Tag: Fantastique

Chambre Nymphale, Maude Elyther

Résumé

Otto se réveille chez son meilleur ami, Ethan, partiellement amnésique suite à un drame qui l’a envoyé séjourner dans un hôpital psychiatrique. Otto cherche à se souvenir et le craint en même temps et les questions s’accumulent. Pourquoi Ethan est-il si évasif ? Pourquoi Otto a-t-il parfois l’impression qu’une voix intérieure lui parle ? Qui est réellement Stéphane, cet écrivain ami d’Ethan, qui semble s’intéresser particulièrement à lui ?

Entre rêves et réalité, entre cauchemars et quête de soi, Otto erre et se débat.

 

Mon avis

 

Cela faisait un moment que ce roman me faisait de l’œil et j’ai profité d’un salon pour sauter le pas et l’acheter.

 

J’avoue que j’ai eu du mal au départ à rentrer dans l’histoire : tout est écrit du point de vue d’Otto, qui sort tout juste d’hôpital psychiatrique et la narration est très fragmentée et très irréelle. On alterne entre des visions cauchemardesques et des dialogues entre Otto et Ethan.

 

Et puis, petit à petit, l’histoire s’est clarifiée et je me suis piquée au jeu : qui est vraiment Otto ? Que lui est-il arrivé ? Pourquoi son ami Ethan, qui a l’air de vouloir son bien, se dérobe-t-il ainsi ? Quelle est cette voix intérieure, qu’Otto nomme son bourreau, et qui semble vouloir le pousser à céder à de noirs instincts ?

J’ai aussi été séduite par la plume onirique de Maude Elyther, c’est beau et horrible en même temps, Otto a du mal à savoir ce qui est vrai ou pas, et son trouble se communique au lecteur. Certaines visions sont très étranges, on se demande si c’est vraiment arrivé ou pas.

 

Au fil des pages et au travers des visions, on plonge dans le passé d’Otto et se révèle son passé, en parallèle de sa relation avec Stéphane. L’écrivain est très mystérieux et au moins aussi tourmenté qu’Otto.

Et pourtant, ensemble ils arrivent à construire quelque chose et avec Stéphane à ses côtés, Otto progresse vers la vérité.

 

La fin est assez belle et poétique, elle révèle la vérité au sujet d’Otto et une partie du passé de Stéphane (même si j’aurais aimé en savoir plus à son sujet) et elle est porteuse de beaucoup d’espoir.

Alice isn’t dead, Joseph Fink

Il y a quelque temps déjà, je vous parlais sur le site Hydralune du podcast Alice isn’t dead 

 

La troisième et dernière saison s’est terminée cet été, l’occasion pour moi de vous reparler de ce petit bijou.

 

Alice isn’t dead, qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’un podcast en anglais, créé par Joseph Fink, qui a déjà officié sur une autre série, Welcome to night vale, dont je vous parlais ici.

 

Le podcast est composé de trois saisons de 10 épisodes, qui durent chacun une trentaine de minutes. Cela vous fait donc quelques heures d’écoute.

 

Alice isn’t dead raconte l’histoire d’une jeune femme (dont on ne connaîtra le nom qu’à la fin de la première saison), lancée sur les routes des USA, au volant de son camion et qui cherche Alice, sa femme disparue qu’elle a longtemps cru morte. Mais voilà, comme l’indique le titre, Alice n’est pas morte et la narratrice cherche à la retrouver et surtout à savoir pourquoi elle a disparu comme ça du jour au lendemain.

 

La narration est particulière : la narratrice parle dans la radio de son camion et raconte à la fois ce qu’elle vit, ce qu’elle a découvert, mais aussi ses souvenirs de sa vie avec Alice.

Cela donne quelque chose de très planant, assez onirique par moment (l’héroïne a tendance à partir parfois dans de grands monologues rêveurs sur la condition humaine, ce que c’est d’aimer, ou d’être libre).

Mais petit à petit, l’histoire émerge : par touches successives, on en apprend plus sur Alice, sur Bay and creek shipping, ses mystérieux employeurs. On découvre le Thistle man, terrifiant antagoniste pas tout à fait humain. On comprend qu’Alice n’est pas la seule à avoir disparu, et que nombreux sont ceux qui se volatilisent le long des autoroutes des États-Unis.

J’aime beaucoup ce mode de narration, qui implique qu’on soit attentif à tout et qu’on reconstruise par nous-mêmes une partie du puzzle.

 

La première saison est axée sur la disparition d’Alice et sa recherche, sans spoiler, le final change vraiment la donne, et les deux saisons suivantes prennent des allures de thriller, avec mystères et conspirations à la clé.

Alice isn’t dead joue sur l’imagerie des grands espaces américains et sur les codes du road trip, mais réussi à créer aussi sa propre mythologie. Outre le Thistle man, on croise aussi les mystérieux oracles, au détour d’un dinner ou d’une station-service. La mystérieuse organisation Praxis revient aussi à intervalles réguliers, et ne révélera ses secrets que dans la saison 3.

Le rythme est bon, même si on garde une certaine lenteur qui convient bien au thème et au mode de narration, le podcast est très addictif. J’ai quand même trouvé que certains épisodes de la saison 3 étaient un peu plus mous, mais la série se rattrape amplement avec un combat final explosif et un épilogue plein de douceur, de rires et de larmes.

 

J’ai aussi aimé Alice isn’t dead pour ses personnages et son émotion. La narratrice est une femme en proie à des angoisses chroniques, elle est touchante dans sa fragilité et sa peine et pourtant, elle sait faire preuve d’un courage immense. Bien que terrifiée, elle se bat toujours. J’ai vraiment beaucoup aimé cette femme, et l’interprétation de Jasika Nicole y est pour beaucoup, j’ai vibré, espéré, ri et souffert avec elle.

À côté, on trouve Sylvia, adolescente fugueuse dont la mère a trouvé la mort le long d’une autoroute et qui depuis fuit la vérité qu’elle a découvert. D’apparence rugueuse, Sylvia est elle aussi très courageuse, débrouillarde et drôle. Son sort m’a vraiment émue.

La relation entre Alice et son épouse est aussi très touchante. Leur amour est profond et pourtant, les deux font des choix qui peuvent blesser l’autre. Une grosse partie de la série est axée sur la disparition, les mensonges et comment faire pour pardonner ou se faire pardonner.

 

Côté émotions, il y en a une autre qui n’est pas en reste : c’est la peur. Alice isn’t dead a une ambiance très inquiétante, assez souvent lourde, avec une angoisse insidieuse, qui explose par moments.

Les confrontations avec le Thistle man sont réellement flippantes (mention spéciale à l’épisode Nothing to see). Et il existe d’autres créatures et d’autres endroits qui sont également terrifiants : les épisodes Charlatan, Mouth of the water et Three night at the old motel m’ont vraiment filé les chocottes.

 

À noter qu’en octobre 2018, le roman Alice isn’t dead est paru. Joseph Fink a assuré qu’il s’agissait d’une réécriture de l’histoire, mais j’avoue que pour le moment, je ne sais pas si je vais le lire, car le podcast est tellement bon que j’ai peur d’être déçue. À voir si le roman explicite certaines choses, notamment sur les actions de Sylvia dans la saison 3. Je me laisserai peut-être tenter à l’occasion.

 

Voilà, j’espère vous avoir donné envie de découvrir ce podcast. Franchement, je le recommande, c’est une bonne histoire, originale et addictive !

Vampire et fantômes japonais…

Ce mois-ci compte double !

 

J’ai le plaisir de vous annoncer deux nouvelles parutions.

 

  • Le vampire qui voulait devenir végétarien chez Nutty Sheep, dans leur anthologie Crappy Heroes.

 

 

Découvrez les aventures du comte Orlok dans sa quête pour devenir végétarien. Une nouvelle humoristique qui, je l’espère, saura vous faire rire.

 

Vous pouvez retrouver ce drôle de vampire en version numérique ou en version papier

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Neiges Éternelles, chez Fantasy Art and studies, dans leur anthologie sur le Japon.

 

Tamamo erre dans des montagnes enneigées, perdue, jusqu’à ce qu’elle découvre une auberge, les Neiges Éternelles, tenue par Yuki, une jeune femme solitaire. Mais cette paisible auberge cache bien des secrets…

 

Je retrouve avec joie Melle Sue (auteur de la couverture de Ceux du dehors), qui signe ici une superbe illustration.

 

Vous pouvez retrouver Neiges Éternelles en version numérique ou en version papier

 

 

 

 

 

 

Le nom Tamamo sera peut-être familier pour certains d’entre vous. Tamamo est déjà apparue dans une nouvelle éponyme, au sommaire de Brins d’Éternité.

 

 

Palimpsestes – Tome 1 : Impressionisme

Résumé

Paris, 1894 C’est l’effervescence au Louvre : le musée accueille la Pythie, une statue ramenée d’un site archéologique de Delphes. Alors que tous les yeux des visiteurs sont rivés sur la nouvelle œuvre, ceux de Samuel, un jeune gardien, se posent sur Clara, une étudiante en Arts, habituée des salles. Mais depuis l’inauguration de l’exposition, d’étranges événements forcent la rencontre de ces deux jeunes gens, nouvellement associés pour comprendre ce qu’il se trame dans les couloirs du Louvre et empêcher que Paris ne sombre, ensevelie sous les couches du Temps et de l’Histoire.

Mon avis

J’ai rencontré l’auteur aux Imaginales cette année, nous avons bien discuté, notamment de XIXe siècle et de mode, et elle m’a parlé de sa série. J’avoue que le principe de départ me parlait bien, alors je me suis lancée.

Je n’ai pas été déçue : Impressionnisme est un roman plein de fraîcheur. Moi qui ne suis pas trop romance, j’ai bien aimé la relation entre Clara et Samuel. Ils ont tous les deux beaucoup de charme, une bonne personnalité et on se plaît à les suivre.

J’ai aussi bien aimé la galerie de personnages qui gravitent autour d’eux et qui tentent de percer le mystère.

Read more…

The Witch, Robert Eggers

Aujourd’hui une fois n’est pas couture, je ne vous parle pas de livres, mais d’un film : The Witch (parfois orthographié The VVitch).

The Witch se situe en Nouvelle-Angleterre, vers 1630. On y suit une famille qui est expulsée de la communauté où elle vit, car le père est en conflit avec les figures religieuses, et qui part donc s’installer en pleine nature. La famille trouve un terrain en bordure d’une forêt et tente d’y construire une ferme pour vivre en autarcie. Malheureusement pour eux, tout ne se déroule pas comme prévu et une force obscure semble vivre dans les bois et les guetter.

Petit disclaimer pour commencer : si vous cherchez un film d’horreur avec de l’action, des litres d’hémoglobine et des jump scare, passez votre chemin, The Witch n’est pas fait pour vous.

Même s’il a été vendu et étiqueté comme film d’horreur, pour moi, ça n’en est pas vraiment un, c’est plus du fantastique (du bon fantastique, dirais-je même, mais j’y viens).

The Wich est le premier long métrage de Robert Eggers, qui a beaucoup étudié le folklore de la Nouvelle-Angleterre et les histoires de sorcières, et ça se sent.

Le film est une reconstitution minutieuse de la vie de fermiers puritains du XVIIe. Il y a une grosse attention portée aux costumes, aux intérieurs et aux objets du quotidien. Les personnages s’expriment en vieil anglais (ça surprend au début, mais on s’y fait) ; l’équipe du film a d’ailleurs travaillé sur beaucoup de documents d’époque pour arriver à retranscrire le langage et à le rendre vivant. Ça donne une ambiance vraiment immersive, avec parfois un côté documentaire.

Il y a aussi une très grosse attention portée à la lumière, avec des éclairages en clair-obscur, à la bougie ou à la lanterne. Là aussi, la lumière participe à l’ambiance étrange du film et fait clairement référence à la peinture flamande. C’est beau et c’est bien fait.

Read more…