Tag: Technique d’écriture

Dédramatiser le premier jet

Aujourd’hui, j’inaugure ma chaîne Youtube avec une vidéo sur le thème de l’écriture du premier jet. 

 

 

Qu’est-ce que c’est, le 1er jet ? Tout simplement, la première version d’une histoire.  

C’est une étape importante, parce que c’est la première brique d’un projet, c’est très facile de se mettre une pression de dingue et de vouloir que tout soit parfait. 

 

Le 1er jet, pour moi, il a un seul mérite : c’est d’exister.  Ça ne va pas plus loin.  

C’est une ébauche qui permet de se sortir l’histoire de la tête. Il  va y avoir des choses qui seront bonnes, d’autres moyennes, d’autre qui ne vont pas marcher. Et ce n’est pas grave si ce n’est pas parfait. 

 

Parce qu’écrire une bonne histoire, c’est compliqué et ça implique de maîtriser beaucoup de paramètres différents (il faut une intrigue qui tienne la route, du rythme, de bonnes descriptions, des personnages fouillés, etc). Ecrire une histoire parfaite, c’est impossible à réaliser du premier coup.  

 

Et ça, tous les écrivains le savent :  écrire, c’est aussi réécrire.  Donc, pas la peine de se mettre la pression et de chercher la perfection immédiate.  

 

Donc, soyez bienveillants avec vous-même.  Ne vous jugez pas trop durement. Ne vous dépréciez pas. Même si vous doutez, même si vous avez l’impression que ce vous écrivez c’est de la merde, ne laissez pas court à ces pensées négatives.  Vous faites du mieux que vous pouvez à un instant T. 

 

Et je vous promets qu’une fois que vous aurez posé le mot « fin », vous vous sentirez plus léger et que vous aurez déjà accompli une bonne partie du travail (ne restera « plus que » les corrections, mais chut, on en reparle une autre fois ^^). 

 

 

 

Ecriture, mémoire d’un métier, Stephen King

 

 

Ce livre est assez étrange et inclassable par certains côtés.

 

Il s’agit certes d’un livre sur l’écriture, d’un essai sur le rapport à la création, mais aussi des mémoires d’un auteur qui tente de déterminer comment il en est venu à écrire.

 

Ce n’est pas du tout un manuel d’écriture, même si Stephen King y délivre un certain nombre de conseils (si vous cherchez un livre de technique pure, passez votre chemin).

 

La première partie est plutôt une sorte de mémoire. King y détaille ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, puis explique son parcours d’écrivain à l’âge adulte.

C’est vraiment plaisant à lire, c’est assez drôle, touchant également. C’est un témoignage sur le temps passé (King est né en 1947).

On y apprend pas mal de choses sur sa vie, notamment qu’il vient d’un milieu plutôt modeste, qu’il a été élevé par une mère célibataire et qu’il a vraiment (mais alors vraiment) galéré au début de sa carrière.

Franchement, j’ai beaucoup aimé cette partie, on y trouve le talent de King pour conter les choses de la vie quotidienne.

 

La deuxième partie est plutôt consacrée à l’écriture proprement dite.

Il y a des généralités, notamment sur les corrections et le style (pas révolutionnaire, mais une piqûre de rappel de temps en temps ne fait pas de mal).

Il y a des choses qui ne concernent pas vraiment les auteurs français (notamment sur les fanzines et tout le système des agents, encore peu répandu en France).

 

Sur certaines choses, je ne me suis pas retrouvée : King conseille d’écrire le premier jet d’une traite (là ok) et ensuite de réduire tout ça au moment des corrections. Moi personnellement, j’ai toujours tendance à étoffer un peu ma 2ème version, probablement parce que j’écris le 1er jet très rapidement.

Bon après, je suis moins bavarde que King, qui est quand même spécialiste des pavés ^^.

 

Mais il y a d’autres choses qui m’ont plus parlé. 

L’un des conseils qui m’a le plus marquée, c’est « écrivez porte fermée, corrigez porte ouverte ». Ça correspond tout à fait à ma manière de travailler.

J’écris le 1er jet rapidement, comme je l’ai dit, et je le fais avant tout pour moi, pour me sortir l’histoire de la tête et la coucher sur le papier.

Quand je corrige par contre, je le fais déjà pour rendre l’histoire compréhensible, puis par la suite, en suivant l’avis de lecteurs extérieurs (merci, mes beta-lecteurs que je chéris).

J’aime beaucoup la maxime de King, parce qu’elle est percutante et parlante.

 

En résumé

Un livre que je conseille aux fans du maître, ou à ceux qui auraient envie de se frotter à un essai sur l’écriture.

Ecrire dans les transports en commun

Comme j’en parlais dans un précédent article, il n’est pas toujours facile de trouver du temps pour écrire, surtout au quotidien.

 

En septembre dernier, j’ai changé de travail et donc repris les transports en commun. Vu que je n’aime pas être inactive, j’ai décidé de mettre à profit ce temps pour écrire. Ça a été un peu dur au début, mais j’arrive à m’y tenir, et maintenant, ça fait partie de ma routine journalière.

 

Rachel Fleurotte, qui coécrit cet article, écrit dans le bus depuis des années. Sa série La 7ème prophétie a en partie été rédigée dans le bus.

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Nous avons toutes les deux des méthodes différentes : j’écris sur téléphone, elle sur papier, alors voici nos trucs et astuces. (Note : pour cet article, j’écris en normal, et Rachel en italique)

 

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Writing excuses, les corrections

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Contrairement aux autres saisons, cette saison de Writing excuses sera une master class d’écriture géante. Il y aura de la théorie et des exercices à faire, pour tous ceux qui veulent progresser en écriture.

 

Chaque mois sera consacré à un sujet, il y aura deux épisodes de théorie, un épisode d’exercice, et un épisode hors sujet.

 

On attaque maintenant le sujet épineux des corrections

 

 

Épisode 44 : comment est-ce que je répare ce qui est cassé ?

 

Reprendre son histoire, et se demander pour commencer si l’histoire tient la route, si les personnages sont agréables, si la fin est satisfaisante… On se concentre sur la structure, pas sur le phrasé.

On peut relire le livre, noter ses propres réactions. Si notre propre histoire nous barbe, ou ne nous paraît pas crédible, il y a peu de chances pour que le lecteur l’apprécie.

Ne pas hésiter à faire appel à des bêtas lecteurs. Leur demander ce qu’ils pensent tout au long du texte.

Si on a pris des notes au fur et à mesure de l’écriture, on repart des notes qu’on a prises.

Ne pas hésiter à retourner l’histoire dans tous les sens, à mettre en couleur les interventions des différents personnages, ça peut permettre de voir ce qui cloche.

 

Exercice

Choisir 6 couleurs, une pour les 5 sens, une pour le mouvement, et colorer le manuscrit sur lequel on travaille, pour voir l’équilibre entre les différents sens et le mouvement.

 

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Writing excuses : les fins

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Contrairement aux autres saisons, cette saison de Writing excuses sera une master class d’écriture géante. Il y aura de la théorie et des exercices à faire, pour tous ceux qui veulent progresser en écriture.

 

Chaque mois sera consacré à un sujet, il y aura deux épisodes de théorie, un épisode d’exercice, et un épisode hors sujet.

 

Ce mois-ci, on parle de la fin d’un roman. 

 

Épisode 40 : quelle est la différence entre s’arrêter et écrire une fin ?

 

S’arrêter : stopper, mais ça risque de ne pas être très satisfaisant.

Écrire une fin : répondre aux questions et aux promesses qu’on a lancées.

La différence entre la fin d’une nouvelle et d’un roman. Mary Kowal fait une analogie entre regarder les clips d’une compétition de gym (on s’attend à ce que ça commence quand la gymnaste entame sa séquence, et ça finit sur le dernier mouvement) et regarder la compet au complet (où on s’attend à voir l’échauffement, la préparation, avoir l’histoire de l’athlète et que ça finisse après sa séquence, quand on sait si elle a gagné ou pas.

Étude de la fin de Harry Potter et de pourquoi elle a divisé les fans.

 

Exercice : prendre un de ses romans, et écrire une fin à la Harry Potter, qui dit ce que sont devenus les personnages. Puis, revenir en arrière, retirer cette fin, réécrire un épilogue dans le présent mais qui permette au lecteur de se projeter dans le futur et d’imaginer ce que les personnages vont devenir.

 

 

Épisode 41 : Le compas moral d’un personnage

 

Au départ, la fantasy utilise beaucoup de personnages manichéens, mais au fil des ans, des personnages plus gris sont arrivés. Pour commencer, il faut déterminer où se situe le personnage : plutôt bon ou plutôt mauvais ? Veut-on nuancer ? Veut-on rester dans une opposition classique ?

Comment écrire un bon personnage avec des nuances de gris ? Comment le faire changer ?

Il faut réfléchir aux raisons pour que les personnages fassent des choses discutables (alors que c’est plutôt un gentil), ou des choses morales (alors que c’est plutôt un méchant). Les personnages sont confrontés à des choix, qui vont les changer.

Pour changer un personnage, on commence par de petites choses, où il se dit « non, c’est pas si grave », et qui vont préparer les changements plus profonds.

 

Exercice : prendre le personnage le plus moral et le mettre dans une situation qui le mette en danger, écrire ce qui vient.

 

 

Épisode 42 : comment est-ce que je relie ça ensemble ?

 

Comment sait-on que la fin n’est pas bonne ? Comment fait-on pour réparer ça ?

On sait que la fin n’est pas satisfaisante, parce qu’elle ne répond pas à toutes les questions, qu’elle laisse une sensation de non-satiété, parce que les lecteurs le font remarquer.

Pour réparer ça : regarder si on répond bien à toutes les questions suscitées dans le livre. Réfléchir à l’enchaînement des scènes de fin.

 

Comment faire pour une fin triste ?

Une fin triste se prépare : le héros prend des décisions qui vont amener à la fin. Une fin triste marche, si le héros gagne quand même quelque chose au passage, mais perd beaucoup (ex. Il bat le méchant, sauve les gens, mais perd l’amour de sa vie).

 

Exercice : prendre le texte sur lequel on travaille. Voir le 1er et le dernier paragraphe, et voir s’il y a des images qui se retrouvent, si les deux entrent en résonnance.

 

 

Épisode 43 : questions et réponses sur les fins

 

Pourquoi plus de nouvelles que de romans finissent sur une note tragique ?

Une nouvelle est plus courte, et la fin aura plus de résonnance.

 

Comme empêche-t-on une fin d’être trop prévisible ?

Que la fin soit prévisible n’est pas forcément une mauvaise chose, car on joue sur l’effet d’attente du lecteur. On peut surprendre le lecteur avec l’intensité de l’émotion

 

Comment écrire la fin d’un one-shot, mais en laissant de la place pour une suite, si on a envie ?

Établir que le monde est plus large que ce qu’on a vu dans le roman. Faire comprendre au lecteur que le/les personnage/s ont d’autres intérêts que ce qu’on a exploré dans le 1er tome. Laisser des questions non résolues.

 

Comment éviter l’info dump à la fin d’un livre ?

Réfléchir au moment où l’intrigue est vraiment résolue. S’arrêter là. Si on a le besoin d’expliquer la fin avec ça, c’est qu’elle était mal préparée.

 

Comment savoir si la fin est satisfaisante ou pas ?

Malheureusement, c’est dur à savoir seul. Il vaut mieux confier à un bêta lecteur de confiance.

 

Quelle différence entre la 1ère et la dernière ligne ?

Les 1ères lignes servent à « vendre » le livre, à accrocher le lecteur. La dernière doit résumer le livre, et éventuellement, donner envie de lire la suite.

C’est bien de faire un parallèle entre la 1ère et la dernière ligne.

 

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