Critique « Chronique des Féals », Mathieu Gaborit

Chroniques des Féals, Mathieu Gaborit  Chroniques des Féals

T1, Cœur de Phénix

T2, Le Fiel

T3, Le roi des cendres

 

Januel est un jeune garçon, promis à devenir l’un des plus grands Phénicier que le M’Onde ait porté. Il est appelé auprès de l’empereur de Grif’ afin de procéder à la Renaissance d’un Phénix des origines, l’un des plus puissants Féals. Cette cérémonie doit sceller l’alliance entre les nations Féales qui se préparent à la guerre contre la Charogne, l’ennemi séculaire menaçant le M’Onde. Mais la Renaissance tourne mal, Januel perd le contrôle du phénix qui tue l’empereur de Grif’. Januel est forcé de fuir pour survivre, alors que le M’Onde succombe lentement aux assauts de la charogne.

 

 

Les Chroniques des Féals sont une série de fantasy française en trois tomes. Ce qui frappe d’abord, c’est la richesse de l’univers mis en place. Chaque peuple a pour « totem » un Féal, à savoir une créature mythique, comme les griffons, phénix, licornes, tarasques. La culture de ses peuples, sa manière de parler, de s’habiller, ses coutumes, tout cela est étroitement lié au Féal totem.

L’écriture sert bien cette richesse de l’univers, en lisant les descriptions, j’avais par moment l’impression de voir les lieux (mention spéciale au palais du Roi des Cendres dans le tome 3).

Le monde, ou M’Onde (l’orthographe est voulue, et elle a son importance), décrit par Mathieu Gaborit est magnifique, pleins de couleurs et de contrastes. Par certains côtés, c’est presque dommage que la série soit si courte, et qu’on ne puisse en apercevoir toutes les facettes. (Note : j’avais eu la même réaction en lisant « Bohème » du même auteur).

 

Côté personnages, je dois avouer que j’ai été un peu plus déçue, car j’ai trouvé qu’on restait un peu trop à la surface des choses. Januel est sympathique, mais manque un peu de profondeur et des moments, j’ai eu envie de le baffer. Idem pour Scende, Tschan et la mère des Ondes, qui restent assez classiques à mon goût (la combattante, l’archer ancien voleur, la redemptrice).

De plus, beaucoup de personnages secondaires ne sont qu’effleurés, alors que j’aurais aimé en savoir plus sur leur histoire, leurs motivations (notamment dans le tome 2, les envoyés de la Charogne, qui meurent très vite et pour les survivants, disparaissent totalement dans le tome 3).

 

Pour le rythme, on commence avec une histoire de fantasy somme toute assez classique : voyage à connotation initiatique du jeune héro. Mais rapidement, le sort de Januel devient lié à celui du M’Onde, du coup, l’histoire gagne en ampleur.

Même si le rythme reste assez soutenu, j’ai quand même trouvé des longueurs au tome 2, en partie parce qu’il se focalise sur l’histoire d’amour entre Januel et sa protectrice Scende, et que personnellement, je n’ai pas du tout accroché à l’histoire d’amour. Mais vraiment pas du tout.

Mais bon, le troisième tome a, pour moi, rattrapé les longueurs du deuxième. Là, on passe carrément dans l’épique, avec de vrais moments de bravoure (le combat de la mère des Ondes au sein du territoire de la Charogne, la défense des cités Licornéennes). La fin répond aux questions et aux attentes, d’une manière assez subtile et inattendue, mêlant action épique et réflexions ésotériques. Je ne m’attendais pas à la tournure des événements des dernières pages, mais en lisant le mot « fin », je me suis dit « oui, ça n’aurais pas pu se finir autrement ».

 

A noter : dans la version Ebook que j’ai, l’auteur a inclus quelques textes bonus bienvenus, qui approfondissent l’univers.

 

 

En résumé : une lecture plaisante, pas révolutionnaire, mais sympathique quand même. Une trilogie qui vaut le détour pour la richesse de l’univers et la fin originale. 

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