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Procrastination

Aujourd’hui, on va parler d’écriture, et surtout de ressources pour les écrivains.

 

Ceux qui me suivent depuis un moment déjà savent que j’aime bien étudier les techniques d’écriture et me documenter (j’ai quelques articles et des fiches de lecture sur cette page).

 

 

Depuis des années, j’écoute régulièrement le podcast Writing Excuses, animé par Brandon Sanderson, Howard Tayler, Dan Welles et Mary Robinette Kowal (j’en parle ici).

 

 

Le principe de Writing Excuses est simple : « 15 minutes long because you’re in a hurry and we’re not that smart ».

En gros, 15 minutes pour discuter d’un sujet lié à l’écriture, qu’il s’agisse de la création d’un personnage, de comment créer du suspense, ou tout simplement de comment surmonter un blocage.

 

Le podcast est en langue anglaise, ce qui peut rebuter ceux qui n’auraient pas un niveau d’anglais suffisant pour comprendre, je le reconnais. C’est là qu’intervient Procrastination.

 

Procrastination est la version française de Writing Excuses, animé par Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort. « 15 minutes parce que vous avez autre chose à faire et qu’on n’a pas la science infuse ».

Voilà tout est dit.

 

On reprend donc le principe de Writing excuses : 15 minutes sur un thème donné. Et c’est chouette.

 

C’est chouette, parce que comme l’original, Procrastination ne vous donnera pas des réponses toutes faites, mais vous forcera à vous interroger sur votre rapport à l’écriture et sur la manière dont vous voyez les choses.

 

C’est chouette parce que les auteurs ont tous des approches différentes, notamment au niveau du plan d’un roman (architecte et jardinier, je pense que j’y consacrerai un prochain article). Les points de vue se confrontent, on discute même si on n’est pas d’accord, c’est constructif et passionnant, le tout dans une ambiance conviviale et apaisée.

 

Très franchement, certains épisodes m’ont vraiment fait cogiter, d’autres (celui sur les descriptions notamment) m’ont fait mettre des mots clairs sur quelque chose que je pressentais. J’aime bien, parce que ça me force à sortir de ma zone de confort et à envisager d’autres pistes pour des romans et nouvelles que celles que j’avais en tête.

 

Le podcast compte pour l’instant 3 saisons, qui abordent des thèmes variés allant de la place du rêve dans la création au choix du titre, en passant par la rémunération des auteurs dans le monde de l’édition. Apparemment, une quatrième saison serait en préparation (chouette !)

 

Bref, je pense que si vous voulez évoluer dans votre écriture, écouter ce genre d’émission est un must.

 

 

Et maintenant, fini de procrastiner, allez écrire !

 

 

 

Vous pouvez retrouver le podcast sur le site de Lionel Davoust

La saison 1 est également sur Youtube

Architectes et jardiniers

Je vois souvent passer sur les réseaux sociaux des débats entre architecte et jardinier au niveau de l’écriture.

 

Pour information, les termes ont été définis par George Martin, auteur du Trône de fer, pour définir deux types d’écrivains.

 

“I think there are two types of writers, the architects and the gardeners. The architects plan everything ahead of time, like an architect building a house. They know how many rooms are going to be in the house, what kind of roof they’re going to have, where the wires are going to run, what kind of plumbing there’s going to be. They have the whole thing designed and blueprinted out before they even nail the first board up. The gardeners dig a hole, drop in a seed and water it. They kind of know what seed it is, they know if planted a fantasy seed or mystery seed or whatever. But as the plant comes up and they water it, they don’t know how many branches it’s going to have, they find out as it grows.”

 

Voici une traduction de la citation par votre serviteur :

 

« Je pense qu’il y a deux catégories d’écrivains, les architectes et les jardiniers. Les architectes préparent tout à l’avance, comme un architecte construit une maison. Ils savent combien de pièces aura la maison, quel type de toit elle aura, où se trouverons les câbles et quel type de plomberie elle aura. Ils ont conçu et ont les plans de tout avant même de planter le premier clou. Les jardiniers creusent un trou, plantent une graine et l‘arrose. Ils savent quel type de graine ils ont planté, si c’est une graine de fantasy, d’enquête policière ou autre. Mais quand la plante sort et qu’ils l’arrosent, ils ne savent pas combien de branches elle aura, ils le découvrent au fur et à mesure qu’elle grandit ».

 

En gros, l’architecte est celui qui va créer les plans de sa maison avant de la construire. Le jardinier, lui, plante une graine et voit ce qui va sortir.

A noter qu’architecte et jardiniers sont parfois appelés « plotter » et « plantser » sur les sites anglo-saxons.

 

 

J’entends souvent que tel archétype est supérieur à l’autre, parce que plus efficace ou plus intuitif. On va d’abord poser quelque chose qui me semble important de rappeler : ce n’est pas mieux d’être architecte ou jardinier, c’est différent.

 

Je suis architecte, j’ai besoin de construire mon plan à l’avance pour savoir où je vais, sinon je bloque, je procrastine et je finis par laisser tomber. A l’inverse, je connais pas mal de jardiniers qui ont l’impression d’être enfermés par des plans et qui ont arrêté d’en écrire parce que de toute manière, ils ne les respectent pas.

Vous êtes architecte ou jardinier, aucun des deux n’est supérieur à l’autre, c’est juste une manière différente d’aborder l’écriture.

 

 

Chaque méthode a pour moi ses avantages et ses inconvénients

 

Architecte :

 

Les avantages

—  On sait souvent de manière assez précise où on va en terme de longueur.

—  Faire des fiches, c’est plus pratique pour travailler et éviter de perdre des détails.

—  On peut faire relire sa trame en amont à des bêta lecteurs pour éviter les gros plantages.

—  C’est plus simple pour vendre un projet à un éditeur (qui demande souvent d’avoir les trames préparatoire des romans suivants quand on part sur une série. L’éditrice de Au Loup m’a avoué que pour Aiden Jones, le fait que j’ai déjà la trame pour les deux tomes suivants a joué dans la signature du contrat).

 

Les inconvénients

—  Il est facile de se perdre dans sa trame. On procrastine en raffinant une trame qui est déjà très complète, au lieu de l’écrire.

—  Si l’on suit sa trame sans écouter son histoire, et qu’on refuse de dévier, on peut très facilement aller dans le mur. On peut aussi vite paniquer quand on sort de la trame et qu’on se rend compte que ce qu’on avait prévu ne fonctionne pas.

 

 

Jardinier :

 

Les avantages

—  L’histoire est très souvent organique : elle a « poussé » de manière naturelle, les personnages ont une bonne cohérence.

—  Si les jardiniers se prennent tout autant la tête que les architectes sur les textes, ils ont souvent un rapport plus spontané avec l’écriture et leurs histoires. On écrit, on se laisse porter, et il y a souvent de jolies surprises.

 

Les inconvénients

—  On peut parfois se perdre dans son histoire et se retrouver face à un mur, sans savoir comment on est arrivé là et comment on s’en sort.

—  La mémoire humaine est faillible, on oublie souvent des détails de l’histoire (noms de personnages, apparence physique…).

—  On a beau savoir ce qu’on veut faire avec son histoire, les éditeurs veulent du concret et souvent un plan.

 

 

De plus, on n’est jamais totalement jardinier ou totalement architecte. Pour moi, on a une dominante, mais on n’est pas 100 % l’un ou 100 % l’autre.

 

Je reprends comme exemple mon humble personne (la tête, ça va. Par contre, les chevilles sont un peu à l’étroit dans mes Dr Martens).

Je suis architecte pour le plan général de l’histoire, mais j’ai remarqué que je suis totalement jardinière sur des éléments précis. Par exemple, je sais que les personnages doivent aller d’un point A à un point B, mais je ne sais pas comment, ou ce qui va leur arriver. Je ne sais pas exactement à quoi ressemblent les lieux avant de les écrire, et je découvre souvent des tics et des manies des personnages.

 

Rachel Fleurotte qui est plutôt jardinière dans l’âme, fait quand même une tonne de recherches avant tout roman, notamment sur sa dernière série, Les mystères de Joux, parce que c’est une uchronie et qu’il faut être parfaitement au point sur les détails historiques.

 

Une amie autrice, Hermine Lefebvre m’a récemment parlé d’une catégorie d’auteurs qui se définissent comme paysagistes ou randonneurs.

En gros, cette troisième voie se situe entre les deux. Un paysagiste va être plutôt un jardinier, qui décide de “treiller” un peu son oeuvre en amont (avec une trame générale, ou des fiches de personnage par exemple) ou bien un architecte qui décide de partir un peu à l’aventure sur un pan de son oeuvre.

De plus en plus, je me reconnais dans cette voie et je croise des gens sur les réseaux sociaux à qui ça parle.

D’ailleurs, je trouve que cette charte résume assez bien la diversité des profils

Et vous, où vous situez vous? Moi j’étais très lawful plotter il y a quelques années, je suis plus neutral plotter maintenant, avec quelques touches de lawful plantser ^^

 

 

 

Je suis actuellement en train d’écrire un roman en mode total jardinier : sur un carnet, on y va comme ça vient, un peu à l’arrache. Je ne sais pas où ça va me mener et si même ça va donner quelque chose d’exploitable, mais je teste.

 

Pour résumer, il n’y pas de méthode supérieure à l’autre, chacune se valent et vont mieux correspondre à un type de personne. Je pense néanmoins que rien n’est vraiment figé, qu’on évolue au fil de sa carrière et qu’il ne faut pas se cantonner à ce qu’on pense être. Changer de méthode pour un roman, une nouvelle, ou tout simplement pour écrire une scène, ça peut permettre de débloquer un passage. C’est aussi une manière de ne pas rester dans sa zone de confort et d’évoluer.

 

De murmures et d’ombres

Bonjour à tous

 

J’ai décidé de réactiver mon compte Wattpad et d’y publier le roman sur lequel je travaille : De murmures et d’ombres.

 

 

Pour Louve la changebête, c’était une mission de routine : entrer dans le quartier gémeau pour dérober des grenats et ressortir ni vu ni connu. C’était sans compter sur le cadavre.
Pourchassée par les gémeaux, Louve trouve refuge chez les modeleuses, qui sont bien embêtée par cette encombrante invitée surprise. D’autant plus qu’autour d’elle, les corps commencent à s’empiler.
Qui a intérêt à faire accuser Louve? Pourquoi tous ces morts?
Dans une cité sous tension, où les fragiles alliances commencent à voler en éclats, Louve, aidée d’Aliska la vampire et de Rêvelune la modeleuse, devra faire la lumière sur ce qui se trame.

 

 

Lire De Murmures et d’ombres sur Wattpad

 

C’est une histoire importante pour moi, un roman de fantasy commencé il y a plus de 10 ans. C’est grâce à cette histoire que j’ai rencontré des amis d’écriture qui m’ont vraiment aidé à progresser (Rainette, Rachel Fleurotte, Hardkey, Cerise, et toute la bande de l’AE ^^). 

 

Aujourd’hui, j’ai vraiment envie de mettre un point final à ce projet et je vous livre donc la dernière version en date. N’hésitez pas à lire et me faire vos retours !

 

 

 

Bilan de la décennie et projets 2020

L’année 2019 se termine, il est temps de faire le bilan comme chaque année. Mais si d’habitude je fais une rétrospective de l’année passée, cette fois, changement de décennie oblige, ce sera un bilan de la décade 2010/2019 (ça fait un peu mal de dire ça).

 

J’ai commencé à écrire en 2002, j’avais 17 ans. Même si je n’ai jamais vraiment arrêté, il y a eu des phases où j’ai moins écrit, notamment l’année 2009 où j’étais en école d’administration, soumise donc à beaucoup de pression.

2010 a marqué un tournant : j’ai eu mon premier travail et j’ai donc eu un peu plus de temps (pas de révision tard le soir et le week-end, plus besoin de jongler entre études et petit boulot). J’ai donc repris sérieusement l’écriture.

En 2011, j’ai rejoint un forum, l’Atelier d’écriture, et ça a été le tournant pour moi. J’ai rencontré d’autres auteurs (Rachel Fleurotte, Rainette, Louen, Hardkey, Cerise, Roxanne Tardel, Rima, Niko, et toute la bande). Ensemble, on a écrit, on a commenté les textes et grâce à eux, j’ai progressé.

J’ai aussi rencontré par ce forum Andréa Deslacs et l’équipe d’Etherval, chez qui j’ai publié ma première nouvelle, Le Déclin. Avec eux, j’ai expérimenté le travail éditorial et l’art des corrections (Merci à Julie Limoges, Iphégore Ossenoire, Raccoon, Anna Combelles, Audrey Aragnou, Hermine et à tous les autres).

 

Cela m’a montré que je pouvais publier des textes, que j’étais assez bonne pour ça. Cela m’a aussi montré que c’était du boulot ^^.

 

J’ai par la suite continué à écrire des nouvelles. Parce que le format me plaît, parce que c’est un bon moyen de me sortir des idées de la tête et de les coucher sur papier, et parce que c’est un entraînement pour l’écriture.

 

J’ai récemment fait les comptes, sur la décennie, j’ai écrit 75 nouvelles. Certaines sont très courtes (une ou deux pages, je les écrivais du temps où je participais aux concours sur l’atelier d’écriture) d’autres plus longues.

 

Certaines ont été publiées dans des magazines, des anthologies ou des webzines (vous avez un petit récap ici).

 

 

L’une d’entre elles est même au sommaire de Contes et Récits du Paris des merveilles. Je dois d’ailleurs remercier Rachel, Cerise et Rainette, qui m’ont poussé à candidater à cet appel à texte. Merci les filles !

 

 

 

 

D’autres de ces nouvelles n’ont pas eu autant de chance, mais l’une d’entre elles a eu son importance : La Ligue des ténèbres.

Il s’agissait au départ d’une nouvelle proposée à un appel à texte sur le thème « quand les ténèbres viendront ». La nouvelle n’avait pas été retenue, mais le comité avait apprécié les personnages et l’humour, tout comme mes bêtas lecteurs. 

 

Suivant l’exemple de Rachel Fleurotte, j’ai tenté l’aventure de l’autoédition, d’abord en numérique, puis en papier. La Ligue des ténèbres s’est donc lancée à la conquête du monde !

La série est maintenant complète (et disponible ici), mais la Ligue n’a pas tout à fait dit son dernier mot, je vous en reparle plus tard ^^.

 

 

Outre les nouvelles, j’ai aussi écrit des romans. 14 sur la décennie en fait.

Certains sont encore en travail, en relecture, ou simplement à l’arrêt parce que je n’ai pas le temps/l’énergie/le bon état d’esprit (rayez la mention inutile) pour reprendre ces textes.

Quatre d’entre eux ont été plus chanceux que leurs petits camarades ^^

 

 

La trilogie Kerys

 

Au départ, cela a commencé par une chanson, Victorian Vigilante d’Abney Park, et une envie de créer un univers steampunk, vu que je venais de découvrir ce mouvement.

 

Kerys est un drôle de mélange : un univers steampunk résolument inspiré de la France de la Belle Époque, où se glissent des références lovecraftienne, le tout sous forme de comédie d’action.

 

Kerys est paru au sein du collectif Hydralune, et je remercie les Hydres de m’avoir tant aidée dans ce projet.

 

 

Aiden Jones

 

Comme La Ligue des ténèbres, La Marque a commencé comme une nouvelle, avant que je me rende compte que ça allait être une très grosse nouvelle ^^. J’ai donc retravaillé le roman, qui est devenu le premier tome d’une trilogie, Aiden Jones.

 

 

La marque est paru le 01 octobre 2019 aux éditions Au Loup !

 

 

 

Et maintenant ?

 

Ce serait un peu étrange de faire les projets pour la décennie à venir. S’il y a bien une chose que ces dernières années m’ont appris, c’est que les plans de bataille, ça ne résiste jamais à la réalité du terrain.

 

Malgré tout, je garde mon habitude de fixer mes objectifs pour l’année 2020.

 

 

 

 

 

— Tome 2 de Aiden Jones

 

L’année 2020 sera d’abord consacrée à Aiden.

 

Le tome 2 de ses aventures, Le Collegium, a été écrit au cours du camp nanowrimo de juillet 2019, et le début de 2020 sera donc consacré aux corrections de ce manuscrit.

 

Je pense que le tome 3, Les Reines, sera mon projet pour le camp Nanowrimo de juillet 2020 (oui, je compte le refaire, parce que c’était vraiment bien !).

 

 

— Livret bonus de La Ligue des ténèbres

 

Deuxième projet phare pour 2020 : publier ce livret bonus.

 

Il s’agirait d’un livret regroupant les couvertures des épisodes et du contenu bonus.

 

Je me fixe comme date juin 2020, ce qui me laisse le temps de vous préparer une belle impression et qui laissera aussi à Sylvie de la marge pour nous préparer une couverture dont elle a le secret !

 

 

— La Guerre des Trois P

 

Si vous me suivez depuis un moment et que vous lisez mes nouvelles, les noms de Yorgl le gobelin et du roi Kild devraient vous être familiers.

Il s’agit de héros mis en scène dans trois nouvelles : Grakaash, conquérant des étoiles, paru chez le studio Babel, Les jeux de la glace et Un Bon gobelin, chez Etherval.

 

J’aime bien les gobelins et l’idée qu’ils mènent une guerre économique contre l’hégémonie elfe.

Pour 2020, je vais développer leurs aventures au sein d’un roman : la guerre des trois P (Pouvoir, prestige, pognon, la trinité si chère au roi Kild). Et je reviens donc à mes premières amours : la light fantasy et l’humour.

 

L’idée est de me faire plaisir et d’écrire ça à mon rythme, sans me prendre la tête.

 

 

 

— Corriger De murmures et d’ombres

 

Il s’agit d’un des 14 romans écrit au cours de la décennie passée. C’est un roman de fantasy qui me hante de puis près de 10 ans et qui, je l’espère, a enfin atteint la maturité.

 

En 2019, je suis venue à bout du premier jet du tome 1 (de oneshot, on est passé à diptyque ^^). En 2020, j’aimerais bien reprendre ce premier jet, le corriger, et l’envoyer en bêta lecture.

 

 

— Reprendre Le Cœur des Liris

 

Il s’agit d’un petit roman, une romance SF assez mignonne, avec de l’action et de l’aventure.

L’histoire me plaît bien comme elle est, il faut juste que je lisse un peu le manuscrit (comprenez que je termine de corriger les fautes ^^) avant de l’envoyer en beta lecture.

 

 

 

Voilà, le cap est fixé pour 2020, il n’y a plus qu’à s’y mettre !

 

Relations entre personnages – La théorie « Kowal »

Aujourd’hui, nous allons parler écriture, et plus particulièrement relations entre les personnages.

J’aimerais vous faire découvrir une théorie découverte dans le podcast Writing Excuses.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Writing Excuses est un podcast en langue anglaise, animée par quatre auteurs : Brandon Sanderson, Howard Taylor, Dan Welles et Mary Robinette Kowal. Toutes les semaines depuis 14 ans maintenant (oui, je sais, une longévité impressionnante), ces quatre auteurs abordent en 15 minutes un sujet lié à l’écriture.

Dans un des épisodes, Mary Robinette Kowal a développé une théorie sur les relations entre les personnages.

Elle est issue de conseils que sa belle-mère a donné à son fils concernant sa vie sentimentale, et se résume de la manière qui suit : il existe 6 axes qui définissent la personnalité et au plus nos propres axes ressemblent à celui d’une autre personne, au mieux on va s’entendre.

Jusqu’ici, rien de révolutionnaire. La théorie est intéressante quand on l’applique en écriture. Plus on se ressemble et mieux on va s’entendre, mais l’inverse est vrai. On peut se rejoindre sur certains points et diverger sur d’autres. De ces différences vont justement naître les frictions et donc les conflits si chers à nos petits cœurs d’écrivains.

À noter que cette charte peut être appliquée pour de la romance, mais également pour les autres types de relations (amitié, rivalité, relations professionnelles…).

Voyons maintenant quels sont ces fameux six axes, les six « M », si l’on garde leur dénomination anglaise :

Mind / L’intelligence

Il s’agit d’avoir le même degré d’intelligence, mais aussi le même type.

Comme exemple, je citerai Mulder et Scully de la série X Files. Il est intuitif et ouvert au paranormal. Elle est scientifique et rationnelle. Beaucoup de conflits dans la série sont issus de la confrontation entre leurs deux manières d’aborder les choses.

Pour moi, l’intelligence regroupe aussi les centres d’intérêts : on s’entend toujours mieux avec des personnes qui écoutent la même musique, regardent les mêmes films et séries ou lisent les mêmes livres que nous.

Money / L’argent

Il n’est pas forcément question d’avoir la même quantité d’argent, mais d’avoir le même rapport à l’argent : quelle quantité on en veut, ce qu’on est prêt à faire pour en avoir, ce qu’on veut en faire…

Un exemple qui me vient en tête est celui de la série The Haunting of Hill House, où l’argent est une question centrale.

Sans spoiler, l’un des personnages a écrit un livre sur sa famille et a proposé de partager les dividendes avec ses frères et sœurs. Chacun a une réaction différente à ce sujet, entre ceux qui ont besoin de cet argent et ceux qui pourraient faire sans, mais aussi entre ceux qui sont prêts à l’accepter et ceux qui ne veulent pas en entendre parler. La famille est déjà dysfonctionnelle sans cela, mais cette question ajoute encore aux conflits déjà présents.

Morals / Les valeurs morales

Qu’est-ce qui est bien ?  Qu’est-ce qui est mal ? Qu’est-ce qu’on poursuit dans la vie ? Quel est le but de l’existence ?

Je pense que la fantasy fourmille d’exemples de personnages qui se rejoignent pour une même cause (la lutte contre le mal, souvent) ou s’opposent à ce sujet.

En littérature classique, on peut citer Les Misérables, avec Javert et Jean Valjean. Chacun de ses personnages a un code moral assez strict, qui entre en conflit avec celui de l’autre.

Manners / Les bonnes manières

Qu’est-ce qui est poli et qui ne l’est pas ? Comment se comporte-t-on en société ?

À noter que la moralité et les bonnes manières sont deux choses différentes. Le podcast cite comme exemple L’arme fatale : les deux protagonistes veulent la même chose (la poursuite de la vérité et le respect de la loi) mais s’opposent sur la manière de le faire.

Pour moi, cette opposition entre moralité et manière est l’un des ressorts des cops movies.

Monogamy / Monogamie

Il est question ici de savoir si les deux personnages attendent la même chose d’une relation.

Cela marche pour la romance : l’un des deux peut vouloir s’engager, l’autre non. Mais cela fonctionne aussi pour d’autres types de relations : une personne qui pense être très amie avec une autre, alors que la personne en question considère la première comme une simple connaissance.

C’est le moteur principal de la pièce Couple ouvert à deux battants, de Dario Fo. Un mari et une femme qui ne s’entendent plus décident de rester ensemble, mais dans une relation libre. Seulement, si la femme a l’habitude que son mari ait des maîtresses, le mari n’est en réalité pas prêt à voir son épouse batifoler.

Un autre exemple me vient à l’esprit, c’est Littlefinger dans A Song of Ice and Fire de GRR Martin, amoureux de Catelyn Stark, alors qu’elle ne l’a jamais vu que comme un ami (au mieux un petit frère). Et ceux qui ont lu les livres ou vu la série savent à quel point cet amour incompris a façonné la personnalité de Littlefinger.

Marx Brothers / L’humour

Est-ce que les deux personnes rient de la même chose ?

Comme exemple, je prendrai bien la série Castle. Beckett et Castle ne rient vraiment des mêmes choses, et les blagues de l’écrivain ont tendance à agacer la policière.

A l’inverse, dans La Mallorée de David Eddings, on sait que Silk et Liselle s’entendent (et se plaisent mutuellement) parce qu’ils ont le même humour acerbe et caustique.

En conclusion

J’ai franchement beaucoup aimé cet épisode de Writing Excuses et je trouve que l’outil proposé ici est synthétique et utile.

Que ce soit pour savoir ce qui va rapprocher deux personnages ou au contraire, sur quoi ils vont s’opposer, cette théorie donne de bonnes pistes de réflexions pour permettre de créer des relations crédibles et pleines de sens.