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Simetierre, Stephen King

 

Résumé

Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s’installer avec sa famille à Ludlow, petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Crandall, les emmène visiter le pittoresque « simetierre » où des générations d’enfants ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce « simetierre », tout au fond de la forêt, se trouvent les terres sacrées des Indiens, lieu interdit qui séduit pourtant par ses monstrueuses promesses.

Un drame atroce va bientôt déchirer l’existence des Creed, et l’on se trouve happé dans un suspense cauchemardesque…

 

Mon avis

 

Ce livre est bizarre.

 

Il est classé comme un livre d’horreur, c’en est assurément (même si j’ai été un peu déçue de ce côté-là, il est annoncé comme l’une des histoires les plus éprouvantes jamais écrites, mais je n’ai pas vraiment flippé à la lecture).

Mais c’est aussi une chronique familiale et quelque part, l’histoire de la vie quotidienne dans une petite ville du Maine. C’est l’histoire d’une amitié, entre Louis et Jud (c’est les passages que j’ai trouvé les plus touchants). Ça parle de l’impossible deuil qu’une famille a à faire.

Bref, c’est un livre assez touffu, qui ne se limite pas pour moi à un seul genre.

 

Autre constat, le livre est long. Très long. Plus de 600 pages pour la version de poche que j’avais achetée.

Mes différents éditeurs et bêta lecteurs répètent à l’envi que l’histoire doit commencer au plus proche de l’action. Là, pour le coup, l’élément perturbateur survient environ 200 pages après le début. On peut dire que Stephen King prend bien son temps.

Il y a des moments où c’est long et où il ne se passe objectivement pas grand-chose. Mais, vu que je me suis attachée aux personnages, j’ai quand même réussi à continuer.

 

Simetierre est également bizarre dans le sens où il joue énormément sur les effets d’annonce. On nous dit que tel personnage n’a plus que X jours à vivre plusieurs fois. On dit qu’un autre n’arrivera pas à temps.

Ça pourrait très clairement casser le suspense, mais il n’en est rien, car le livre repose sur l’idée de l’inéluctable. On voit ce qui va arriver, on sait que ça va être horrible et très mal finir, mais on sait que les personnages ne feront rien pour que ça change. Par choix personnel ou parce qu’une force supérieure les y contraint, l’auteur ne tranche pas vraiment à ce sujet.

 

En résumé

Un livre vraiment étrange, pas aussi flippant que ce à quoi je m’attendais, mais efficace dans la montée de l’horreur.

La survie de Molly Southborne, Tade Thompson

La survie de Molly Southborne, Tade Thompson

Résumé

Qui est Molly ? Une jeune femme frappée de la pire des malédictions, morte dans l’incendie de son domicile… Et pourtant là. Semblable mais différente. Qui est cette Molly ? Certains veulent la voir disparaître. D’autres brûlent de la capturer, de percer à jour les secrets de sa nature étrange.

L’objet d’enjeux qui la dépassent, voilà ce qu’est Molly. Condamnée à fuir, à tenter de survivre. Avant de peut-être, enfin, apprendre à vivre…

 

Mon avis

J’avais bien aimé Les meurtres de Molly Southbourne, mis à part une petite réserve sur la fin de l’histoire. Quand j’ai vu que le 2ème tome était sorti, je me suis laissée tenter (en plus, mon gentil libraire m’a offert un livre en cadeau ^^).

Verdict.

 

L’histoire reprend là où les Meurtres de Molly Southbourne s’était arrêté. Sauf qu’on ne suivra plus la Molly originale, mais une de ses copies.

Celle-ci doit à la fois faire croire aux organisations qui surveillaient Molly et ses copies qu’elle est l’originale, et comprendre qui elle est vraiment.

 

On a donc un tome qui garde la partie action du premier volet, mais qui fait également la part belle à l’introspection.

Le mélange est pour moi réussi, c’est addictif à lire, on se prend au jeu de suivre cette copie, qui développe au fur et à mesure sa propre personnalité.

 

Le tome approfondit aussi l’histoire des doubles et permet d’en savoir un peu plus à ce sujet. Le premier volume m’ayant laissée sur ma faim à ce niveau, les explications sont les bienvenues.

 

Là où Les Meurtres de Molly Southbourne fonctionnait comme un oneshot, La Survie de Molly Southbourne ouvre vers une suite.

 

En tout cas, j’ai hâte de la lire !

Ronde de nuit, Terry Pratchett

Sam Vimaire, du Guet municipal d’Ankh-Morpork, aura tout connu. Le voici remonté dans son propre passé tumultueux et violent, sans même les habits qu’il avait sur le dos au moment où la foudre l’a frappé. Vivre dans le passé n’est pas facile, mais y mourir étonnamment simple. Il doit pourtant survivre car des tâches essentielles l’attendent. Il doit mettre le grappin sur un meurtrier, s’apprendre à lui-même, plus jeune, à devenir un bon flic et changer l’issue d’une rébellion sanglante. Un seul problème : s’il réussit, il n’a plus de femme, plus d’enfant, plus d’avenir. Un « Conte d’une ville » façon Disquemonde, avec sa collection de gamins des rues, de dames à l’affection négociable, de rebelles, de policiers secrets et autres enfants de la révolution. Vérité ! Justice ! Liberté ! Et un œuf dur !

 

 

Mon avis

 

Un coup de mou niveau santé et moral (rassurez-vous, ça va mieux depuis ^^), ça veut dire que je retourne vers mon auteur favori, Terry Pratchett.

Cette fois, j’ai eu envie de relire « Ronde de nuit », l’un des romans de la série du guet d’Ankh-Morpok.

 

Je l’avais déjà lu une première fois, sans avoir vraiment le coup de cœur pour ce tome, mais c’était aussi le cas pour Les Petits dieux, que j’ai relu récemment et que j’ai beaucoup plus apprécié.

 

Alors qu’en est-il pour Ronde de nuit ?

 

J’ai eu du mal au début, comme pour ma première lecture. Même si la plongée dans l’Ankh-Morpok d’avant le seigneur Veterini est intéressante, j’ai trouvé tout ça un peu laborieux.

On se demande où Pratchett veut en venir et des moments, j’ai eu l’impression qu’il se perdait un peu lui-même dans ces histoires de causalité temporelle et de voyage dans le temps.

Et puis, on avait pris l’habitude de voir toujours Vimaire avec Sybil, Angua ou Carotte et ces personnages manquent vraiment.

 

Vers le milieu du roman, le charme a commencé à opérer pour moi : on retrouve quand même des anciens (ou nouveaux, dans le cas présent ^^) : Côlon, Chicard, Raymond, et on découvre un Veterini jeune, qui est assez savoureux. Je regrette toutefois que le jeune Sam Vimaire ne soit pas vraiment exploité et reste beaucoup en arrière-plan.

Le rythme s’accélère, avec la révolution, les barricades et tous les complots qui explosent et la fin est vraiment haletante. Elle est aussi très touchante, à la fois parce qu’elle montre l’évolution du personnage de Vimaire, et parce qu’elle aborde la naissance et la chute d’une révolution. Le constat est assez amer : les choses ne changent pas vraiment, au final, mais il y a quand même une touche d’optimisme. Veterini, à sa manière, a fait évoluer la cité vers le mieux et Sam, malgré des années de déprime et d’alcoolisme, a réussi à redresser le guet d’Ankh-Morpok et à se recréer une famille.

 

En résumé

Un début assez lent, mais une fin qui vaut le détour, Ronde de nuit n’est pas mon Disque-monde préféré, mais j’ai quand même eu plaisir à le relire.

 

Vert-de-Lierre – Louise Le Bars

 

Résumé

Olivier Moreau, écrivain délaissé par la Muse, retourne dans le village de sa grand-mère, récemment décédée, pour mettre de l’ordre dans ses affaires comme dans son esprit. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, cet antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l’écrivain en mal d’imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l’une que l’autre. À quel prix Olivier retrouvera-t-il sa muse ?

 

Mon avis

 

Cela fait un moment que je vois passer des avis sur ce roman, et j’ai profité d’un salon où j’ai croisé l’autrice pour acheter le livre.

 

Je ne regrette pas ma lecture.

 

C’est un livre assez étrange, qui parle à la fois d’un écrivain en mal d’inspiration, de deux mystérieuses femmes mises au banc d’un village, d’une légende sur un vampire végétal et de la condition féminine au travers des siècles.

La narration reprend ce côté multiple de l’intrigue, car on alterne entre Olivier et le roman de Rose qu’il lit.

J’ai bien aimé tout ce côté de narration imbriquée et d’avoir ces différentes histoires qui se font écho et finissent par se rejoindre.

J’avais vu venir les révélations finales, mais c’est somme toute bien amené et logique dans la progression du roman.

 

Le rythme est assez lent, ça ne m’a pas déplu, mais si vous êtes amateurs de romans trépidants, Vert-de-Lierre risque de ne pas vous plaire.

 

J’ai également aimé la plume de Louise Le Bars, très délicate et raffinée, un vrai régal à lire.

 

En résumé : un roman inclassable, entre conte de fée, horreur et introspection, servi par une plume poétique.

Les oubliés d’Ushtar – Emilie Querbalec

Résumé

Ushtâr, planète-océan des confins.

Lorsque, après une guerre aussi brève qu’inégale, le Gouvernement tombe aux mains du régime autoritaire et ultra-patriarcal d’Albâr, Gul-Yan n’a d’autre choix que de fuir avec les autres Infants. Objectif : sauver la Gemme de Vie, dépositaire de la mémoire de son peuple. Mais cette évacuation ne se déroule pas comme prévu…

Dans les méandres d’une cité à moitié engloutie, la traque commence. Or, rien n’arrête les Nadjams, ces soldats programmés pour tuer.

Rien, sauf peut-être l’Arme-Vie. Mais celle-ci n’est-elle pas une simple légende ?

 

 

Mon avis

Je connais la plume d’Émilie Querbalec par le magazine Etherval. J’avoue que j’apprécie sa sensibilité et son côté à la fois très fluide et très ciselé.

J’ai été heureuse de la retrouver dans ce roman : c’est vraiment très bien écrit, sans jamais être lourd. Les descriptions sont splendides, délicates et poétiques, ça se lit tout seul.

 

J’ai aussi aimé l’univers décrit, il est très riche et assez original (inspiré des philosophies orientales, il me semble).

On sent que c’est travaillé et qu’il y a eu des heures de recherches et de réflexion pour livrer un tout cohérent : il y a une attention aux détails, notamment de la vie quotidienne, à la philosophie, qui fait vraiment exister Ushtar.

 

J’ai eu un peu plus de mal à accrocher aux personnages principaux : j’ai trouvé que Gul-Yan et Illâan étaient un peu lisses, un peu trop archétypaux.

J’ai trouvé les personnages secondaires plus intéressants, notamment la matria Pi-Yan et le clone Joon-One. La matria est une femme forte, qui se retrouve à devoir naviguer en politique à choisir entre ses croyances et son but final. Ses doutes et ses peurs sont très bien rendus.

Joon-One est un clone dévoué fanatiquement à l’empire d’Albâr. Mais il entre en contact avec une gemme-mémoire et récupère une voix qui va le faire douter et remettre en question ce en quoi il croit. De tous les personnages, j’ai trouvé que c’était celui qui évoluait le plus et qui m’a le plus touché.

 

Malgré un départ très fort, l’histoire se déroule de manière assez lente, sans que ce soit une critique, car cet aspect un peu contemplatif sert les thèmes généraux du roman (la mémoire d’un peuple, le choix, la place d’un individu dans une société).

Je regrette quand même que l’intrigue manque un peu de surprise et de rebondissements. Je regrette aussi que beaucoup des noms aient des consonances similaires, ce n’est pas évident pour se repérer !