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Sorcières associées, Alex Evans

 

 

Résumé

Dans la cité millénaire de Jarta, la magie refait surface à tous les coins de rue. Les maisons closes sont tenues par des succubes, les cimetières grouillent de goules… Pour Tanit et Padmé, sorcières associées, le travail ne manque pas. Mais voilà qu’un vampire sollicite leur aide après avoir été envoûté par un inconnu, tandis que d’étranges incidents surviennent dans une usine dont les ouvriers sont des zombies… Tanit et Padmé pensaient mener des enquêtes de routine, mais leurs découvertes vont les entraîner bien au-delà de ce qu’elles imaginaient. En effet, à Jarta, les créatures de l’ombre ne sont pas les plus dangereuses…

 

 

Mon avis

 

Ça fait un petit moment que ce livre me fait de l’œil, une amie me l’a gentiment offert à mon anniversaire (Merci Marie-Aude !) alors j’ai plongé dans Sorcières associées.

 

On découvre un univers plutôt asiatique, la ville de Jarta m’a un peu fait penser à Hong-kong ou Singapour, avec une ambiance plutôt années 20/30 (il y a de l’électricité, des voitures, mais le téléphone est peu développé par exemple).

Dans cet univers, la magie avait disparu, mais a refait surface, ce qui occasionne quelques problèmes. Tanit et Padmé sont justement deux sorcières qui possèdent un cabinet chargé de résoudre ce genre de soucis.

 

On a donc une narration à deux voix, qui alterne entre Tanit, au fort caractère et au passé trouble et Padmé, plus dans la réserve, mais qui elle aussi son lot de fantômes.

Ça marche bien, les deux femmes sont attachantes et ont chacune leur voix. Leur passé se révèle petit à petit et leur donne de la profondeur.

 

Côté intrigue, on commence par deux affaires qui en apparence n’ont rien à voir mais qui, bien sûr, vont se révéler liées. Le roman progresse bien, de manière logique, les péripéties s’enchaînent, mais je n’ai pas eu de grosse surprise quant au déroulé, j’avais vu venir les différents éléments à l’avance. C’est un bémol que je mets sur le roman.

 

Pour le reste, j’ai passé un bon moment de lecture, l’univers est chatoyant et original, les personnages vraiment attachantes et j’ai bien envie d’en savoir plus sur elles et sur ce qui va leur arriver.

 

On se retrouve donc pour le tome 2, l’échiquier de jade !

Chambre Nymphale, Maude Elyther

Résumé

Otto se réveille chez son meilleur ami, Ethan, partiellement amnésique suite à un drame qui l’a envoyé séjourner dans un hôpital psychiatrique. Otto cherche à se souvenir et le craint en même temps et les questions s’accumulent. Pourquoi Ethan est-il si évasif ? Pourquoi Otto a-t-il parfois l’impression qu’une voix intérieure lui parle ? Qui est réellement Stéphane, cet écrivain ami d’Ethan, qui semble s’intéresser particulièrement à lui ?

Entre rêves et réalité, entre cauchemars et quête de soi, Otto erre et se débat.

 

Mon avis

 

Cela faisait un moment que ce roman me faisait de l’œil et j’ai profité d’un salon pour sauter le pas et l’acheter.

 

J’avoue que j’ai eu du mal au départ à rentrer dans l’histoire : tout est écrit du point de vue d’Otto, qui sort tout juste d’hôpital psychiatrique et la narration est très fragmentée et très irréelle. On alterne entre des visions cauchemardesques et des dialogues entre Otto et Ethan.

 

Et puis, petit à petit, l’histoire s’est clarifiée et je me suis piquée au jeu : qui est vraiment Otto ? Que lui est-il arrivé ? Pourquoi son ami Ethan, qui a l’air de vouloir son bien, se dérobe-t-il ainsi ? Quelle est cette voix intérieure, qu’Otto nomme son bourreau, et qui semble vouloir le pousser à céder à de noirs instincts ?

J’ai aussi été séduite par la plume onirique de Maude Elyther, c’est beau et horrible en même temps, Otto a du mal à savoir ce qui est vrai ou pas, et son trouble se communique au lecteur. Certaines visions sont très étranges, on se demande si c’est vraiment arrivé ou pas.

 

Au fil des pages et au travers des visions, on plonge dans le passé d’Otto et se révèle son passé, en parallèle de sa relation avec Stéphane. L’écrivain est très mystérieux et au moins aussi tourmenté qu’Otto.

Et pourtant, ensemble ils arrivent à construire quelque chose et avec Stéphane à ses côtés, Otto progresse vers la vérité.

 

La fin est assez belle et poétique, elle révèle la vérité au sujet d’Otto et une partie du passé de Stéphane (même si j’aurais aimé en savoir plus à son sujet) et elle est porteuse de beaucoup d’espoir.

Les Brigades fantômes – John Scalzi

Résumé

Lors d’une intervention, Jane Sagan, membre des brigades fantômes, apprend qu’un humain, Charles Boutin, a trahi les siens, feint sa mort, et a vendu des secrets sur les technologies des forces coloniales aux aliens.

Afin de savoir ce qui a pu pousser cet homme à trahir, et surtout ce qu’il a pu révéler, sa conscience est implantée dans le corps d’un des nouveau-nés des brigades fantômes. Jared Dirac voit ainsi le jour, ignorant tout du dessein que les autorités ont pour lui.

Restera-t-il fidèle à la race humaine ou, à l’instar de son modèle, trahira-t-il ?

 

Mon avis

J’avais bien aimé le premier tome de cette série, Le vieil homme et la guerre, je rempile donc pour la suite.

 

Changement de programme, car on quitte la narration à la première personne, pour passer sur une narration à la troisième personne qui alterne entre les points de vue.

Ça m’a fait un peu drôle, mais j’ai trouvé que ce mode de narration est adapté pour ce tome.

 

L’histoire se partage donc principalement entre Jane Sagan, rencontrée dans le tome 1, qui supervise le projet Boutin, et Jared Dirac, qui abrite la conscience de Boutin et sert de cobaye aux militaires pour tenter de comprendre ce qui a bien pu se passer.

 

Comme pour le tome 1, j’ai trouvé que l’histoire mettait un peu de temps à démarrer. Il y a pas mal de mise en place, des éléments qui m’ont paru peut-être un peu superflus, l’histoire fait des circonvolutions et je me suis parfois demandé où l’auteur nous emmenait.

C’est quand même plaisant à lire, car ce second tome approfondit énormément l’univers. On voit vraiment le fonctionnement des brigades fantômes de l’intérieur, avec leur utilisation toute particulière des Amicerveaux. On en apprend plus sur la géopolitique de l’univers, sur les relations avec les autres races et la position de l’humanité dans la guerre qui fait rage.

 

L’humour noir et grinçant reste présent dans ce tome, bien qu’un peu moins que dans le premier.

 

Là où je l’ai trouvé très percutant, c’est au niveau des implications philosophiques. On parle de transhumanisme, à travers l’exemple des brigades fantômes. Sont-ils encore humains, sachant qu’ils sont nés avec un amicerveau et qu’ils sont génétiquement modifiés ? Certains ont des corps qui ne ressemblent même plus à des corps d’humains et pourtant, ils se revendiquent toujours comme appartenant à la race humaine. Comment définir cette dernière ?

On parle aussi beaucoup de l’héritage, de l’inné et de l’acquis, et surtout de la notion de choix.

Celle-ci, mise en relation avec les notions d’esclavage, est une question centrale. Les soldats des brigades fantômes sont créés pour défendre l’humanité. On ne leur laisse pas le choix d’aller combattre. Sont-ils des esclaves ? Dans quelle mesure ont-ils une personnalité ? Un véritable libre arbitre ?

J’ai vraiment aimé tout le questionnement induit dans ce roman, d’autant plus que John Scalzi soulève les questions, mais donne la parole ensuite à différents personnages, avec chacun un point de vue sur la question. C’est riche et ça fait réfléchir.

 

Je pense donc que le tome 3 va rapidement rejoindre ma PAL.

 

Accros du roc

Résumé

Suzanne est une jeune étudiante discrète. Si discrète qu’elle devient très souvent invisible.
Un beau jour, la Mort aux Rats vient la chercher : son grand-père, la Mort en personne, vient d’avoir une petite crise existentielle et a délaissé ses affaires courantes. Suzanne doit assurer l’intérim. Pendant ce temps-là, un jeune barde débarque en ville, accompagné d’une étrange guitare.
Le premier concert — illégal — est un feu d’artifice : le premier Groupe de rocs du Disque-Monde vient de se créer et fait un sacré remue-ménage à Ankh-Morpork ! Mais cette guitare met le barde en danger de mort, et Suzanne devra intervenir… Roc and troll, quand tu nous tiens !

Mon avis

Oui, je sais, encore un Terry Pratchett. Mais que voulez-vous, j’aime tellement les romans du Disque-Monde qu’il faut que je les relise régulièrement.

C’est au tour d’Accros du roc, qui met pour la première fois en scène Suzanne, petite fille de la Mort.

J’aime beaucoup ce personnage, jeune fille élevée dans l’amour de la logique et des études et qui découvre sa filiation pour le moins… encombrante. Suzanne est forte, mais en même temps touchante, j’aime beaucoup la relation qu’elle a avec la Mort (« tu as les genoux cagneux ! »).

Ce dernier (on ne reviendra pas dessus ^^) aussi a énormément évolué depuis ses premières apparitions. Il apparaît ici presque humain, tiraillé entre le devoir et la volonté de faire évoluer les choses.

Sa crise de conscience en tout cas met Suzanne dans la panade, et offre au lecteur des moments à la fois savoureux et riches en émotion.

 Parallèlement, se continue l’exploration des Arts. Après le cinéma dans les Zinzins d’Olive Oued, Pratchett s’attaque ici à la musique, et plus particulièrement au rock, grâce à un barde qui tombe sous l’emprise d’une guitare enchantée.

À partir de là, le Disque-monde découvre le rock, et tout le monde est touché par le sortilège. Notamment les mages. J’avoue que les passages avec le Doyen et sa bande sont parmi les plus réussis du livre. C’est tellement bien vu dans les réactions (comme souvent chez Pratchett).

Il y a aussi beaucoup de clins d’œil, que ce soit avec les titres des chansons, les noms des groupes et des personnages. J’en ai repéré pas mal, mais je pense ne pas tout avoir.

À ce titre, la couverture de Simonetti est vraiment réussie.

Le tome met un petit moment à démarrer, le temps que les lignes narratives convergent, mais le final est vraiment très bon. Carrément explosif !

Le vieil homme et la guerre – John Scalzi

Résumé

J’ai fait deux choses le jour de mes soixante-quinze ans : je suis allé sur la tombe de ma femme. Puis je me suis engagé.

À soixante-quinze ans, l’âge requis, John Perry n’est pas le seul à intégrer les Forces de défense coloniale, billet pour les étoiles, mais sans retour. Rien ne le retient plus sur Terre. Combien d’années peut-il espérer vivre ? S’engager, c’est protéger l’expansion de l’humanité dans la Galaxie, retrouver une seconde jeunesse et, à l’issue du service, obtenir le statut de colon sur une planète nouvelle. Mais qu’advient-il réellement de ces recrues ?

Mon avis

Sur les conseils de Roxanne Tardel, je me suis laissée tenter par ce roman de SF militariste.

Comme elle, je ne suis pas une très grande lectrice de SF et j’ai un peu de mal avec les univers trop militaires. Mais j’avoue que le concept m’a séduite et cette lecture m’a bien plu.

J’ai bien aimé les personnages et je me suis attachée à eux. Ils font vrai, et c’est l’une des grandes forces du roman. Ce sont des gens normaux (dans une enveloppe génétiquement modifiée et ultra performante, il est vrai, mais des gens normaux quand même). Ils ont eu une vie bien remplie, des déceptions, des joies et ils s’engagent dans l’armée et vont être confrontés à l’horreur des combats.

Leurs réactions sont vraiment bien vues, il y a de la peur, de l’incompréhension, mais aussi de la joie et pas mal d’humour. John Perry se fait assez rapidement un groupe d’amis, qui se surnomme les « vieux cons » et ils sont vraiment attachants.

J’ai aussi apprécié l’univers décrit par Scalzi. Dans ce futur lointain, les humains ont colonisé d’autres planètes, mais se heurtent à d’autres races pour qui l’humanité est un rival à éliminer, un ennemi à massacrer, ou un délicieux snack qu’il faut boulotter.

John et ses compagnons se trouvent donc balancés dans des enveloppes ultra améliorées et sont chargés de protéger au mieux les colons.

L’univers décrit est assez sombre et désespérés. Les forces coloniales résonnent en termes de nombre (que ce soit pour les morts chez les colons que pour les pertes chez les soldats) et leur organisation louche quand même vers la dictature. Les humains sont en lutte perpétuelle avec les autres races, sans grand espoir de l’emporter, et les morts que risquent les soldats sont assez horribles.

Malgré tout, il y a beaucoup d’humour dans la narration, de l’humour noir, certes, mais quand même. J’avoue avoir bien rigolé avec les Amicerveaux, des ordinateurs implantés directement dans le cerveau des soldats et qui héritent de doux noms comme Fumier, Sale garce ou Satan. Je crois que j’aurais appelé le mieux Connard ou Saloperie ^^.

Si je faisais un reproche à ce livre, c’est au niveau du rythme : le début est assez long, le temps de mettre tous les éléments en place, et inversement, la fin m’a semblé un peu expédiée.

L’auteur utilise aussi beaucoup les coïncidences. Une fois je veux bien, mais plusieurs fois de suite c’est un peu gros.

Malgré ces bémols, l’histoire et les personnages m’ont plu et je pense m’attaquer au tome 2 très bientôt.