les hommes faisaient des shootings photos de lingerie. Attention : vous pouvez perdre des points de santé mentale en cliquant sur ce lien^^.

 

Quoi de neuf cette quinzaine? (du 14 au 27 décembre 2015)

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Derniers billets de l’année ! J’en profite pour vous souhaiter à tous de très bonnes fêtes et une excellente année 2016. Je reviens l’an prochain, avec plein de nouveaux projets, des publications, et de nouveaux articles.

Vous pouvez, en attendant le début de la saison 2 le 30 mars 2016, vous replonger dans la lecture de la saison 1 de la Ligue des ténèbres, disponible en numérique, mais aussi en papier.

Ecriture

Le bilan de Aude Réco sur l’autoédition. A lire si l’aventure vous tente.

Comment créer une religion. Loin de moi l’idée de faire de vous des gourous de secte ! Mécanisme d’histoire propose un article fort bien pensé sur la manière de créer une religion réaliste pour un roman. A lire absolument !

Comment définir l’incident déclencheur. L’incident déclencheur, c’est ce qui va lancer votre histoire, il faut qu’il soit cohérent, mais aussi bien placé dans l’histoire. Toutes les informations dans l’article.

Read more…

Quoi de neuf cette semaine? (du 01 au 14 juin)

Démonstration de combat de gladiateur en Normandie oblige (oui, je sais, j’ai des loisirs étranges), la semaine compte double cette fois-ci !

 

Ecriture

 

Cet article est dédié à Roxanne Tardel : les 10 typographies qu’on adore détester. L’article est très bien vu, et à mourir de rire.

 

14 idées préconçues sur l’autoédition. Article en anglais, dont je recommande la  lecture à tous ceux que le sujet intéresse. Le point 4 est particulièrement vrai. Et pour rester dans la même thématique, voici deux avis d’auteurs sur le sujet.

 

Une chouette infographie : romancier ou scénariste?

 

 

Culture

 

Le numérique impacte-t-il notre capacité à mémoriser? Une réponse de Rue 89 et l’Obs. Et parce que l’actualité aime parfois faire preuve d’ironie : un scientifique affirme pouvoir altérer les souvenirs. J’ai quelques doutes sur la véracité totale de cette dernière info, mais l’affaire est à suivre en tout cas.

 

Pourquoi il faut toujours regarder les génériques des séries télé.

 

Les élites du futur seront-ils des cyborgs? La réponse du Traqueur Stellaire. On en est loin, mais le sujet mérite d’être abordé, et pourrait donner de bonnes idées aux auteurs de SF.

 

Et pour finir, les superbes estampes de Utagawa Kuniyoshi.

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Quoi de neuf cette semaine ? (du 20 avril au 03 mai)

Cette fois-ci, la semaine compte-double, pour cause de vacances à Rome !

 

Ecriture

 

8 raisons de se lancer dans l’autoédition (article en anglais). En gros : 1. pour être le chef, 2. pour prendre des risques, 3. pour gagner plus d’argent, 4. pour contrôler les changements et le travail éditorial, 5. pour fixer soi-même ses deadlines, 6. pour gérer le marketing, 7. pour garantir une meilleure durée de vie à ses écrits, 8. pour contrôler les prix.

 

Culture

 

Pourquoi le pastis mélangé à de l ‘eau devient-il opaque? Enfin une réponse à cette question existentielle ^^.

 

Un débat intéressant sur la fiction française et ses difficultés à se vendre à l’étranger.

 

Quand la Terre était une boule de glace.  un article du monde sur le sujet et, pour compléter la lecture, l‘avis du Traqueur Stellaire.

 

Moleskine sort des carnets « Alice au pays de merveilles ». J’en connais certains à qui ça va plaire. Pas sûre que le porte-monnaie apprécie, par contre.