Writing excuses, le début d’une histoire

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Contrairement aux autres saisons, cette saison de Writing excuses sera une master class d’écriture géante. Il y aura de la théorie et des exercices à faire, pour tous ceux qui veulent progresser en écriture.

Chaque mois sera consacré à un sujet, il y aura deux épisodes de théorie, un épisode d’exercice, et un épisode hors sujet. 

 

Avril : le début d’une histoire

 

Épisode 13 : mais où va mon histoire ?

 

Le début = l’endroit où on fait les promesses au lecteur. C’est ce qui donne à l’histoire sa forme. Il faut déterminer ce qu’on veut.

La fin = quand on la connaît, il est plus facile de repartir en arrière et de déterminer quels seront les indices dont le personnage principal aura besoin pour parvenir à la fin.

Les genres = quand on écrit dans un genre, il faut en connaître les codes. Pas pour les appliquer à la lettre, mais pour savoir comment ça fonctionne, quelles seront les attentes…

Les formules d’écriture (ex. les trois actes) ne sont que des guides, qui ne servent que si on comprend comment se structure une histoire et comment on peut utiliser des archétypes.

 

Exercice d’écriture :

Prendre un film, une série… Choisir une des intrigues secondaires, voir quelles sont les promesses faites… puis changer cette intrigue de manière à ce qu’elle soit l’intrigue principale.

 

 

Épisode 14 : quelle portion du début doit arriver en premier ?

 

En général, on veut dire beaucoup de choses à son lecteur au cours de l’histoire. De toutes ces choses, lesquelles le lecteur doit savoir, apprendre au début ?

Quelles promesses sont faites au lecteur dans le début ?

Un bon début : pose la tonalité de l’histoire, permet au lecteur de savoir dans quelle histoire il s’engage.

Le début doit aussi lancer l’arc des personnages. Le premier tiers doit permettre au lecteur de déterminer quel est l’arc du personnage, quel sera son conflit. Il doit établir pourquoi on aime le personnage (ou tout du moins pourquoi on devrait continuer à suivre les aventures), ce qu’il veut (son désir) et ce qui lui manque (son besoin).

Au niveau de l’histoire : le début doit poser les questions centrales de l’œuvre, les questions auxquelles la fin va répondre. Quel est le personnage, que veut-il ? Quel est l’élément déclencheur de l’histoire ? Quel est le premier moment où le personnage doit prendre une décision qui a un impact sur l’histoire ?

 

 

Épisode 15 : Construire un monde, la nature sauvage

 

C’est quelque chose qu’on retrouve souvent en fantasy : les scènes en extérieur (notamment les campements).

C’est dans ce genre de scènes que les recherches de l’auteur vont faire la différence. Le diable se niche dans les détails, un petit élément va faire la différence, en bien ou en mal.

Pour bien écrire ce genre de scène, il faut se demander :

— Ce que le personnage va emporter.

— Quels sont les dangers et les désagréments (moustiques…).

— Quelle quantité de nourriture doit-il emporter, et quelle quantité pourra-t-il trouver à l’endroit où il va ?

— Le degré d’expérience du personnage concernant la nature et ses dangers.

 

 

Épisode 16 : que fais-je avec tout cet espace vide ?

Les toutes premières pages.

Ce sont comme les premières notes d’un morceau de musique : elles déterminent le genre, le degré de virtuosité de l’artiste, et si ça va nous plaire.

Attention, ça ne veut pas dire que les premières lignes que le lecteur va écrire sont les premières choses que vous avez écrites. Le début est très important, c’est pour ça qu’il va être beaucoup retravaillé, une fois qu’on a écrit l’intégralité de l’histoire.

Il faut s’interroger sur les informations clés que le lecteur doit savoir : quel genre, quel conflit dans l’histoire, quelle tonalité ? Très souvent, le plus important dans le début d’une histoire est ce que le personnage remarque.

Qu’est-ce qui attire dans les premières pages ?

— Quel est le conflit ?

— Qui est le personnage principal et qu’est-ce qui est important pour lui ?

— Quelle promesse fait-on au lecteur ?

 

Il faut savoir que lorsqu’on débute, les promesses au lecteur sont très importantes, parce qu’on est inconnu, le lecteur ne sait pas à quoi s’attendre. Au bout d’un moment, quand on a acquis une certaine notoriété, le lecteur va déjà savoir à quoi s’attendre.

 

 

Épisode 17 : questions et réponses sur les débuts

 

Quelle est la différence d’un début entre un roman et une nouvelle ?

En général, une question de taille. La longueur du prologue dépend beaucoup du genre dans lequel on écrit : pour de la fantasy épique, on acceptera plus facilement un prologue, pour du polar, on s’attend à entrer dans l’histoire.

Idem pour une nouvelle : le rythme est plus ramassé, le lecteur espère rentrer dans l’histoire directement.

Un bon début : les James Bond. L’introduction du film est dynamique, car elle est in medias res. Elle montre aussi en réduit ce que le film sera, et elle plante des éléments qui serviront pour le film.

 

Comment faire une intro in media res, sans que ce soit forcément une scène d’action à la James Bond ?

Penser à montrer le personnage faisant quelque chose. Montrer ce qu’il sait faire, et ce qu’il ne sait pas faire.

 

Quelles sont les erreurs communes quand on réfléchit au début ?

Trop d’informations, on n’a pas besoin de tout savoir. Quand on est un auteur, on sait aussi quand l’histoire va devenir passionnante et on fait souvent l’erreur de croire que le lecteur va suivre quoiqu’il arrive. Non, il faut l’accrocher dès le début.

 

Une auditrice demande pourquoi certains des livres publiés qui se vendent bien ont des débuts qui ne sont pas bons ?

Première réponse : quand on se documente sur l’écriture, on a rapidement un regard critique et on voit des choses qui ne sautaient pas aux yeux avant.

Deuxième réponse : tous les livres brisent au moins une règle de l’écriture. Le début n’est peut-être pas terrible, mais le reste de l’histoire l’est.

Troisième réponse : l’éditeur a peut-être aimé, et connaît bien le marché. Le public a des goûts différents.

Quatrième réponse : si l’auteur est établi, il a moins besoin de convaincre dès les premières lignes, son nom est déjà porteur pour les lecteurs.

 

Comment faire que le début soit dynamique, tout en présentant suffisamment les personnages ?

Pas besoin forcément d’une scène d’action, il faut que ce soit intriguant (ex. dans Firefly, Mal assis tout nu dans le désert qui dit que ça c’est bien passé).

On peut aussi poser une question dans le début, et y répondre tout de suite. Ou poser plusieurs questions, en répondre à une et laisser les autres en suspens.

 

Qu’est-ce qui est le plus important dans un début ?

Savoir pourquoi on doit suivre le personnage principal, qu’est-ce qui va le rendre intéressant ?

Savoir ce que le personnage veut et ce qu’il va faire pour l’obtenir.

 

Exercice : reprendre les travaux du mois passé sur la construction d’un monde, écrire un début, le faire lire à des bêtas lecteurs, et leur demander quelles sont leurs attentes suite à ce début. De cette manière, on sait où on va et les émotions qu’on provoque.

 

Le mois prochain : peindre un paysage

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