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Les oubliés d’Ushtar – Emilie Querbalec

Résumé

Ushtâr, planète-océan des confins.

Lorsque, après une guerre aussi brève qu’inégale, le Gouvernement tombe aux mains du régime autoritaire et ultra-patriarcal d’Albâr, Gul-Yan n’a d’autre choix que de fuir avec les autres Infants. Objectif : sauver la Gemme de Vie, dépositaire de la mémoire de son peuple. Mais cette évacuation ne se déroule pas comme prévu…

Dans les méandres d’une cité à moitié engloutie, la traque commence. Or, rien n’arrête les Nadjams, ces soldats programmés pour tuer.

Rien, sauf peut-être l’Arme-Vie. Mais celle-ci n’est-elle pas une simple légende ?

 

 

Mon avis

Je connais la plume d’Émilie Querbalec par le magazine Etherval. J’avoue que j’apprécie sa sensibilité et son côté à la fois très fluide et très ciselé.

J’ai été heureuse de la retrouver dans ce roman : c’est vraiment très bien écrit, sans jamais être lourd. Les descriptions sont splendides, délicates et poétiques, ça se lit tout seul.

 

J’ai aussi aimé l’univers décrit, il est très riche et assez original (inspiré des philosophies orientales, il me semble).

On sent que c’est travaillé et qu’il y a eu des heures de recherches et de réflexion pour livrer un tout cohérent : il y a une attention aux détails, notamment de la vie quotidienne, à la philosophie, qui fait vraiment exister Ushtar.

 

J’ai eu un peu plus de mal à accrocher aux personnages principaux : j’ai trouvé que Gul-Yan et Illâan étaient un peu lisses, un peu trop archétypaux.

J’ai trouvé les personnages secondaires plus intéressants, notamment la matria Pi-Yan et le clone Joon-One. La matria est une femme forte, qui se retrouve à devoir naviguer en politique à choisir entre ses croyances et son but final. Ses doutes et ses peurs sont très bien rendus.

Joon-One est un clone dévoué fanatiquement à l’empire d’Albâr. Mais il entre en contact avec une gemme-mémoire et récupère une voix qui va le faire douter et remettre en question ce en quoi il croit. De tous les personnages, j’ai trouvé que c’était celui qui évoluait le plus et qui m’a le plus touché.

 

Malgré un départ très fort, l’histoire se déroule de manière assez lente, sans que ce soit une critique, car cet aspect un peu contemplatif sert les thèmes généraux du roman (la mémoire d’un peuple, le choix, la place d’un individu dans une société).

Je regrette quand même que l’intrigue manque un peu de surprise et de rebondissements. Je regrette aussi que beaucoup des noms aient des consonances similaires, ce n’est pas évident pour se repérer !

Les meurtres de Molly Southborne – Thade Thompson

 

Résumé

Molly est frappée par la pire des malédictions. Aussi les règles sont-elles simples, et ses parents les lui assènent depuis son plus jeune âge. Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi. Ne saigne pas. Si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent. Si tu trouves un trou, va chercher tes parents. Molly se les récite souvent. Quand elle s’ennuie, elle se surprend à les répéter sans l’avoir voulu… Et si elle ignore d’où lui vient cette terrible affliction, elle n’en connaît en revanche que trop le prix. Celui du sang.

 

Mon avis

Pour un voyage en train, j’avais sélectionné cette novella de la collection « Une heure lumière » du Belial, parce que le résumé m’inspirait.

 

Le texte est effectivement assez court et se lit en un peu plus d’une heure. C’est donc très prenant et sans temps mort.

 

On découvre donc l’histoire de Molly, qui est victime d’une étrange affliction : dès qu’elle saigne, elle crée un clone d’elle-même qui va chercher à la tuer. Heureusement pour elle, elle peut compter sur ses parents, notamment sur sa mère, une femme au passé trouble experte en combat et en armes.

 

Le début décoiffe, on ne sait pas trop ce qui se passe et d’où vient cette malédiction. On suit Molly au fur et à mesure qu’elle en découvre l’ampleur et qu’elle et ses parents établissent des règles pour survivre.

C’est brut de décoffrage, assez gore par moment et ça a un côté à la fois film d’horreur et conte de fées.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette partie.

 

J’avoue avoir moins accroché au dernier tiers, j’ai trouvé que l’intérêt retombait un peu et je n’ai pas entièrement était convaincue par la fin (il y a un retournement que j’avais vu venir dès le début) et par l’explication de cette malédiction.

 

Malgré tout, c’est un texte que je recommande si vous cherchez une histoire courte et palpitante.

La Passe-miroir, Christelle Dabos

Je pense que tout le monde maintenant a entendu parler de La Passe-miroir, saga de Christelle Dabos, révélée par le concours Gallimard jeunesse.

 

J’avoue que le pitch était alléchant : 

 

Sous ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons, la jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

 

 

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour le lire ? Et bien parce que je me méfie des effets de mode et que les dernières fois qu’on m’avait vendu un roman en m’annonçant que c’était la révélation en fantasy du siècle, j’avais été un peu déçue (coucou, Kvothe !). J’ai aussi attendu parce que, à l’inverse, si ça me plaisait, je n’avais pas envie d’attendre la sortie des romans (oui, je sais, je suis compliquée ^^).

Alors bon, comme le tome 4 est sorti, je me suis lancée. Verdict :

 

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Mécomptes de fées – Terry Pratchett

Résumé

Une mission de tout repos pour trois sorcières de haut vol (Air Balai) : empêcher les épousailles d’une servante et d’un prince. Pas de quoi impressionner Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg et Magrat Goussedail. Oui, mais : 1. Ça se passe à l’étranger (beurk !), dans la cité lointaine de Genua. 2. Que faire d’une baguette magique de seconde main qui ne sait que transformer les choses en citrouille ? 3. Comment s’opposer au pouvoir irrésistible des contes s’ils sont manipulés par la redoutable « bonne fée » Lilith ? N’est-ce pas le merveilleux destin d’une servante que d’épouser le prince ? Comme celui des mères-grands de se faire dévorer par le loup ? Tel n’est pourtant pas l’avis de madame Gogol, la sorcière vaudou des marais de Genua. « enco an piti zassiette di gombo, ma chè ? »

 

Mon avis

J’ai une affection toute particulière pour les Terry Pratchett mettant en scène les sorcières. Je trouve qu’il a vraiment réussi à dépeindre des femmes fortes, importantes dans leur communauté, mais chacune avec leurs défauts et les choix qu’elles doivent porter.

J’aime beaucoup Mécomptes de fées parce qu’il ajoute à cela une parodie des contes de fées.

 

On retrouve donc Mémé Ciredutemps, qui se retrouve à devoir aller à Genua avec Nounou et Magrat, alors qu’on leur a bien spécifié de ne pas y aller.

 

Toute la première partie qui raconte leur voyage est absolument truculente. J’ai lu ce livre plusieurs fois, mais à chaque lecture je ris autant. Nains, vampires et toréadors n’ont qu’à bien se tenir et surtout, à ne pas sous-estimer les petites vieilles.

Ils vont également croiser nombre de personnages de contes de fées : le grand méchant loup, le petit chaperon rouge, Cendrillon. C’est assez drôle de repérer les clins d’œil et de voir comment les contes de fées s’articulent avec les pouvoirs des sorcières.

 

Le roman prend un tour plus sombre lors de l’arrivée à Genua, quand entre véritablement en scène Lady Lilith, qui a un lien tout particulier avec Mémé Ciredutemps.

Les contes sont ici pervertis par Lady Lilith, qui veut faire de Genua une cité où tout le monde est heureux, qu’il le veuille ou non.

Le personnage est assez glaçant, parce qu’elle est persuadée d’être la bonne sorcière et d’agir pour le mieux. J’ai beaucoup aimé la confrontation entre sa vision et celle de Mémé, et la manière dont chacune utilise son pouvoir.

Tout le passage au bal est à la fois hilarant (car les sorcières tentent d’infiltrer un bal masqué) et absolument épique.

 

Genua est aussi très réussie : plutôt que d’avoir une ville typique de conte de fées, Pratchett la métisse avec des influences Louisianaises. Certains personnages parlent une sorte de créole, on pratique le vaudou, les habitants aiment faire la fête et Nounou découvre le rhum et les bananes.

 

Côté personnages, on retrouve le trio formé par Magrat, Nounou et Mémé (alias la pucelle, la mère et… l’autre). Lilith est haïssable et effrayante, Madame Gogol, la sorcière vaudoue est un personnage qui commence comme une caricature, mais qui révèle beaucoup de subtilités. Mon petit chouchou sur ce tome, c’est Gredin, le chat de Nounou, qui va jouer un rôle à la fois important et inattendu. Un des grands moments du livre.

 

En résumé : un de mes pratchett préférés, que je ne me lasse pas de relire.

La dernière colonie, John Scalzi

 

Résumé

Je m’appelle John Perry. J’ai quatre-vingt-huit ans, dont soixante-quinze passés sur Terre, six dans les Forces de défense coloniale et bientôt huit comme colon sur la planète où je vis avec ma femme Jane, ex-lieutenant des Brigades fantômes, et ma fille adoptive Zoé. Ce monde, nous le quittons demain pour nous en aller fonder la nouvelle colonie de Roanoke. Étrange colonie, Roanoke, condamnée à l’isolement, un pion dans le jeu que mène l’arrogante Union coloniale contre les quatre cent douze espèces extraterrestres du Conclave. L’enjeu ? La survie d’une communauté de pionniers, mais aussi l’avenir de l’espèce humaine dans la Galaxie.

 

Mon avis

 

J’avais bien aimé le premier tome de cette série et beaucoup le deuxième, on repart pour le troisième tome, qui reprend le héros du premier : John Perry.

 

Suite aux événements de Brigades Fantômes, Jane Sagan a pris sa retraite et a épousé John. Ensemble, ils ont adopté Zoé, la fille du traître Charles Boutin, et tout ce petit monde coule des jours heureux sur une nouvelle colonie.

Mais le répit est de courte durée : la famille est recrutée pour superviser une nouvelle colonie humaine : Roanoke.

Sans spoiler l’un des twists de l’histoire, disons que cette aventure ne va pas être de tout repos et que John va réaliser très vite qu’en plus des dangers de la colonisation, ils vont devoir affronter ceux de la politique.

 

Le début est un peu long, mais c’est une critique que j’avais déjà fait pour les tomes précédents. Il faut le temps que l’intrigue s’installe, qu’on présente les nouveaux personnages ainsi que les enjeux de cette colonisation.

Une fois que l’intrigue est lancée par contre, ça s’enchaîne bien et sans temps mort. On découvre en même temps que Perry à quel  point lui et ses colons sont dans la panade. Le jeu de l’UC se dévoile petit à petit et c’est une véritable course contre la montre pour survivre.

 

L’univers s’approfondit un peu plus avec ce tome, qui explore vraiment les magouilles de l’UC ainsi que le rôle du Conclave (dont l’existence a été dévoilée dans le tome 2).

 

On découvre aussi Zoé, qui est ici une adolescente et qui doit gérer à la fois le stress de la colonisation et celui d’être une sorte de déesse vivante pour les Obins. Elle s’en tire plutôt bien et est assez équilibrée, sûrement grâce à ses parents adoptifs. Leur relation est très juste et touchante en tout cas.

Dans les nouveaux venus, j’ai beaucoup aimé Savitri, secrétaire de John Perry, à la fois caustique et hyper efficace, j’espère qu’on la reverra.

 

La fin ouvre de nouvelles possibilités sur la série, quelques questions pour moi restent en suspens (notamment l’histoire des bestioles sur la planète qui boulottent les colons) et j’ai hâte de voir comment ça va évoluer.

Prochaine lecture donc, Zoé, qui raconte une partie des événements du point de vue de la fille adoptive de John !