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Ronde de nuit, Terry Pratchett

Sam Vimaire, du Guet municipal d’Ankh-Morpork, aura tout connu. Le voici remonté dans son propre passé tumultueux et violent, sans même les habits qu’il avait sur le dos au moment où la foudre l’a frappé. Vivre dans le passé n’est pas facile, mais y mourir étonnamment simple. Il doit pourtant survivre car des tâches essentielles l’attendent. Il doit mettre le grappin sur un meurtrier, s’apprendre à lui-même, plus jeune, à devenir un bon flic et changer l’issue d’une rébellion sanglante. Un seul problème : s’il réussit, il n’a plus de femme, plus d’enfant, plus d’avenir. Un « Conte d’une ville » façon Disquemonde, avec sa collection de gamins des rues, de dames à l’affection négociable, de rebelles, de policiers secrets et autres enfants de la révolution. Vérité ! Justice ! Liberté ! Et un œuf dur !

 

 

Mon avis

 

Un coup de mou niveau santé et moral (rassurez-vous, ça va mieux depuis ^^), ça veut dire que je retourne vers mon auteur favori, Terry Pratchett.

Cette fois, j’ai eu envie de relire « Ronde de nuit », l’un des romans de la série du guet d’Ankh-Morpok.

 

Je l’avais déjà lu une première fois, sans avoir vraiment le coup de cœur pour ce tome, mais c’était aussi le cas pour Les Petits dieux, que j’ai relu récemment et que j’ai beaucoup plus apprécié.

 

Alors qu’en est-il pour Ronde de nuit ?

 

J’ai eu du mal au début, comme pour ma première lecture. Même si la plongée dans l’Ankh-Morpok d’avant le seigneur Veterini est intéressante, j’ai trouvé tout ça un peu laborieux.

On se demande où Pratchett veut en venir et des moments, j’ai eu l’impression qu’il se perdait un peu lui-même dans ces histoires de causalité temporelle et de voyage dans le temps.

Et puis, on avait pris l’habitude de voir toujours Vimaire avec Sybil, Angua ou Carotte et ces personnages manquent vraiment.

 

Vers le milieu du roman, le charme a commencé à opérer pour moi : on retrouve quand même des anciens (ou nouveaux, dans le cas présent ^^) : Côlon, Chicard, Raymond, et on découvre un Veterini jeune, qui est assez savoureux. Je regrette toutefois que le jeune Sam Vimaire ne soit pas vraiment exploité et reste beaucoup en arrière-plan.

Le rythme s’accélère, avec la révolution, les barricades et tous les complots qui explosent et la fin est vraiment haletante. Elle est aussi très touchante, à la fois parce qu’elle montre l’évolution du personnage de Vimaire, et parce qu’elle aborde la naissance et la chute d’une révolution. Le constat est assez amer : les choses ne changent pas vraiment, au final, mais il y a quand même une touche d’optimisme. Veterini, à sa manière, a fait évoluer la cité vers le mieux et Sam, malgré des années de déprime et d’alcoolisme, a réussi à redresser le guet d’Ankh-Morpok et à se recréer une famille.

 

En résumé

Un début assez lent, mais une fin qui vaut le détour, Ronde de nuit n’est pas mon Disque-monde préféré, mais j’ai quand même eu plaisir à le relire.

 

Hommage à Terry Pratchett

C’est avec un grand bonheur que je vous annonce la parution d’une de mes nouvelles dans le numéro d’Art and Fantasy Studies consacré à Terry Pratchett !

 

J’espère que ma nouvelle « Le Bon vieux temps » saura vous séduire. Hommage à Terry Pratchett

Vous pourrez la retrouver au format numérique ou au format papier

Mécomptes de fées – Terry Pratchett

Résumé

Une mission de tout repos pour trois sorcières de haut vol (Air Balai) : empêcher les épousailles d’une servante et d’un prince. Pas de quoi impressionner Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg et Magrat Goussedail. Oui, mais : 1. Ça se passe à l’étranger (beurk !), dans la cité lointaine de Genua. 2. Que faire d’une baguette magique de seconde main qui ne sait que transformer les choses en citrouille ? 3. Comment s’opposer au pouvoir irrésistible des contes s’ils sont manipulés par la redoutable « bonne fée » Lilith ? N’est-ce pas le merveilleux destin d’une servante que d’épouser le prince ? Comme celui des mères-grands de se faire dévorer par le loup ? Tel n’est pourtant pas l’avis de madame Gogol, la sorcière vaudou des marais de Genua. « enco an piti zassiette di gombo, ma chè ? »

 

Mon avis

J’ai une affection toute particulière pour les Terry Pratchett mettant en scène les sorcières. Je trouve qu’il a vraiment réussi à dépeindre des femmes fortes, importantes dans leur communauté, mais chacune avec leurs défauts et les choix qu’elles doivent porter.

J’aime beaucoup Mécomptes de fées parce qu’il ajoute à cela une parodie des contes de fées.

 

On retrouve donc Mémé Ciredutemps, qui se retrouve à devoir aller à Genua avec Nounou et Magrat, alors qu’on leur a bien spécifié de ne pas y aller.

 

Toute la première partie qui raconte leur voyage est absolument truculente. J’ai lu ce livre plusieurs fois, mais à chaque lecture je ris autant. Nains, vampires et toréadors n’ont qu’à bien se tenir et surtout, à ne pas sous-estimer les petites vieilles.

Ils vont également croiser nombre de personnages de contes de fées : le grand méchant loup, le petit chaperon rouge, Cendrillon. C’est assez drôle de repérer les clins d’œil et de voir comment les contes de fées s’articulent avec les pouvoirs des sorcières.

 

Le roman prend un tour plus sombre lors de l’arrivée à Genua, quand entre véritablement en scène Lady Lilith, qui a un lien tout particulier avec Mémé Ciredutemps.

Les contes sont ici pervertis par Lady Lilith, qui veut faire de Genua une cité où tout le monde est heureux, qu’il le veuille ou non.

Le personnage est assez glaçant, parce qu’elle est persuadée d’être la bonne sorcière et d’agir pour le mieux. J’ai beaucoup aimé la confrontation entre sa vision et celle de Mémé, et la manière dont chacune utilise son pouvoir.

Tout le passage au bal est à la fois hilarant (car les sorcières tentent d’infiltrer un bal masqué) et absolument épique.

 

Genua est aussi très réussie : plutôt que d’avoir une ville typique de conte de fées, Pratchett la métisse avec des influences Louisianaises. Certains personnages parlent une sorte de créole, on pratique le vaudou, les habitants aiment faire la fête et Nounou découvre le rhum et les bananes.

 

Côté personnages, on retrouve le trio formé par Magrat, Nounou et Mémé (alias la pucelle, la mère et… l’autre). Lilith est haïssable et effrayante, Madame Gogol, la sorcière vaudoue est un personnage qui commence comme une caricature, mais qui révèle beaucoup de subtilités. Mon petit chouchou sur ce tome, c’est Gredin, le chat de Nounou, qui va jouer un rôle à la fois important et inattendu. Un des grands moments du livre.

 

En résumé : un de mes pratchett préférés, que je ne me lasse pas de relire.

Accros du roc

Résumé

Suzanne est une jeune étudiante discrète. Si discrète qu’elle devient très souvent invisible.
Un beau jour, la Mort aux Rats vient la chercher : son grand-père, la Mort en personne, vient d’avoir une petite crise existentielle et a délaissé ses affaires courantes. Suzanne doit assurer l’intérim. Pendant ce temps-là, un jeune barde débarque en ville, accompagné d’une étrange guitare.
Le premier concert — illégal — est un feu d’artifice : le premier Groupe de rocs du Disque-Monde vient de se créer et fait un sacré remue-ménage à Ankh-Morpork ! Mais cette guitare met le barde en danger de mort, et Suzanne devra intervenir… Roc and troll, quand tu nous tiens !

Mon avis

Oui, je sais, encore un Terry Pratchett. Mais que voulez-vous, j’aime tellement les romans du Disque-Monde qu’il faut que je les relise régulièrement.

C’est au tour d’Accros du roc, qui met pour la première fois en scène Suzanne, petite fille de la Mort.

J’aime beaucoup ce personnage, jeune fille élevée dans l’amour de la logique et des études et qui découvre sa filiation pour le moins… encombrante. Suzanne est forte, mais en même temps touchante, j’aime beaucoup la relation qu’elle a avec la Mort (« tu as les genoux cagneux ! »).

Ce dernier (on ne reviendra pas dessus ^^) aussi a énormément évolué depuis ses premières apparitions. Il apparaît ici presque humain, tiraillé entre le devoir et la volonté de faire évoluer les choses.

Sa crise de conscience en tout cas met Suzanne dans la panade, et offre au lecteur des moments à la fois savoureux et riches en émotion.

 Parallèlement, se continue l’exploration des Arts. Après le cinéma dans les Zinzins d’Olive Oued, Pratchett s’attaque ici à la musique, et plus particulièrement au rock, grâce à un barde qui tombe sous l’emprise d’une guitare enchantée.

À partir de là, le Disque-monde découvre le rock, et tout le monde est touché par le sortilège. Notamment les mages. J’avoue que les passages avec le Doyen et sa bande sont parmi les plus réussis du livre. C’est tellement bien vu dans les réactions (comme souvent chez Pratchett).

Il y a aussi beaucoup de clins d’œil, que ce soit avec les titres des chansons, les noms des groupes et des personnages. J’en ai repéré pas mal, mais je pense ne pas tout avoir.

À ce titre, la couverture de Simonetti est vraiment réussie.

Le tome met un petit moment à démarrer, le temps que les lignes narratives convergent, mais le final est vraiment très bon. Carrément explosif !

Le Régiment Monstrueux

Le Régiment monstrueux

Résumé

Le frère de Margot Barrette est parti au front et ne donne plus de nouvelles. Qu’à cela ne tienne, la jeune femme se déguise en homme et s’engage dans l’armée. Ce qui brave tous les interdits de son pays, la Borogravie, où les femmes n’ont même pas le droit de porter des pantalons… Voilà Margot plongée en pleine guerre, entourée par de nouvelles recrues tout aussi inexpérimentées qu’elle — dont un vampire, un troll et Igor — sous la houlette d’un caporal sadique. Ce monstrueux régiment saura-t-il vaincre l’ennemi ?

Mon avis

On continue la relecture du Disque-Monde, avec cette fois-ci un arrêt dans la Borogravie, petit pays inspiré de l’Europe de l’Est, et qui est en guerre avec ses voisins depuis des temps immémoriaux.

Dans ce contexte troublé, on rencontre Margot, héroïne très Pratchettienne (débrouillarde, vive, et assez dure de caractère) qui se déguise en homme et s’engage dans l’armée pour retrouver son frère. Elle est intégrée au sein d’une escouade, et découvre assez rapidement qu’elle n’est pas la seule femme à s’être travestie, loin de là.

On retrouve comme d’ordinaire chez Pratchett un côté assez burlesque et une bonne dose d’humour. J’avoue avoir hurlé de rire devant certaines répliques, la plupart du fait de Jackrum.

C’est drôle et rythmé, mais comparé à d’autres tomes du disque-monde, ici, l’humour est plus volontiers grinçant, car Le Régiment Monstrueux est l’un des romans les plus sombres de la série.

Il est question de guerre, avec toutes ses atrocités et ses horreurs. Le conflit est ici absurde, mais également meurtrier. Les jeunes recrues ne sont pas épargnées et le lecteur non plus. On ressent bien le désespoir et la folie de ce pays, engagé dans une guerre centenaire dont il n’arrive pas à se dépêtrer.

C’est aussi un roman sur la condition et le rôle des femmes. Là aussi, les règles de Borogravie sont dépeintes comme absurdes, et Pratchett réussit bien à rendre le carcan dont Margot et les autres sont victimes.

Le Régiment monstrueux parle de viol, de torture, de sévices physiques et psychologiques. Quand on apprend l’histoire de certains des personnages, on frissonne à l’idée de ce qu’elles ont enduré. On comprend pourquoi l’Asperge adore le feu, ou pourquoi Alice est cinglée.

Le roman aborde aussi la question de la représentation des sexes : qu’est-ce qu’une femme ? Comment se définit-elle ? Si on porte un pantalon et une paire de chaussettes comme rembourrage (ça fait sens dans le contexte, promis), est-ce qu’on reste une femme ? Que faire quand les chaussettes commencent à penser à votre place ?

Comme d’habitude chez Pratchett, c’est traité avec beaucoup de subtilité et de pudeur (à noter aussi que ce roman met en scène une couple de lesbiennes, et il me semble que c’est une première dans le Disque Monde).

En résumé, si vous cherchez une lecture légère, je vous conseillerai plutôt un autre tome, mais si vous avez envie d’une histoire profonde, rythmée, drôle et poignante à la fois, Le Régiment Monstrueux est fait pour vous !

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